France-Sarkozy reproche à Valls ses "leçons de morale"

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(Avec déclaration de Cécile Duflot) PARIS, 24 mars (Reuters) - Nicolas Sarkozy a demandé mardi au Premier ministre Manuel Valls, qui a qualifié de "faute" son attitude vis-à-vis du Front national et du second tour des élections départementales, de "garder ses leçons de morale pour lui". Le président de l'UMP a réaffirmé sur RTL qu'il n'appellerait à voter ni pour le candidat socialiste ni pour le candidat du parti d'extrême droite dimanche prochain dans les cantons où son parti a été éliminé au premier tour. Une position que Manuel Valls, qui a pour sa part appelé à faire barrage au FN, a qualifiée de faute morale et politique, tandis que l'ancienne ministre écologiste du Logement, Cécile Duflot, l'a qualifiée de "forfaiture" mardi sur iTELE. "M. Valls devrait garder pour lui ses leçons de morale et essayer d'améliorer sa politique, ce qui ferait revenir un certain nombre de nos électeurs (...) dégoûtés par la politique qui s'impose à la France depuis trois ans vers le camp des formations politiques républicaines", a dit Nicolas Sarkozy. "M. Valls devrait se poser la question pourquoi quand la gauche est au pouvoir le FN monte", a-t-il ajouté. "La gauche instrumentalise le FN." "Mme Le Pen a le programme économique de l'extrême gauche" et "ceux qui font campagne aux côtés de M. Valls c'est l'extrême gauche", a insisté Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'Etat a en revanche réaffirmé que l'UMP n'avait "strictement rien de commun" avec le FN et que tout membre de son parti qui conclurait un accord avec la formation de Marine Le Pen serait exclue. Le FN a confirmé dimanche, avec 25,19% des suffrages, sa percée de 2014 aux européennes de 2014, au deuxième rang derrière l'UMP allié aux centristes de l'UDI (29,4%), suivi par le Parti socialiste, qui n'a rallié que 21,85% des votants. Cécile Duflot, qui ne ménage pas ses critiques à l'égard du gouvernement de Manuel Valls depuis qu'elle l'a quitté, a pour sa part réitéré l'engagement d'Europe Ecologie-Les Verts à faire voter pour le candidat PS en cas de duel avec le FN ou l'UMP. "Un conseil départemental de gauche ou de droite ce n'est pas la même politique et moi je ne veux pas qu'on laisse la place aux amis de Nicolas Sarkozy", a-t-elle dit sur iTELE. Le "ni-ni" de Nicolas Sarkozy est une "forfaiture" parce qu'il rompt avec l'histoire de la droite républicaine française qui s'est "toujours élevée contre l'extrême droite de manière très nette", a-t-elle ajouté. Pour Juliette Méadel, la porte-parole du PS, le "ni-ni" est la "seule trouvaille de Nicolas Sarkozy depuis son retour", qui "aspire selon elle les voix du FN en reprenant ses thèmes, comme la suppression des menus halal dans les cantines. "En fabriquant des boucs émissaires, en désignant les musulmans, l'UMP trouve un débouché facile à son incurie, déclare-t-elle dans un communiqué. (Emmanuel Jarry)

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  • M8252219 le mardi 24 mar 2015 à 11:23

    Parlons morale;Depuis 2012 les inégalités entre les citoyens français n'ont jamais été aussi grandes, D'un coté les élus,les statuts et régimes spéciaux,abreuvés de primes et allocations,garantie d'emploi à vie,temps de travail réduit,retraite à calcul spécifique:De l'autre coté les salariés et travailleurs du privés,entrepreneurs et artisans taxés aux maximum, 600 000 chômeurs de plus en 3 ans,aucun signe d'amélioration à l'horizon: caisse de retraite pillées pour les régimes spéciaux.

  • graille2 le mardi 24 mar 2015 à 11:22

    je pense que Sarkozy aurait besoin de lecon et pas simplement de morale