France-Sarkozy fait son mea culpa et prend date pour 2017

le
2
    * L'ex-président dit avoir parfois "abaissé" la fonction 
    * Il regrette d'avoir retardé certaines réformes 
    * Il trace une ligne droitière pour 2017 
    * Il ne reviendrait pas sur le mariage homosexuel 
 
 (Actualisé avec citations) 
    PARIS, 22 janvier (Reuters) - Nicolas Sarkozy s'essaye à un 
mea culpa dans un ouvrage à paraître lundi en concédant des 
"erreurs" et des "impairs" durant son quinquennat et trace, tout 
en s'en défendant, un programme de candidat à un an et demi de 
la présidentielle. 
    Dans "La France pour la vie", l'ancien chef de l'Etat, qui 
n'a toujours pas officialisé sa candidature à la primaire de la 
droite et du centre de novembre, assure que ce livre-confession 
n'est pas "une déclaration de candidature". 
    "Il est trop tôt", dit-il à l'attention notamment de ses 
principaux adversaires, tels Alain Juppé et François Fillon, 
auxquels il consacre des passages cordiaux mais non dénués de 
fiel s'agissant de son ancien Premier ministre. 
    Le président des Républicains, qui avoue avoir réintégré 
l'arène politique en septembre 2014 autant pour les Français que 
pour lui ("parce qu'au fond c'est ma vie") affirme n'avoir 
"aucun compte à régler, aucune vengeance à assouvir" avec 
François Hollande. 
    Son successeur n'est pourtant pas épargné au fil des pages, 
présenté comme un dissimulateur à "l'ambiguïté sympathique", un 
manoeuvrier habile "à préparer des pièges", avec un rapport 
"malsain" à l'argent. "François Hollande a été un bon candidat, 
c'est d'ailleurs ce qu'il sait faire le mieux", écrit-il. 
    Dans la campagne qui s'ouvre pour la primaire, Nicolas 
Sarkozy se pose comme le garant de la "profondeur et la force du 
débat d'idées". "Je veux que la droite et le centre aillent 
jusqu'au bout de leurs nécessaires refondations idéologiques". 
    Sa ligne de force ne souffre aucune ambiguïté. Elle sera 
droitière, loin de l'"idée fausse" d'une grande coalition, qui 
"ouvrirait un boulevard" au Front national. Les élections 
régionales de décembre dernier ont selon lui révélé "une 
conclusion bien utile pour déterminer notre cap futur". 
    "Partout où nous avions investi une tête de liste solidement 
ancrée à droite, le Front national fit ses scores les plus 
faibles", relève-t-il. 
     
    "J'AURAIS DÛ FAIRE DAVANTAGE" 
    Il appelle, à l'instar de François Fillon, à une "rupture 
franche" en 2017 pour redresser la France mais aussi à un débat 
"transparent" sur l'immigration. 
    Sur ce thème, il prône des mesures drastiques en donnant la 
priorité à "l'assimilation": quotas, aides sociales sous 
conditions pour les personnes en situation irrégulière, "pas de 
contrat de travail, pas d'entrée sur le territoire national", 
évolution du droit du sol vers "une présomption de nationalité". 
    "On ne me reprendra pas à faire des compromis de 
circonstance avec mes convictions. Beaucoup pensent que j'ai 
perdu en 2012 parce que 'j'en avais trop fait'; moi je pense à 
l'inverse que j'aurais dû faire davantage".  
    Sur la polémique née de son discours sécuritaire de Grenoble 
(juillet 2010), qu'il avoue ne toujours pas comprendre, il juge 
aujourd'hui avoir "commis l'erreur de ralentir". 
    François Fillon, qui affirme a contrario dans son livre 
"Faire" avoir été bridé dans ses ambitions réformatrices par 
Nicolas Sarkozy, apparaît comme l'un des inspirateurs de cette 
retenue aujourd'hui regrettée parmi quelques erreurs confessées. 
    "J'ai trop souvent pris les silences de François Fillon 
comme autant d'acquiescements", écrit l'ancien président. 
    Nicolas Sarkozy dit regretter de ne pas être allé "au bout" 
sur la réforme des 35 heures et la suppression de l'impôt sur la 
fortune (ISF), il juge que le RSA est un "échec". Il ajoute 
avoir eu "raison avant l'heure" sur un certain nombre de sujets 
comme l'échec de l'Europe de Schengen, la déchéance de 
nationalité et le communautarisme. 
     
    IL NE REVIENDRAIT PAS SUR LE MARIAGE GAY 
    En revanche, il dit avoir "évolué" sur la question du 
mariage pour tous, sujet pour lequel il prônait jusqu'à présent 
une réécriture de la loi Taubira. "A la réflexion, je crains que 
(...) le remède soit pire que le mal". 
    Madeleine Bazin de Jessey, porte-parole de "Sens commun", 
émanation de la "Manif pour tous", a estimé que Nicolas Sarkozy 
participait "au discrédit de la parole politique". Le député LR 
Hervé Mariton a dénoncé un "parjure". 
    Dans un exercice inédit de contrition, Nicolas Sarkozy 
revient sur les épisodes qui ont entaché son quinquennat comme 
le "Casse-toi pov' con" lancé à un visiteur du Salon de 
l'agriculture en 2008 ("en agissant ainsi, j'ai abaissé la 
fonction présidentielle"), le séjour sur un yacht de Vincent 
Bolloré après son élection ("encore aujourd'hui je me demande 
comment j'ai pu commettre un tel impair") ou encore son dîner au 
Fouquet's le soir de la victoire de 2007. 
    "Je suis resté quelques mois de trop 'l'homme', alors qu'il 
aurait fallu être immédiatement président", avoue-t-il. 
    Il dit regretter en outre d'avoir ouvert son cercle à 
Patrick Buisson, une "imprudence". Sur le dossier Bygmalion, il 
répète n'avoir rien connu de cette société avant que l'affaire 
éclate et charge "la direction du parti de l'époque" -- en 
l'occurrence Jean-François Copé.  
    L'échec "m'a convaincu d'adopter une attitude beaucoup plus 
modeste, en tout cas moins arrogante que celle que j'avais trop 
souvent avant", assure-t-il. 
    "Je ne peux que me réjouir que l'ancien président de la 
République me suive dans  la  voie" de "l'inventaire", a 
commenté François Fillon. "Je pense que les Français apprécient 
que les hommes politiques reconnaissent leurs erreurs", a dit 
pour sa part Alain Juppé. 
 
 (Sophie Louet avec Marine Pennetier, édité par Guy Kerivel) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M2266292 il y a 11 mois

    dehors sarko, dehors hollande

  • M1300741 il y a 11 mois

    Il ,' a pas été élu et il trahit déjà.....; ça commence avec le mariage gay, mais ce n'est pas finia bon entendeur salut