France-Seconde mise en examen pour les meurtres de Montigny

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* Une mise en examen 27 ans après les faits * Des témoins l'incriminent * L'avocat du mis en examen estime que le dossier est vide (Actualisé avec déclarations de l'avocat) STRASBOURG, 5 août (Reuters) - Henri Leclaire, un retraité de 65 ans, a été mis en examen mardi à Metz pour le meurtre de deux enfants en 1986 à Montigny-les-Metz, a annoncé son avocat, qui a dénoncé la vacuité du dossier. Convoqué dans le cabinet du juge d'instruction, il en est ressorti libre en fin de matinée avec un contrôle judiciaire qui lui fait obligation de se présenter au juge et de ne pas rencontrer les protagoniste du dossier, a précisé à Reuters Me Thomas Hellenbrand. L'homme, qui travaillait à l'époque près des lieux où ont été tués les deux garçons, est soupçonné d'avoir été complice de Francis Heaulme, lui-même déjà accusé du double crime. Au deuxième jour du procès du tueur en série, qui s'était ouvert le 31 mars devant la Cour d'assises de la Moselle, des témoignages accablants pour Henri Leclaire avaient conduit au renvoi de l'affaire, tandis que le parquet de Metz demandait l'ouverture d'une nouvelle information judiciaire. "Ce dossier est une coquille vide", a estimé Me Hellebrand, qui voit un bon augure dans le fait que son client reste libre de ses mouvements. "Si vous êtes convaincu, en tant que magistrat, qu'il existe des indices graves et concordants qu'une personne a commis de tels crimes, est-ce que vous la placez sous un simple contrôle judiciaire ?" Il s'agit d'un nouveau rebondissement dans une affaire hors norme pour laquelle un homme, Patrick Dils, a été condamné à la réclusion à perpétuité en 1989 avant d'être innocenté le 24 avril 2002, au terme de quinze années de prison. Les corps d'Alexandre Beckrich et de Cyril Beining, deux garçons de huit ans, avaient été retrouvés dans la soirée du 28 septembre 1986 le crâne fracassé à coups de pierre sur le talus d'une voie ferrée proche de leur domicile, dans la banlieue de Metz, où ils étaient venus jouer. DEUX TÉMOIGNAGES Henri Leclaire, âgé de 37 ans à l'époque, avait été interrogé par les enquêteurs et avait avoué lors de sa garde à vue, avant de se rétracter, comme le feront deux autres suspects, dont Patrick Dils, après lui. Alors chargé du nettoyage dans une imprimerie, ce célibataire s'était plusieurs fois querellé avec les enfants du quartier venant fouiller les papiers stockés dans les poubelles de l'entreprise. Lors du procès de Francis Heaulme, un cheminot a dit avoir aperçu sur les voies ferrées, aux environs du lieu et de l'heure du crime, un homme portant un T-shirt tâché de sang qui lui ressemblait. Mais c'est surtout le témoignage d'une clerc d'avocat qui a pesé sur la décision de renvoyer le procès. Christine Blindauer a expliqué comment elle avait recueilli, il y a environ un an, les confidences spontanées d'Henri Leclaire qui venait lui livrer des courses. "Il m'a expliqué que les enfants gênaient son travail. Il était excédé. Il m'a dit : 'Je m'en suis pris à eux mais je ne les ai pas tués'", a-t-elle expliqué en décrivant un homme "rouge, suant, dans une espèce de transe". Invité à corroborer le témoignage, Henri Leclaire a contribué à alimenter le doute. "Ce qu'elle a dit, c'est vrai", avait-il dit avant d'ajouter : "Mais ce que j'ai dit, c'était faux." (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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