France-Solère, ex-rival de Guéant, aurait été espionné-Le Monde

le , mis à jour à 16:02
0
    * Solère a été élu député contre Guéant en 2012 
    * Guéant se défend de toute implication 
    * Valls assure que toute la transparence sera faite 
 
 (Actualisé avec Valls) 
    PARIS, 12 avril (Reuters) - La direction générale de la 
sécurité extérieure (DGSE) a espionné en 2012 Thierry Solère, 
aujourd'hui organisateur de la primaire à droite, alors qu'il 
s'était présenté en candidat dissident de l'UMP contre le 
ministre de l'Intérieur Claude Guéant aux élections 
législatives, rapporte mardi Le Monde. 
    Thierry Solère, député (Les Républicains) de 
Boulogne-Billancourt et président du groupe LR au conseil 
régional d'Ile-de-France, se dit "très surpris mais surtout 
consterné". "C'est très grave", dit-il au Monde. 
    Quant à Claude Guéant, finalement battu par son rival dans 
cette 9e circonscription des Hauts-de-Seine, il affirme dans le 
même journal n'avoir jamais eu connaissance de tels faits. 
"C'est opposé à mes principes (...), j'étais ministre de 
l'Intérieur et à ce titre je n'avais aucune autorité sur la 
DGSE". 
    Selon le quotidien, le renseignement extérieur avait 
commencé à surveiller Thierry Solère en mars 2012 après son 
exclusion temporaire de l'UMP pour sa candidature dissidente. 
Claude Guéant était le candidat officiel de l'ex-UMP. 
    "La surveillance n'a été interrompue qu'après la découverte 
fortuite de son existence par la direction technique de la 
DGSE", précise Le Monde. 
    La DGSE aurait alors demandé à un gradé de lancer une 
"surveillance physique" de Thierry Solère. Le militaire ayant 
demandé que l'ordre soit renouvelé devant son supérieur, le 
projet a été abandonné, rapporte le journal. 
    "Dès janvier 2012, mon oncle [l'amiral Jean-Luc Delaunay, 
ancien chef d'état-major particulier du président de la 
République et ex-chef d'état-major de la Marine] m'avait prévenu 
qu'il y avait des risques en me présentant contre Claude 
Guéant", raconte Thierry Solère au Monde. 
     
    "INSUPPORTABLE", DIT VALLS 
    "Il fallait que je sois, disait-il, irréprochable, sur tous 
les terrains, personnel, financier, patrimonial, car ils 
saisiraient la moindre faille. Charles Pasqua m'avait aussi mis 
en garde disant que Guéant cherchait une immunité parlementaire, 
ce qui était un puissant moteur. Mais j'ai pris tout ça un peu à 
la légère", ajoute-t-il. 
    "Si j'avais des casseroles, c'est à la justice de s'en 
occuper, pas à la DGSE. Ce n'est pas pour protéger l'Etat que 
l'on a pu m'espionner, c'est pour me faire du tort." 
    Le maire LR de Tourcoing Gérald Darmanin, qui a quitté la 
direction nationale des Républicains en janvier 2015 en 
critiquant "l'entourage" et "la méthode" de Nicolas Sarkozy, a 
dénoncé sur Twitter un fait "extrêmement grave". 
    "Si elle est vraie, cette histoire d'espionnage politique 
envers Thierry Solère révélée par Le Monde est extrêmement 
grave. Un déni de démocratie", écrit-il. 
    Le Premier ministre Manuel Valls a dit tout ignorer de 
l'affaire mais a jugé "insupportable" l'idée que les services 
puissent être utilisés à ce type de besogne. 
    "Le renseignement (...) doit être utilisé (...) pour lutter 
contre le terrorisme, la criminalité organisée, l'espionnage 
économique et sortir de ces objectifs-là, évidemment, est 
insupportable", a-t-il déclaré lors d'un point de presse à 
l'issue d'une visite au Parlement européen. 
    "Mais sur tous ces sujets-là, je ne doute pas un seul 
instant que la transparence sera faite et si la justice doit 
être saisie, elle fera son travail en toute indépendance." 
 
 (Sophie Louet, avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par 
Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant