France-Sécurité des écoles renforcée face à la menace terroriste

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    * Sécurisation renforcée pour la rentrée scolaire 
    * Vers une culture de la sécurité à l'école 
    * Des réservistes de la gendarmerie aux abords des 
établissements 
 
    PARIS, 24 août (Reuters) - Le gouvernement français a 
présenté mercredi un plan de sécurisation des écoles, collèges 
et lycées pour faire face à la menace terroriste, alors que 12 
millions d'élèves s'apprêtent à revenir en classe le 1er 
septembre. 
    Il entend faire éclore une "nouvelle culture de sécurité" à 
l'école, qui figure parmi les cibles de l'organisation Etat 
islamique (EI) après un été meurtrier marqué par les attentats 
de Nice et de Saint-Etienne du Rouvray. 
    L'une des traductions du dispositif sera la mobilisation de 
plus de 3.000 réservistes de la gendarmerie nationale pour la 
rentrée aux abords des établissements scolaires.  
    "La menace est élevée, elle est réelle", a rappelé la 
ministre de l'Education Najat Valaud-Belkacem lors d'une 
conférence de presse avec ses homologues de l'Intérieur et de 
l'Agriculture, Bernard Cazeneuve et Stéphane Le Foll.  
    "Il ne s'agit pas de céder à la panique ou de tomber dans la 
paranoïa", a-t-elle cependant souligné. 
    La plupart des dispositifs ont été mis en oeuvre après les 
attentats du 13 novembre mais le niveau de vigilance a été 
relevé dans presque tous les domaines et le partenariat entre 
les acteurs concernés a été renforcé.  
    Ainsi, trois exercices de sécurité en milieu scolaire seront 
organisés annuellement, contre deux auparavant, et l'un d'eux 
devra obligatoirement porter sur une simulation 
d'"attentat-intrusion", qui, organisée de façon empirique l'an 
dernier, avait suscité l'inquiétude de parents.  
    Dans les classes maternelles, le mot attentat ne sera pas 
prononcé et l'exercice se déroulera d'une façon "ludique", a 
précisé Najat Valaud-Belkacem. Ce sera en revanche "plus direct 
pour les élèves" du primaire, a-t-elle ajouté. 
    Dans le même esprit, le gouvernement s'est fixé comme 
objectif de former ou sensibiliser cette année 100% des élèves 
de troisième aux pratiques de premiers secours, contre 30% sur 
l'année écoulée, ainsi que l'ensemble des élèves élus. Au total, 
1,2 million d'élèves seront concernés. 
     
    "CELLULES DE CRISE" 
    Des "cellules de crise" sont également en cours 
d'installation dans chaque académie. Des "référents sûreté" 
intégrés à ces cellules seront des "interlocuteurs privilégiés" 
des gendarmes et policiers. Cinq cents cadres seront formés 
chaque année dans ce but. 
    Le ministère de l'Intérieur va pour sa part porter une 
"attention particulière" tout au long de l'année "aux abords des 
établissements", a précisé Bernard Cazeneuve.  
    Outre le renfort des 3.000 réservistes de la gendarmerie, la 
"surveillance dynamique à proximité des écoles, collèges, lycées 
et universités sera renforcée par des patrouilles mobiles" en 
lien avec les polices municipales, a-t-il dit. 
    La ministre de l'Education a précisé de son côté que 50 
millions d'euros supplémentaires seraient débloqués pour aider 
les collectivités locales à effectuer les travaux de 
sécurisation d'urgence dans les établissements scolaires.  
    Les mairies sont en effet responsables des bâtiments pour 
les écoles, les départements pour les collèges et les régions 
pour les lycées. 
    Le gouvernement a une "volonté affirmée de développer une 
culture pérenne de la gestion du risque et de la sécurité dans 
l'institution scolaire", a insisté Najat Valaud-Belkacem. 
    Le SNUipp-FSU, syndicat majoritaire des enseignants du 
premier degré, a appelé pour sa part le gouvernement à préciser 
clairement "ce qui relève de la responsabilité de chacun", pour 
que l'école puisse fonctionner "dans la sérénité". 
    "Si l'organisation de trois exercices pendant l'année 
scolaire, la tenue d'une réunion avec les parents d'élèves 
(...)sont de la compétence de l'institution scolaire, par 
contre, la surveillance de la voie publique, la nécessité de 
deux moyens d'alertes différents, et la sécurisation des écoles 
relèvent clairement de la compétence des collectivités locales", 
écrit-il dans un communiqué. 
 
 (Gérard Bon, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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