France-Sud Rail appelle la CGT à s'opposer à l'accord SNCF

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    PARIS, 15 juin (Reuters) - Le syndicat Sud-Rail a appelé 
mercredi la CGT à s'opposer avec lui aux accords conclus par la 
SNCF et la branche ferroviaire avec l'Unsa et la CFDT sur un 
nouveau cadre social et donc à leur mise en oeuvre. 
    "Le poids des signataires de l'accord d'entreprise ne 
représente même pas 30% de l'ensemble des cheminots qui vont se 
le voir appliquer", écrit le troisième syndicat de la SNCF dans 
un communiqué.  
    "C'est donc la voix de plus des deux tiers des cheminots qui 
refusent ce nouveau cadre social qui a été mise à l'écart. C'est 
une véritable manipulation de la représentativité syndicale !". 
    Sud-Rail propose aux autres fédérations syndicales de "faire 
valoir en commun" leur droit d'opposition pour obtenir une 
réouverture des négociations sur la convention collective de 
branche et l'accord d'entreprise. 
    Seule la CGT cheminots, premier syndicat de la SNCF, est en 
réalité concernée. Elle a recueilli avec Sud-Rail 51% des voix 
aux dernières élections professionnelles à la SNCF. 
    Pour empêcher leur mise en oeuvre, les deux organisations 
doivent s'opposer ensemble à ces accords, signés par l'Unsa et 
la CFDT, deuxième et quatrième syndicats de la SNCF, qui ont 
obtenu pratiquement le maintien du statu quo pour les cheminots. 
    La CGT cheminots et Sud-Rail ont fait des négociations sur 
ces accords un élément de leur bras de fer avec le gouvernement 
sur le projet de loi réformant le marché du travail. 
    Le mouvement de grève que ces deux syndicats ont mené 
pendant plus de deux semaines paraît en voie d'extinction : 
selon la SNCF, le pourcentage de grévistes était "très faible" 
mercredi et le trafic était normal sur les ligne TGV, quasi 
normal pour les Intercités, les TER, tandis que neuf trains sur 
10 circulaient sur les lignes Transilien et huit sur dix sur les 
lignes B et D du RER, qui desservent le Stade de France. 
    La CGT cheminots a annoncé mardi qu'elle ne signait pas 
l'accord d'entreprise mais sans préciser à ce stade si elle 
ferait jouer ou non son droit d'opposition. 
    "C'est à l'appui des analyses et des éléments de réflexion 
issus de ses syndicats que la direction fédérale définira des 
suites qu'il conviendra de donner à l'accord d'entreprise et à 
la convention collective", a-t-elle déclaré mardi dans un 
communiqué.   
    Si la CGT s'opposait avec Sud-Rail à l'accord d'entreprise, 
un "décret socle" gouvernemental, fixant des garanties sociales 
minimales, s'imposera, ce qui pourrait s'avérer contreproductif 
pour les cheminots et par ricochet pour ces deux syndicats. 
    En outre, si ne pas signer un accord n'empêche pas de 
changer d'avis plus tard et d'y adhérer, ce n'est pas vrai en 
cas d'opposition, dit-on de source proche du dossier.  
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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