France-Sarkozy sur le pied de guerre pour 2016

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    * Il verrouille sa garde rapprochée 
    * Kosciusko-Morizet sur la sellette 
    * Débat sur le calendrier de la primaire 
    * Vers une multiplication de candidatures 
 
    par Sophie Louet 
    PARIS, 14 décembre (Reuters) - Nicolas Sarkozy a repris la 
main lundi dans le contre-la-montre pour la présidentielle de 
2017 à droite en annonçant un remaniement de la direction des 
Républicains qui devrait être fatal à une Nathalie 
Kosciusko-Morizet trop rebelle à son goût et en préemptant le 
débat idéologique qu'exigeaient ses rivaux. 
    Fragilisé par la percée du Front national aux élections 
régionales, critiqué dans son camp pour son "passif" élyséen et 
ses "coups de menton" envers le FN, le président des 
Républicains a fait acte d'autorité au lendemain d'une victoire 
en demi-teinte des listes de droite et du centre.   
    Ces dernières ont remporté sept régions métropolitaines, 
contre cinq à la gauche, mais le désistement décrété par le PS 
dans trois régions à risque Front national a beaucoup joué.      
    Lors d'un bureau politique exceptionnel, il a annoncé une 
refonte -- attendue -- de l'organigramme du parti début janvier, 
convoqué un conseil national les 13 et 14 février pour trancher 
la question de la "ligne" et mis au débat une éventuelle  
modification du calendrier de la primaire de novembre 2016, que 
des élus veulent avancer pour éviter "une guerre de tranchées". 
    Sur la sellette depuis plusieurs mois, Nathalie 
Kosciusko-Morizet, numéro deux du parti, devrait faire les frais 
du verrouillage de Nicolas Sarkozy, qui souhaite une équipe 
resserrée et "cohérente sur le fond", selon des participants. 
    Le sort de la vice-présidente déléguée n'a pas été 
ouvertement évoqué, mais le président de LR a indirectement mis 
en cause la chef de file de la droite parisienne en saluant les 
bons scores des listes de Valérie Pécresse, qui a mis fin 
dimanche à 17 ans de règne socialiste en Ile-de-France, dans de 
nombreux départements, sauf dans la capitale, où Claude 
Bartolone devance son adversaire de près de six points. 
    "Ce n'est pas de la régression ça", a lancé l'ancien chef de 
l'Etat, selon un participant. "NKM" s'était inquiétée par le 
passé de la "régression identitaire" à l'oeuvre selon elle à 
droite. 
     
    "UNE VIEILLE IDÉE STALINIENNE" 
    Nathalie Kosciusko-Morizet, soutenue par Jean-Pierre 
Raffarin qui prône un rapprochement avec les "patriotes 
d'ouverture" socialistes, a achevé d'exaspérer Nicolas Sarkozy 
en dénonçant de nouveau dimanche soir sa stratégie du "ni ni" 
(ni désistement ni fusion avec le PS au second tour). 
    "Je trouve curieux, au moment où on lance un débat sur la 
ligne, d'évincer ceux qui ne sont pas d'accord", a réagi 
l'intéressée, alors qu'on l'interrogeait sur la rumeur de son 
éviction, qu'elle pourrait précéder en démissionnant du parti. 
    Ce nouveau psychodrame à droite brouille les appels à 
l'unité de Nicolas Sarkozy, qui avait souligné dimanche soir que 
l'union ne pouvait "être de circonstance" mais devait "traduire 
la volonté déterminée de tous les responsables de l'opposition 
d'avancer, ensemble, vers les prochaines échéances." 
    L'entreprise est mal engagée. La droite, de l'avis de 
plusieurs cadres dépités, a renoué dès lundi avec ses vieux 
démons, "dignes de l'époque du RPR" selon l'un d'eux. 
    Alain Juppé, rival le plus sérieux de Nicolas Sarkozy pour 
la primaire de 2016, a jugé lors d'une conférence à Bordeaux que 
"l'exclusion n'est jamais une bonne réponse." 
    "Le tout est de savoir comment on conçoit le parti. Est-ce 
qu'il peut y avoir des opinions diverses, ou est-ce qu'on doit 
être en colonne par un?", a lancé l'ancien Premier ministre, qui 
n'était pas présent au bureau politique lundi matin. 
     
    "NE BÂCLONS PAS LA PRIMAIRE" 
    De Christian Jacob à Eric Ciotti, en passant par Eric Woerth 
et Luc Chatel, nombreux sont les élus à juger qu'avancer avant 
l'été la primaire des 20 et 27 novembre 2016 empêcherait la 
"guerre de tranchées" qui s'annonce. 
    Ils ont mis le sujet sur la table lundi. Nicolas Sarkozy, 
ouvert sur le principe, s'en remet au bureau politique, après 
avis conforme du comité d'organisation de la primaire et de la 
Haute autorité chargée de la superviser. 
    François Fillon, autre candidat déclaré à la primaire, s'est 
dit résolument hostile à tout changement dans l'organisation de 
la consultation. "Si toutes les questions d'organisation étaient 
tranchées comme elles devraient l'être depuis l'été, le climat 
serait plus serein", a-t-il dit, selon son entourage. 
    La réponse à l'avertissement des régionales "ne peut se 
résumer à 'silence dans les rangs' ou à un changement de 
calendrier. Cette réponse, c'est un projet puissant, crédible", 
a-t-il fait valoir. 
    "Ne bâclons pas les primaires", a mis en garde pour sa part 
Alain Juppé. Bruno Le Maire, qui devrait se déclarer en janvier, 
a dit sur France Inter ne pas voir "l'intérêt d'avancer un 
processus qui se déroule très bien". 
    Laurent Wauquiez, large vainqueur en Auvergne-Rhône-Alpes 
sur une ligne droitière, s'est irrité de ce débat sur "des 
petits gains de temps". Le secrétaire général des Républicains, 
qui pourrait disputer, comme "NKM", la carte du renouveau à 
Bruno Le Maire, a dit ne "pas comprendre que la droite retombe 
dans ses défauts et ses erreurs". 
 
 (Sophie Louet avec Claude Canellas à Bordeaux, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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  • 2010jpge le lundi 14 déc 2015 à 17:22

    SARKO: on en veut plus !!!