France-Soupçons d'escroquerie sur le marché des manuscrits

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PARIS, 18 novembre (Reuters) - Des perquisitions ont été effectuées mardi dans différents locaux d'Aristophil, un fonds investissant sur le marché des autographes et textes dédicacés, ainsi qu'au Musée des lettres et manuscrits, a-t-on appris de source judiciaire. Des policiers se sont également rendus au domicile du fondateur du groupe, Gérard Lhéritier, 66 ans, chez son expert comptable niçois, et dans une société de courtage. "L'activité d'Aristophil est absolument transparente et les enquêteurs ne vont rien découvrir qu'ils ne sachent déjà", a dit à Reuters l'avocat de Gérard Lhéritier, Me Francis Triboulet. "Depuis qu'elle existe, la société fait l'objet de contrôles très serrés, de l'Autorité des marchés financiers (AMF) aux services douaniers et jamais aucun reproche n'a été fait." Des investigations ont d'abord été menées par la direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour vérifier que l'activité du groupe est conforme au code de la consommation. Le parquet de Paris a ensuite ouvert une enquête préliminaire au printemps dernier pour escroquerie en bande organisée, la société étant soupçonnée de spéculer sur le marché des autographes au détriment de milliers d'investisseurs. "La DGCCRF essaie de compléter sa copie, mais il n'y a pas d'inquiétude à avoir" pour Aristophil, estime Francis Triboulet. Fondée en 1990, Aristophil incite ses clients à placer leur argent non pas dans des actions ou des obligations, mais dans des lettres et manuscrits anciens qu'ils achètent en indivision. Gérard Lhéritier, qui a fondé le musée des lettres et manuscrits exposant plus de 130.000 pièces, serait l'un des plus gros acheteurs d'autographes du monde, de Verlaine à Einstein, Napoléon, ou Hemingway. Ces joyaux sont ensuite revendus à des épargnants. Au total, la société aurait levé plus de 500 millions d'euros, selon plusieurs médias. Les enquêteurs soupçonnent toutefois le groupe d'entretenir une "bulle spéculative" grâce à l'argent des nouveaux investisseurs, selon le Point.fr, qui a révélé l'information. Pour entretenir l'illusion d'un "marché toujours plus dynamique et attractif", la PME injecterait chaque année quelque 100 millions d'euros en achats de documents et marcherait main dans la main avec certains experts, ajoute l'hebdomadaire. (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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  • odnaz le mardi 18 nov 2014 à 17:59

    Oui j.delan surtout par les temps qui courent où la masse de liquidités créées par les états ne sait pas dans quoi s'investir : immobilier en panne ou en haut de cycle, compte à terme rapportant 0,6 ou 0,7% après impôts, indices boursiers sur les + hauts historiques, .... Reste l'irrationnel : oeuvres d'art, vieux documents, voitures de collection, ... Pas facile de s'enrichir en dormant en ce moment !

  • j.delan le mardi 18 nov 2014 à 17:50

    Il y aura toujours des gogos pour suivre ce genre particulier de commerçant : souvenez-vous des tableaux à la fin des années 70, puis des pierres précieuses quelques années plus tard : ce genre d'hameçon trouve toujours une clientèle.