France-Semaine décisive pour l'exécutif sur le front agricole

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    * Réunion des ministres de l'Agriculture de l'UE le 15 
février 
    * Hollande a promis des baisses de cotisations sociales 
    * Les éleveurs bretons ne désarment pas 
 
    PARIS, 12 février (Reuters) - La semaine à venir s'annonce 
décisive pour l'exécutif, qui tente d'apaiser un mouvement de 
protestation lancé au mois de janvier par les agriculteurs et 
éleveurs confrontés à une série de crises frappant entre autres 
les filières porcine et laitière. 
    Les prochains jours seront marqués par l'annonce d'une 
baisse des cotisations sociales pour les agriculteurs et un 
conseil des ministres de l'Union européenne, au cours duquel la 
France promet d'obtenir des avancées. 
    Les agriculteurs ont multiplié ces dernières semaines les 
actions, en particulier les barrages routiers dans l'Ouest, pour 
réclamer des réponses à leurs difficultés économiques provoquées 
notamment par une baisse des cours des produits agricoles. 
    Après le blocage des plateformes logistiques de la grande 
distribution, les manifestations des agriculteurs se sont 
durcies en Bretagne avec des opérations coups de poing qui ont 
entraîné d'importants dégâts sur différents sites. 
    Dans la nuit de jeudi à vendredi, une quinzaine de tracteurs 
et de remorques chargées de pneus et de détritus divers ont pris 
ainsi pour cible la chambre d'agriculture du Finistère à 
Quimper, déversant leurs chargements avant d'y mettre le feu. 
     Cinq agriculteurs ont été placés en garde à vue vendredi 
pour dégradations volontaires et des tracteurs ont été saisis, a 
t-on appris auprès de la chambre d'agriculture.  
    "C'est extrêmement tendu sur le terrain, on a des situations 
de détresse complète dans nos campagnes, beaucoup n'entendent 
plus rien", a déclaré à la presse André Sergent, le président de 
la Chambre d'agriculture locale. 
    Vendredi matin, de nouvelles actions ont été engagées, 
notamment à Quimperlé, où plusieurs dizaines d'agriculteurs ont 
bloqué les accès de l'hypermarché Leclerc. 
     
    DETRESSE 
    Les éleveurs disent subir les conséquences d'un embargo 
russe sur les importations, le poids de charges jugées trop 
lourdes et le carcan de normes trop contraignantes, en plus de 
la baisse des prix. Ils affrontent aussi dans le Sud-ouest une 
crise due à une épidémie de grippe aviaire.   
    Interrogé sur la détresse des paysans, François Hollande a 
annoncé jeudi soir une baisse imminente des cotisations sociales 
versées par les agriculteurs, sans en préciser l'ampleur. 
    "Le Premier ministre va annoncer avant le 17 février une 
nouvelle baisse des cotisations sociales, tout de suite, pour 
l'ensemble des agriculteurs", a dit le chef de l'Etat lors de 
son entretien sur France 2 et TF1. 
    Il a ajouté que le conseil des ministres européens de 
l'Agriculture du 15 février devait trouver des solutions. 
    "Le 15 février, ça va bouger. Parce qu'on ne peut pas rester 
comme ça. Il faut qu'il y ait un plan européen de stockage, il 
faut qu'on puisse agir sur l'embargo russe", a-t-il déclaré. 
    Selon un mémorandum adressé par Stéphane Le Foll aux 
autorités européennes et transmis à Reuters, la France demande 
un relèvement temporaire du prix d'achat public par l'UE (prix 
d'intervention) de la poudre de lait afin d'éponger le marché. 
    Elle souhaite la création de mécanismes permettant de donner 
des aides aux producteurs qui ont volontairement réduit leur 
production en période de baisse des prix, la prolongation de 
l'aide au stockage privé pour le porc et obtenir l'indication du 
pays d'origine de la viande dans les produits transformés. 
    La France demande en outre la création d'un outil de crédit 
européen à l'exportation et des outils financiers de la Banque 
européenne d'investissement (BEI), notamment pour aider les 
exploitations les plus endettées. 
    Pour mener ces discussions, François Hollande a maintenu 
jeudi Stéphane Le Foll à la tête d'un ministère qu'il dirige 
depuis près de quatre ans.     
    Les précédentes annonces du gouvernement n'avaient pas suffi 
à calmer la colère des agriculteurs.     
    Fin janvier, il avait promis le déblocage d'une enveloppe de 
290 millions d'euros d'aides destinée aux agriculteurs et aux 
éleveurs pour les aider à faire face aux crises conjoncturelles. 
   
    Faute d'avancées jugées suffisantes par les paysans dans les 
semaines à venir, le gouvernement pourrait vivre un Salon de 
l'agriculture mouvementé, du 27 février au 6 mars. 
 
 (Simon Carraud, avec Pierre-Henri Allain à Rennes, édité par 
Yves Clarisse) 
 
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