France-Sarkozy évoque des "erreurs" et esquisse un programme

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    * L'ex-président regrette d'avoir retardé certaines réformes 
    * N'a pas l'intention de revenir sur le mariage homosexuel 
    * Se défend de toute déclaration de candidature pour 2017 
 
    PARIS, 22 janvier (Reuters) - Nicolas Sarkozy reconnaît 
certaines "erreurs" et "impairs" commis lors de son mandat à la 
tête de l'Etat et trace tout en s'en défendant les grandes 
lignes d'un programme à un an et demi de l'élection 
présidentielle, dans son livre "La France pour la vie", dont des 
extraits sont publiés vendredi dans Le Figaro. 
    "L'archer est un modèle pour le Sage. Quant il a manqué le 
milieu de la cible, il en cherche la cause en lui-même", écrit 
en exergue l'ex-chef de l'Etat, citant Confucius, avant de se 
livrer à un bilan de ses cinq ans passés à l'Elysée entre 2007 
et 2012.    
    Tout en prévenant que ce livre n'est pas "une déclaration de 
candidature à la prochaine élection présidentielle", Nicolas 
Sarkozy, qui n'a pas encore dit s'il serait candidat à la 
primaire de la droite et du centre en novembre prochain, 
esquisse à travers ce mea-culpa un potentiel programme.  
    Sur le plan économique, le chef de file des Républicains 
regrette d'avoir "retardé des réformes qui auraient dû être 
engagées dès les premiers jours" et de ne pas avoir supprimé 
l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et les 35 heures. 
    "Au fonds, les mesures fiscales votées au début de mon 
quinquennat auraient dû être différentes dans leur dosage", 
écrit-il dans ce livre qui sortira lundi prochain.  
    "En choisissant la voie de l'exonération des heures 
supplémentaires et du bouclier fiscal, j'ai opté pour des 
solutions qui m'apparaissent plus acceptables. C'était une 
erreur".  
    A l'inverse, Nicolas Sarkozy estime avoir eu raison "avant 
l'heure" sur l'échec de l'Europe de Schengen, la question de la 
déchéance de nationalité et le communautarisme. 
     
    PAS D'ABROGATION DU MARIAGE POUR TOUS 
    "Au lieu d'accélérer la mise en oeuvre des justes mesures du 
discours de Grenoble, j'ai sans doute commencé à biaiser, à 
trouver des compromis, à reculer. Alors qu'il aurait fallu que 
j'aille plus loin. J'ai commis l'erreur de ralentir." 
    "Beaucoup pensent que j'ai perdu en 2012 parce que 'j'en 
avais trop fait'. Moi je pense à l'inverse que j'aurais dû en 
faire davantage", souligne-t-il.  
    Concernant le mariage homosexuel, Nicolas Sarkozy prévient 
qu'il n'a pas l'intention de revenir sur cette loi phare du 
quinquennat de François Hollande, comme il l'avait annoncé lors 
de sa campagne pour la présidence des Républicains.  
    "Il ne sera pas question de démarier les mariés et de 
revenir en arrière", écrit-il. "J'avais pensé à l'époque que les 
ambiguïtés de la loi Taubira sur certains points imposeraient 
une nouvelle rédaction. À la réflexion, je crains que le remède 
soit pire que le mal."  
    L'ex-chef de l'Etat revient également sur plusieurs épisodes 
qui ont marqué son quinquennat comme le "casse-toi pov'con" - 
"en agissant ainsi, j'ai abaissé la fonction présidentielle" - 
ou le séjour sur un yatch de Vincent Bolloré - "encore 
aujourd'hui je me demande comment j'ai pu commettre un tel 
impair". 
    Selon un sondage de l'institut réalisé les 19 et 20 janvier, 
plus de sept Français sur dix (72%), dont 60% des sympathisants 
de la droite et du centre, jugent que Nicolas Sarkozy "a fait 
son temps" et 64% qu'il est un handicap pour la droite. 
Cinquante-trois pour cent des sympathisants du centre et de la 
droite pensent le contraire. 
 
 (Marine Pennetier, édité par Jean-Philippe Lefief) 
 
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