France-Sarkozy s'efforce de sortir du trou d'air

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    * Les sondages défavorables à l'ex-président 
    * Mais ses soutiens l'appellent à maintenir le cap 
    * Alain Juppé en position de force avant le premier débat 
    * L'ex-Premier ministre critique le recours au référendum 
 
 (Actualisé avec Alain Juppé §§ 6-9) 
    PARIS, 10 octobre (Reuters) - A six semaines du premier tour 
de la primaire, Nicolas Sarkozy persiste à "cliver" face à Alain 
Juppé avec l'espoir de combler son retard sur le maire de 
Bordeaux, qui abordera jeudi en position de force le premier 
débat entre candidats. 
    Dans une démonstration de force voulue comme un défi au 
maire de Bordeaux, l'ancien président a réactivé dimanche au 
Zénith les thèmes de sa campagne de 2012 en se posant de nouveau 
comme le candidat du peuple, le porte-parole des "déclassés" et 
de la "majorité silencieuse" face aux "élites".  
    Devant environ 6.000 militants, il a également puisé dans le 
répertoire sarkozien le mot "racaille", employé pour la première 
fois en 2005 lors de son ascension vers l'Elysée, ou la 
référence aux ancêtres gaulois des Français d'aujourd'hui.  
    Un déjà-vu raillé par ses concurrents qui y voient une forme 
de "fébrilité", d'"improvisation".   
    Les camps adverses relèvent notamment son abus tactique du 
référendum, qu'il critiquait en 2007 avant d'en proposer un 
double en 2012 sur les droits et des étrangers et les chômeurs. 
Désormais, la consultation populaire, annoncée vendredi dernier, 
porterait sur le regroupement familial et les fichés S. 
  
    François Fillon a dénoncé lundi sur Europe 1 un "enfumage" 
  et Alain Juppé une façon d'aborder "les problèmes 
par le petit bout de la lorgnette". 
    Cette double consultation organisée le jour du deuxième tour 
des législatives de 2017 occulterait des questions plus 
importantes et risquerait de concentrer la campagne sur des 
thématiques traditionnelles de l'extrême-droite, juge le maire 
de Bordeaux dans une note publiée sur son blog. 
    "Veut-on faire la courte échelle au Front national en 
focalisant tout sur le regroupement familial, les fichés S (...) 
?", fustige-t-il. 
    Pour l'heure, les controverses déclenchées par Nicolas 
Sarkozy ne lui ont pas permis de refaire son retard sur Alain 
Juppé.  
    Au contraire: l'ancien Premier ministre accentue son avance 
sur Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote avec 42% contre 
28% à son adversaire au premier tour de la primaire et 62% 
contre 38% au deuxième tour dans un sondage Kantar 
Sofres-OnePoint pour RTL, Le Figaro et LCI.   
     
    "CLIVER" 
    "Nicolas Sarkozy a réussi à imposer ses thèmes, mais tout se 
passe comme si les clivages qu'il crée se retournaient contre 
lui davantage que contre Alain Juppé", déclare Emmanuel Rivière, 
directeur général France de Kantar Public, dans Le Figaro. 
    A l'approche du premier débat, l'équipe de Nicolas Sarkozy 
dément qu'il y ait "le feu au lac" après une passe difficile 
dominée par la parution du réquisitoire de Patrick Buisson et de 
nouveaux éléments sur l'affaire Bygmalion, pour laquelle il est 
toujours menacé d'un procès en correctionnelle. 
    "Il faut continuer à suivre son cap, il ne faut pas 
vaciller, il ne faut pas tirer des bords, il ne faut pas changer 
de tactique", a déclaré lundi sur Radio Classique Eric Woerth, 
soutien de Nicolas Sarkozy. 
    L'ancien ministre juge encore possible de "combler  l e 
différentiel" avec Alain Juppé. 
    "On le peut me semble-t-il si Nicolas Sarkozy arrive à 
transformer sa principale qualité qui est celle du clivage. 
Cliver (...) ça veut dire dire des choses qui ne plaisent pas 
nécessairement à certains mais qui ne sont pas de l'eau tiède", 
a-t-il plaidé. 
    Une stratégie assumée ouvertement par l'ex-président qui a 
fustigé dimanche, sans les nommer, les tenants d'une "alternance 
molle". 
    Sûrs de sa capacité de rebond, les soutiens de Nicolas 
Sarkozy opposent la popularité sondagière d'Alain Juppé - un 
"phénomène artificiel" selon les termes employés par 
l'ex-président dans le Journal du Dimanche - à la ferveur bien 
réelle suscitée selon eux par leur candidat. 
    "On attend que les autres candidats fassent comme Nicolas 
Sarkozy, tous les deux jours sur le terrain, tous les deux jours 
avec des réunions publiques, tous les deux jours avec des salles 
pleines, avec beaucoup d'enthousiasme", affirmait dimanche 
Gérald Darmanin, coordinateur de la campagne. 
 
 (Sophie Louet et Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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