France-Sarkozy reprend l'oriflamme de l'identité nationale

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    SAINT-ANDRE-LEZ-LILLE (Nord), 8 juin (Reuters) - Nicolas 
Sarkozy a appelé mercredi soir le "peuple de France" au "réveil 
de la Nation" dans un discours où il a renoué avec son  thème de 
campagne favori, la défense de l'identité nationale et de 
l'autorité de la Nation mis à mal par le "renoncement des 
élites". 
    Dès des premiers mots, l'ancien chef de l'Etat a donné le 
ton de ce qui sera sa candidature, toujours non déclarée, pour 
l'investiture présidentielle à droite, déclarant: "Je suis 
Français, vous êtes Français, nous sommes Français, c'est une 
chance, c'est un privilège !". 
    "La France c'est un corps, c'est un esprit, c'est une âme", 
a-t-il clamé, en vantant "l'amour charnel de la patrie". 
    Nicolas Sarkozy avait déjà développé ce thème lors de sa 
campagne victorieuse de 2007 et récidivé en 2012 sous 
l'influence de son conseiller Patrick Buisson en liant 
systématiquement cette problématique à l'immigration. 
    Il entend en faire cette fois un axe majeur de sa 
compétition avec Alain Juppé, toujours en tête des sondages pour 
la course à la primaire de droite, quitte à s'exposer une 
nouvelle fois aux accusations de marcher sur les plates-bandes 
du Front national.   
    Un petit millier de personnes avaient fait le déplacement 
pour l'écouter mercredi près de Lille, avec au premier rang le 
sénateur-maire de Troyes François Baroin. 
    Cette figure du chiraquisme a annoncé dimanche son 
ralliement au président des Républicains même s'il n'a jamais 
caché ses réserves à l'égard des discours identitaires. Le 
président LR de la région Hauts de France, Xavier Bertrand, ne 
s'est en revanche pas montré mercredi. 
    Dans un discours dont il soigneusement suivi le texte, 
Nicolas Sarkozy a enfoncé le clou : "La France n'est-elle pas en 
train de se dissoudre, de s'effacer, de disparaître à coup de 
renoncement, de lâcheté, de reculs, de démissions ? (...) La 
France restera-t-elle la France ?". 
    "Pourquoi, dans une société multiculturelle, tout le monde 
aurait-il le droit de cultiver sa différence, tout le monde sauf 
la majorité, tout le monde sauf le peuple français qui 
commettrait un crime contre l'altérité en voulant demeurer lui 
même", s'est-il interrogé. 
    L'ancien président de la République a stigmatisé dans la 
foulée la "tyrannie des minorités qui fait chaque jour davantage 
reculer la République", visant pêle-mêle les lycéens, les 
"zadistes", ceux qui bloquent les raffineries ou encore les 
casseurs devant lesquels, selon lui, l'Etat a renoncé, autant 
que les islamistes radicaux,  
    Face à cette situation, "l'heure a sonné de nous remettre 
debout, d'être de nouveau les fils d'une vieille histoire qui 
sera continuée". 
     
 
 (Pierre Savary, édité par Yann Le Guernigou) 
 
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