France-Sarkozy manie l'ambiguïté sur l'interdiction du voile

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    PARIS, 5 octobre (Reuters) - Nicolas Sarkozy, qui s'inquiète 
d'"une prise de contrôle de la société" française par un "islam 
politique", entretient l'ambiguïté sur sa volonté de bannir le 
voile religieux de l'espace public. 
    Ainsi a-t-il répété mercredi matin sur Radio Classique, 
comme sur Europe 1 le 26 septembre, que se conformer au "mode de 
vie" républicain impliquait "pas de voile, pas de burkini, pas 
d'horaires aménagés dans les piscines". 
    Le député (Les Républicains) Guillaume Larrivé, membre de 
l'équipe de campagne de l'ancien président, a rappelé mercredi 
travailler à une proposition de loi pour l'interdiction dans 
l'espace public du burkini, "emblème d'une idéologie contraire à 
la dignité des femmes", après avoir expliqué à Marianne prôner 
"une loi pour l'interdiction des emblèmes, insignes et uniformes 
manifestant ostensiblement l'adhésion à une idéologie 
revendiquant l'inégalité entre les femmes et les hommes". 
    Là encore, le flou domine. 
    L'entourage de Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi à Reuters 
que les propos du candidat à la primaire de la droite visaient 
exclusivement le burkini. 
    A la question de savoir s'il "concoctait un projet 
concernant l'interdiction du voile", l'ancien président a 
pourtant répondu sur Radio Classique : "Exactement, oui." "On 
peut changer la Constitution", a-t-il ajouté. 
     
    "LA MÊME RÈGLE POUR TOUT LE MONDE" 
    "En France, je ne veux pas qu'il y ait des horaires pour les 
femmes à la piscine et des horaires pour les hommes, qu'il y ait 
des médecins pour les femmes et de médecins pour les hommes, 
qu'il y ait des femmes qui soient enfermées derrière le burkini 
tandis que les hommes sont en maillot de bain", a-t-il dit. 
    "Si nous devions l'accepter, dans dix ans, il n'y aura plus 
une jeune fille de la communauté maghrébine qui pourra être sans 
voile parce qu'à ce moment-là elle sera montrée du doigt. C'est 
la tyrannie des minorités, le communautarisme dont je ne veux à 
aucun prix", a-t-il expliqué. 
    Pour Nicolas Sarkozy, qui soutient les arrêtés municipaux 
anti-burkini et milite pour l'interdiction du voile à 
l'université, il y a en France "une tentative d'instrumentaliser 
l'islam pour une prise de contrôle de la société." 
    En conséquence, il souhaite "l'application de la même règle 
pour tout le monde : pas de voile, pas de burkini, pas 
d'horaires aménagés dans les piscines, l'égalité stricte des 
droits entre l'homme et la femme." 
    Il juge que Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil 
d'Etat, juridiction qui a suspendu les arrêtés anti-burkini, "a 
tort" de déclarer au Figaro qu'"on ne peut affirmer que le port 
du burkini porte une atteinte à l'égalité hommes-femmes si 
radicale et manifeste qu'il doive être prohibé." 
    Le Front national projette dans son programme présidentiel 
d'élargir la loi de 2004 restreignant le port de signes 
religieux à l'école à l'ensemble de l'espace public. "Le voile, 
la grande croix, la kippa et d'autres", avait déclaré le 
vice-président du FN, Florian Philippot, en août dernier. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves CLarisse) 
 
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