France-Sarkozy réplique à Macron, le "donneur de leçons"

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    PARIS, 5 octobre (Reuters) - Nicolas Sarkozy et ses soutiens 
ont répliqué mercredi à Emmanuel Macron, qui a mis en cause la 
probité de l'ancien président et celle d'Alain Juppé, en 
soulignant que les "donneurs de leçons" subiraient le contrecoup 
de leurs attaques. 
    Lors d'une réunion publique mardi soir à Strasbourg, 
l'ancien ministre de l'Economie de François Hollande, chef de 
file du mouvement "En Marche!", s'en est pris aux favoris de la 
primaire à droite, en estimant que leurs ennuis judiciaires les 
disqualifiaient pour la présidentielle de 2017.   
    "Je fais de la politique depuis 35 ans je n'ai jamais été 
une seule fois condamné", a répondu sur Radio Classique Nicolas 
Sarkozy, menacé d'un procès en correctionnelle en marge de 
l'affaire Bygmalion. 
    "M. Macron donne des leçons, très bien, c'est son droit. 
Vous savez ce qui arrive aux donneurs de leçons? En général, ça 
leur revient dans la figure", a-t-il poursuivi. 
    "Celui qui a été nommé par François Hollande et qui mange la 
main qui l'a nourri, ce n'est pas un comportement extrêmement 
novateur", a ajouté l'ancien président. 
    Le sénateur Les Républicains François Baroin, que Nicolas 
Sarkozy présente comme son futur Premier ministre en cas de 
victoire, a étrillé pour sa part "le Caterpillar de la gauche". 
    "Il y avait à une époque un socialisme à visage humain, il y 
a aujourd'hui un cynisme au visage souriant, doublé d'un 
populisme mondain. (...) Et je ne supporte pas les déclarations 
de monsieur sur la dénonciation de la démocratie représentative, 
les insultes adressées aux élus, sur le fait de montrer du doigt 
la caste", a-t-il déclaré sur France 2. 
     
    "GAUCHE CAVIAR MORALISANTE" 
    Emmanuel Macron a notamment mis en cause Nicolas Sarkozy 
pour le dépassement du plafond de ses dépenses de campagne en 
2012 : "Comment peut-on imaginer se présenter devant les 
Français quand on a délibérément dépassé le plafond des dépenses 
autorisées pour sa campagne?", a-t-il lancé. 
    "Je pense qu'il y a des règles juridiques qui s'appliquent, 
elles se sont appliquées. Il y a un remboursement qui a été 
fait. Il y a une poursuite qui peut être faite en justice, avec 
une présomption d'innocence", a répondu sur France Info Laurent 
Wauquiez, président par intérim des Républicains. 
    "Pour moi, c'est assez typique d'une certaine forme de 
gauche caviar assez moralisante, donnant des leçons à tout le 
monde et ne se les appliquant pas elle-même", a-t-il ajouté, 
évoquant la proximité passée d'Emmanuel Macron avec Dominique 
Strauss-Khan. 
    Alain Juppé et son entourage n'avaient pour l'heure pas 
réagi aux accusations d'Emmanuel Macron, qui a déclaré que la 
prise illégale d'intérêts était "un manquement à la probité". 
    L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac a été condamné 
en 2004 pour ce chef dans l'affaire des emplois fictifs de la 
mairie de Paris. 
    "Comment peut-on incarner l'Etat, donner des leçons à tout 
le monde, commencer à constituer son gouvernement et envisager, 
en s'étant rendu coupable de telles fautes, de dire aux Français 
qu'on sera garant de leurs règles ?", a lancé l'ex-ministre de 
l'Economie. 
    Dans un entretien au Journal du Dimanche, Alain Juppé avait 
exclu Emmanuel Macron, plébiscité par les sympathisants de 
droite, de son possible "casting" gouvernemental pour son 
absence de "compétence" et de "loyauté". 
 
 (Sophie Louet et Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • am013 il y a 4 mois

    Les politiques incriminés, la plupart du moins, sont coupables mais jamais condamnés car ils font intervenir leur réseau...oui certains peuvent s'en targuer mais au final ils ne sont pas crédibles.