France-Stagnation inattendue du PIB au deuxième trimestre

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* Croissance nulle au T2, le T1 revu en hausse * Le scénario d'une reprise très modérée pas remis en cause * L'énergie à l'origine de la forte volatilité trimestrielle (Avec détails supplémentaires, commentaires d'économistes) par Yann Le Guernigou PARIS, 14 août (Reuters) - L'économie française a stagné de façon inattendue au deuxième trimestre mais a été plus dynamique qu'annoncé précédemment au premier, affichant un profil heurté qui ne remet pas en cause, aux yeux des économistes, le scénario d'une reprise très modérée. L'Insee a fait état vendredi d'une croissance nulle sur la période avril-juin, alors que les économistes tablaient sur +0,2%, et revu en hausse, à +0,7% contre +0,6% auparavant, l'évolution du produit intérieur brut pour janvier-mars. L'institut a annoncé parallèlement que le secteur privé avait créé, en net, 27.300 emplois au deuxième trimestre, soit la meilleure performance depuis le printemps 2011. ID:nL5N10O2V1 L'acquis de croissance pour 2015, à savoir le niveau de l'ensemble de l'année si le PIB des deux derniers trimestres était nul, se situe à +0,8% au 30 juin. Et en glissement annuel, le PIB affiche une progression de 1,0% au 30 juin, un niveau qu'il n'avait pas atteint depuis fin 2013. Le ministre des Finances, Michel Sapin, a déclaré que la performance du premier semestre confortait le gouvernement dans ses attentes. "Après un premier trimestre très dynamique, le niveau de l'activité se maintient. A la fin du premier semestre, l'acquis de croissance est de 0,8% ce qui conforte notre objectif de 1% pour l'année 2015", a-t-il dit. Son ambition est toujours de parvenir à un rythme de 1,5% à l'horizon de fin 2015, niveau à partir duquel l'économie française recommence à créer des emplois. La croissance du deuxième trimestre a été pénalisée par la faiblesse de la consommation des ménages (+0,1%) et un effet fortement négatif (-0,4 point) des variations de stocks des entreprises. A l'inverse, ces deux facteurs avaient dopé le PIB du premier trimestre (+0,9% pour la consommation et +0,3 point pour les stocks). LA FRANCE RESTE à LA TRAÎNE Mais l'évolution de l'investissement des entreprises est restée positive pour le deuxième trimestre consécutif et le commerce extérieur a contribué à hauteur de +0,3 point au taux de croissance, grâce à une progression des exportations (+1,7%) nettement plus forte que celle des importations (+0,6%). L'investissement global s'est contracté de 0,3%, toujours plombé par le secteur de la construction, l'investissement des ménages, concentré sur le logement, tombant à de nouveaux plus bas depuis 1998. "Même si le premier trimestre est révisé à la hausse, ce n'est pas un très bon résultat", estime Philippe Waechter, responsable des études économiques de Natixis Asset Management. "Il y a une problématique consommation et l'investissement des ménages continue de s'effondrer. Quant à l'investissement des entreprises, il reste très modéré", ajoute-t-il. "Il y a une reprise mais la dynamique n'est pas spectaculaire, la France reste à la traîne du reste de l'Europe". Pour François Cabau (Barclays Capital), la volatilité du PIB français doit beaucoup au poste énergie, qui a gonflé les dépenses des ménages et la production industrielle au premier trimestre avant de les déprimer au second. "Nous pensons que la tendance de la reprise se situe probablement entre les chiffres des deux trimestres", écrit-il dans une note, pour ajouter que le rythme d'une croissance de 0,4% par trimestre devrait se prolonger au second semestre. Julien Manceaux (ING) qualifie de son côté de "mauvaise surprise" la stagnation du PIB au deuxième trimestre et estime que la croissance française aura du mal désormais à dépasser significativement la barre des 1% cette année. Pour atteindre celle-ci, des hausses de 0,25% sont nécessaires au troisième comme au quatrième trimestres. Les prévisions des économistes comme celles de l'Insee et des institutions internationales se situent actuellement autour de 0,3% à 0,4% pour les deux derniers trimestres, avec pour résultat une croissance 2015 entre 1,1% et 1,2%. Le communiqué de l'Insee : http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=26&date=20150814 Les indicateurs français en temps réel ECONFR Les indicateurs de la zone euro en temps réel ECONEZ Le point sur la conjoncture française ECO/FR (Yann Le Guernigou, édité par Marc Angrand)

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  • boudet le vendredi 14 aout 2015 à 11:17

    Le principal est que Sapin est content du résultat et confirme un objectif de 1%. Même si la France reste à la traîne et que les 1% ne sont pas sûr d'être atteints.

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