France-Specticisme et lazzis accueillent le remaniement

le
2
    * La presse fustige "calculs" et "bricolage" 
    * Une majorité de Français n'attend rien du nouveau 
gouvernement 
    * Incompréhension sur les entrants et les sortants 
 
    PARIS, 12 février (Reuters) - La presse, l'opposition et les 
analystes se montrent très critiques vendredi pour qualifier le 
remaniement gouvernemental opéré par François Hollande dans le 
but déclaré d'"agir" et de "réformer" durant la dernière année 
du quinquennat.     
    Au lendemain de cette refonte, complétée par une explication 
de texte télévisée jeudi soir, le chef de l'Etat a présidé 
vendredi matin une réunion de son cabinet "préparer l'action des 
prochaines semaines", a rapporté un conseiller.   
    La réunion a sans doute servi, aussi, à analyser les 
réactions négatives qui pleuvent sur l'exécutif. De la droite 
aux responsables d'Europe Ecologie-Les Verts en passant par les 
féministes, l'incompréhension est grande face aux choix de faire 
revenir au gouvernement trois écologistes et l'ancien Premier 
ministre Jean-Marc Ayrault.   
    Les enquêtes d'opinion vont dans le même sens. Selon un 
sondage OpinionWay pour Public Sénat et Etat d'Esprit, 80% des 
1.038 personnes interrogées mercredi et jeudi pensent que le 
remaniement "n'aura pas d'effet sur l'action du gouvernement".  
    "Derniers Verts pour la route", titre en Une Libération, 
"Monsieur Bricolage", énonce Le Parisien, "Un dernier replâtrage 
pour finir le quinquennat", juge Le Figaro. 
    L'absence de personnalité nouvelle de poids, le nombre 
important de portefeuilles là on attendait une équipe resserrée, 
l'entrée d'élus très critiques envers la politique menée ou 
encore l'absence de femmes à des postes régaliens apparaissent 
comme autant de points noirs.    
    "Si on avait envie de faire d'une pierre deux coups en 
cumulant tous les échecs, là on a un strike ! ", a dit à Reuters 
Gaël Sliman, président de l'institut Odoxa.  
    Pour le politologue, le gouvernement Valls III a pris un 
ticket pour l'immobilisme alors que le pays a besoin de 
mouvement face à une profonde crise morale et économique.  
     
    "RIEN NE SE PASSERA" 
    "Ça renvoie le message 'dormez bonnes gens, plus rien ne se 
passera', dit-il. "C'est une occasion gâchée de donner un 
sentiment de rebond ou d'élan et la présence d'Ayrault, qui a 
plombé l'exécutif et François Hollande au début du quinquennat, 
renforce l'idée d'un profond immobilisme. C'est un mauvais 
signal, même si les gens n'en attendaient pas grand-chose." 
    Même si François Hollande s'est défendu jeudi soir de tout 
"calcul" pour 2017, d'aucuns évoquent une tentative maladroite 
de rassembler une gauche divisée avant un scrutin dont l'enjeu 
sera d'accéder au second tour.   
    "D'après les sondages actuels, le Front national se 
qualifiera vraisemblablement pour le second tour, donc Hollande 
doit faire feu de tout bois pour se qualifier lui aussi", 
analyse Jérôme Fourquet, de l'Ifop. "Mais il n'y a pas de poids 
lourds et on peut être sceptique sur l'impact immédiat." 
    Dans le monde politique, on n'est pas moins sévère, à 
l'image du centriste François Bayrou, qui compare ce remaniement 
"catastrophique" à "un gâteau dont on distribue les miettes". 
    "Ça ne ressemble pas du tout à une équipe de combat 
rassemblée, extrêmement solidaire, cohérente, pour faire des 
choses très importantes", a dit sur RTL le président du Modem. 
    Beaucoup s'interrogent sur la cohabitation dans un même 
gouvernement de Manuel Valls, tombeur de Jean-Marc Ayrault en 
2014, et de l'écologiste Emmanuelle Cosse, opposée à ce dernier 
sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.  
    L'une des surprises du casting est l'éviction de Fleur 
Pellerin du ministère de la Culture.  
    Choquée par la nouvelle, selon son entourage, elle a reçu le 
soutien outré de personnalités de gauche. "Amitiés à #Fleur 
Pellerin qui ne manque pas d'élégance, elle", a écrit 
l'ex-ministre Marie-Arlette Carlotti sur son compte Twitter.  
    Sur le même réseau, Frédéric Cuvillier va plus loin avec une 
allusion aux liens d'amitié qui unissent la nouvelle ministre de 
la Culture, Audrey Azoulay, et la compagne du président, Julie 
Gayet : "J'adresse toute mon amitié à @fleurpellerin si sincère 
et engagée mais pas assez proche des proches du Président".  
    Les organisations de défense des femmes ont quant à elles 
peu goûté l'absence de femmes à des postes régaliens, même si la 
parité est respectée.  
    "@fhollande renvoie les femmes au foyer. Merci Président !", 
ironise sur Twitter la féministe de gauche Caroline de Haas, 
choquée par la création d'un ministère de la Famille, de 
l'Enfance et des Droits des femmes.   
 
 (Elizabeth Pineau, avec Sophie Louet et Emmanuel Jarry, édité 
par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • pbenard6 il y a 10 mois

    Hollande reste le plus nul des présidents de la 5ième

  • pbenard6 il y a 10 mois

    Placé, le pire de tous les écolos