France-Sarkozy plus mesuré sur la réforme constitutionnelle

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    * Sa position n'est pas arrêtée sur le projet de loi 
    * Il propose de supprimer les régimes spéciaux 
    * Il attaque Marine Le Pen 
 
 (Actualisé avec autres déclarations) 
    PARIS, 5 février (Reuters) - Nicolas Sarkozy a réaffirmé 
jeudi soir son adhésion de principe au projet de révision 
constitutionnelle sur l'extension de la déchéance de la 
nationalité, texte au sort parlementaire incertain, tout en 
émettant des réserves sur les intentions de François Hollande. 
    Les députés entament vendredi l'examen de la réforme décidée 
par le chef de l'Etat à la suite des attentats du 13 novembre en 
vue de constitutionnaliser l'état d'urgence et la déchéance de 
nationalité pour les personnes convaincues de terrorisme. 
  
    "Je suis favorable au retrait de la nationalité pour des 
binationaux qui ont trahi la France (...) y compris ceux qui 
sont nés en France", a déclaré Nicolas Sarkozy dans le cadre de 
l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2. 
    "Je suis opposé, a-t-il poursuivi, au retrait de la 
nationalité aux Français, parce qu'à ce moment-là, on fait un 
apatride qu'on ne peut envoyer nulle part". 
    "Si l'intention de M. Hollande est le retrait de la 
nationalité pour les binationaux, comme je l'ai toujours 
demandé, j'y serai favorable", a dit l'ancien président. 
    "Si son intention n'est pas celle-ci, on verra ce que nous 
déciderons. Comme le projet a changé cinq ou six fois ces cinq 
ou six derniers jours, il m'est difficile d'avoir une position 
définitive", a souligné le dirigeant des Républicains. 
    L'opposition à la réforme grandit à droite où l'enjeu 
constitutionnel participe désormais autant du débat 
parlementaire que de la tactique politique pour la primaire de 
la droite et du centre de novembre. 
     
    SUPPRESSION DES RÉGIMES SPÉCIAUX 
    L'ancien Premier ministre François Fillon, désormais 
concurrent de Nicolas Sarkozy, a pris la tête des "nonistes" en 
dénonçant un "enfumage" de l'exécutif pour se démarquer du 
président de LR et le marginaliser. Alain Juppé, rival le plus 
sérieux de Nicolas Sarkozy pour l'investiture présidentielle, a 
dénoncé cette semaine un texte "complètement inutile". 
    Confronté à un panel de Français, pour certains virulents à 
son endroit comme un électeur déçu de 2007 qui votera Alain 
Juppé à la primaire ou un représentant de la CGT qui lui a 
imputé une hausse "sans précédent" du chômage sous la Ve 
République, Nicolas Sarkozy a défendu jeudi soir ses 
propositions économiques pour l'avenir et réitéré des "regrets". 
    Une prestation qui a convaincu 36% des Français, contre 63%, 
selon une enquête Harris Interactive dévoilée en conclusion. 
    L'ancien chef de l'Etat a jugé "étonnant" qu'aucun membre du 
gouvernement n'ait consenti à lui porter la contradiction, comme 
c'est la règle de l'émission, "après des consignes". 
    Il a regretté, notamment, de ne pas avoir aligné les régimes 
de retraite des secteurs public et privé mais a jugé que la 
crise de 2008 avait été un frein dans plusieurs domaines. 
    "Quand on compare la réforme de la Sécurité sociale en 1995 
("Plan Juppé" sur les retraites et la Sécurité sociale abandonné 
partiellement en raison de grèves massives-NDLR) et la réforme 
des retraites que nous avons menée avec François Fillon en 2010, 
il y en a une qui a réussi", a-t-il toutefois dit au futur 
électeur d'Alain Juppé. 
    Il plaide désormais pour les "mêmes conditions de calcul" 
pour l'ensemble des régimes de retraite et pour la suppression 
des régimes spéciaux. Face à un autre déçu de 2007 tenté de 
voter Front national en 2017, il a attaqué Marine Le Pen. 
     
    "JE VEUX ALLER VOUS CHERCHER" 
    "Est-ce que vous croyez que Mme Le Pen, qui n'a jamais eu la 
moindre responsabilité, qui ne propose simplement que de faire 
une ligne Maginot (...), quelqu'un dont le seul projet est 
d'éructer, de dénoncer les autres, aurait pu tenir la barre du 
navire France" durant la crise de 2008, a-t-il lancé. 
    "Je veux aller vous chercher", a-t-il réaffirmé en évoquant 
les électeurs FN, sans toutefois rien n'officialiser de ses 
ambitions pour 2017. A ce sujet, il a de nouveau balayé les 
allégations le visant dans le dossier Bygmalion en affirmant que 
s'il avait eu "le moindre doute" sur un dérapage présumé de ses 
dépenses de campagne en 2012, il ne "serai t  pas revenu". 
    Se réjouissant du succès de son livre (près de 68.000 
exemplaires vendus) qu'il présente comme "un retour 
d'expérience" et non un mea culpa "un peu ridicule", il a 
justifié son revirement sur le mariage homosexuel par un défaut 
d'expression devant des militants de "La Manif pour tous" 
auxquels il avait promis l'abrogation de la loi Taubira en 2014. 
"Il y a eu une ambiguïté de ma part, j'ai voulu la corriger dans 
un livre en employant les bons mots", a-t-il expliqué. 
    Il a dit en revanche ne pas regretter d'avoir prononcé le 
mot "racailles" lors des violences urbaines de 2005. "Si j'ai un 
regret à faire, (...) c'est ne pas en avoir fait assez pour que 
dans tous les quartiers, dans toutes les banlieues, la 
République cesse de reculer". 
    "Un homme politique doit donc être une brute entêtée qui ne 
change jamais d'avis, qui ne reconnaît jamais ses erreurs?", 
s'est-il interrogé. 
    "Je suis comme je suis", a-t-il conclu, estimant "qu'en 
vérité, on ne change pas vraiment", sauf à "pousser un peu plus 
ses qualités" et à "modérer un peu plus ses défauts". 
    "Dans ma tête j'ai 18 ans, dans mon état civil j'ai 61 ans." 
 
 (Sophie Louet) 
 
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