France-Semaine décisive pour l'avenir de la SNCM

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* Cinq offres, deux lettres d'intention reçues * Présentation des offres de reprise mercredi * Deux mille emplois sont en jeu * L'épée de Damoclès des aides européennes (Actualisé, administrateurs judiciaires, §§ 2,3) par Jean-François Rosnoblet MARSEILLE, 2 février (Reuters) - Une semaine décisive pour l'avenir de la SNCM a débuté lundi avec l'expiration du délai de dépôt des offres de reprise de la compagnie maritime en grande difficulté, qui a été placée en redressement judiciaire début novembre. "Au terme du délai de remise des offres prolongé au 2 février, cinq offres de reprise et deux lettres d'intention ont été reçues au total", ont déclaré les deux administrateurs judiciaires dans un communiqué. Ils ont précisé vouloir "poursuivre l'analyse de ces offres et lettres d'intention, et poursuivre les échanges avec les différents candidats". Ces offres de reprise doivent être présentées mercredi par les administrateurs judiciaires lors d'un comité d'entreprise au siège de la société. "On entre dans une logique de négociation et d'amélioration des offres mais aussi dans la discussion du volet social qui devrait, dans tous les cas, concerner près de la moitié des personnels pérennes de la compagnie", souligne une source proche du dossier. La Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), qui assure notamment les liaisons entre la Corse et le continent, emploie 2.000 personnes, dont 1.500 en CDI. Toutes les conditions suspensives des offres devront être levées avant leur présentation au tribunal, qui n'examinera que des "offres fermes" avant de se prononcer lors d'une ultime audience, probablement fin mars. Le 19 janvier, le délai de remise des dossiers pour les candidats à la reprise de la SNCM avait été repoussé au 2 février pour pouvoir finaliser quatre dossiers déposés et étudier trois nouvelles candidatures. AIDES EUROPÉENNES L'entreprise, dont l'actionnaire majoritaire est Trandev, coentreprise entre Veolia et la Caisse des dépôts, a été placée en redressement judiciaire au mois de novembre. Parmi les candidats à la reprise figurent la compagnie Baja Ferries, dont le siège social est à Miami (Etats-Unis), le groupe italien GNV, qui opère en Méditerranée avec une dizaine de navires, et un pool de partenaires européens regroupés autour de Christian Garin, ancien président du port de Marseille. Le transporteur corse Patrick Rocca a aussi déclaré dans la presse être candidat à la reprise de la SNCM. C'est aussi mercredi que le tribunal de commerce doit rendre sa décision sur l'état financier de la SNCM et décider la poursuite de la période d'observation ou la liquidation de la société. La compagnie maritime disposerait de près de 42 millions d'euros de liquidités "par le jeu d'économies effectuées et de rentrées de créances impayées". Cette somme est a priori suffisante pour permettre à l'entreprise de poursuivre ses activités durant la période d'observation, dont le financement coûte entre 6 et 7 millions d'euros par mois. "C'est bien la preuve que les actionnaires ont volontairement plongé la SNCM dans cette situation pour satisfaire l'agenda de Veolia pour sa sortie de la compagnie, à tout prix et au plus tôt", a dit à Reuters le délégué CFE-CGM, Maurice Perrin. Les offres des candidats à la reprise restent toutefois conditionnées à la résolution des contentieux européens qui pèsent lourdement sur l'avenir de la compagnie maritime. Il s'agit de la transmission de délégation de service public (DSP) et des quelque 440 millions d'euros d'aides publiques que la Commission européenne juge illégales et dont elle réclame le remboursement. (Edité par Yves Clarisse et Guy Kerivel)


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  • jflo2 le mardi 3 fév 2015 à 00:00

    C'en est bientôt fini avec la CGT.. et avec la SNCM..