France-Sarkozy et ses rivaux entrent dans le vif de la campagne

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    * L'ex-président a accéléré son calendrier 
    * Il tente de rattraper son retard sur Juppé 
    * Les autres candidats s'apprêtent à faire leur rentrée 
 
    par Simon Carraud 
    PARIS, 23 août (Reuters) - La déclaration de candidature de 
Nicolas Sarkozy marque le début des grandes manoeuvres à droite 
en vue de la primaire, dont on connaît désormais les principaux 
concurrents, et réveille des hostilités tenaces, même si chacun 
en appelle à la retenue. 
    Au moment où ses rivaux dans la course à l'investiture de la 
droite pour la présidentielle de 2017 préparent leur rentrée, 
l'ex-président a accéléré cette semaine son calendrier, fidèle à 
sa stratégie d'occupation de l'espace médiatique.   
    Le perdant de 2012 a fait son entrée en scène lundi, 
inauguré mardi son siège de campagne, publiera mercredi un 
nouvel ouvrage esquissant son programme présidentiel, puis 
tiendra jeudi son premier meeting dans les Bouches-du-Rhône. 
    Ce faisant, il est parvenu à créer l'événement à trois mois 
de la primaire de la droite et du centre, alors que les indices 
semés depuis son retour en politique, en 2014, ne laissaient 
aucun doute sur ses ambitions. 
    Craignant l'ombre, ses rivaux les plus sérieux tentent de 
minimiser cette annonce savamment orchestrée, qu'ils présentent 
comme le dénouement d'un faux suspense.  
    "Ce n'est pas un événement en soi", dit un proche de Bruno 
le Maire, qui apparaît pour l'heure comme le troisième homme 
dans les sondages. "On ne va pas se positionner par rapport aux 
idées des uns et des autres, ni adapter notre stratégie à la 
sortie d'un livre."  
    Dans son ouvrage intitulé "Tout pour la France", Nicolas 
Sarkozy affiche un positionnement dans la lignée de sa campagne 
de 2012, reposant sur des propositions d'inspiration droitière 
en matière d'immigration, de lutte contre la délinquance ou le 
terrorisme.   
     
    "HYSTÉRISATION" 
    Il promet par exemple de durcir les conditions de 
naturalisation, d'inscrire dans la loi des majorations 
automatiques de peines pour les récidivistes et d'ouvrir des 
centres de rétention pour les personnes fichées et "susceptibles 
de constituer une menace pour la sécurité nationale". 
    L'ancien chef de l'Etat multiplie par ailleurs les piques à 
l'adresse de ses adversaires, sans les nommer. 
    Dès le prologue, il juge malvenu le concept d'"identité 
heureuse" défendu par Alain Juppé et, quelques pages plus loin,  
   balaie l'hypothèse de gouverner par ordonnance, comme 
souhaite le propose Jean-François Copé. 
    "J'y ai retrouvé quasiment au mot près le programme de 
2007", a réagi mardi le maire de Meaux, interrogé par BFM TV. 
"Le plan de communication (de Nicolas Sarkozy) est exactement le 
même qui était celui de 2007 et il génère d'ailleurs (...) la 
même hystérisation du monde médiatique." 
    Désormais en pleine lumière, l'ex-chef de l'Etat mène aussi 
campagne en coulisse : ces derniers jours, il a constitué son 
équipe de campagne et obtenu le ralliement de plusieurs figures 
influentes des Républicains, comme Philippe Richert, président 
de la région Grand-Est, et Christian Jacob, chef de file de la 
formation à l'Assemblée nationale. 
    Le défi, pour lui, consiste à rattraper son retard sur Alain 
Juppé, inamovible favori des sondages depuis deux ans, avant la 
primaire des 20 et 27 novembre. 
    Selon un sondage Elabe pour BFM TV réalisé lundi et mardi, 
79% des Français ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy revienne 
à l'Elysée en 2017 et 54% des sympathisants de la droite et du 
centre partagent cet avis. 
     
    DERNIÈRE LIGNE DROITE 
    Selon cette même enquête, 67% des Français affichent une 
préférence pour Alain Juppé face à l'ancien chef de l'exécutif, 
de même que 53% des seules personnes se disant proches de la 
droite et du centre. 
    Pendant que Nicolas Sarkozy s'active, ses principaux 
concurrents s'apprêtent à amorcer à leur tour le virage vers la 
dernière ligne droite, un mois avant la publication de la liste 
définitive des candidats et le lancement de la campagne, le 21 
septembre officielle. 
    De retour de vacances, Alain Juppé fait sa rentrée politique 
ce week-end, avec un discours à Chatou, dans les Yvelines, en 
présence de plusieurs centaines de militants. Il répondra 
dimanche à une interview sur Europe 1 et iTELE. 
    Relégué au quatrième rang dans les intentions de vote, 
l'ex-Premier ministre François Fillon organise dimanche un 
"grand rassemblement" dans son fief de Sablé-sur-Sarthe 
(Sarthe). 
    Bruno le Maire multiplie les déplacements dans les villes 
balnéaires de l'Ouest et du Sud-Est avant de présenter le 
week-end du 17 septembre son "contrat de mandat". 
    A gauche, où les lames s'affûtent aussi en cette rentrée 
politique particulièrement précoce et active, on observe cette 
montée en puissance avec un mélange d'intérêt et de perplexité. 
    "Je note surtout que les idées de Nicolas Sarkozy, celles 
d'une droite dure et populiste, sont en train de l'emporter", 
déclare ainsi le Premier ministre, Manuel Valls, dans une 
interview à paraître cette semaine dans l'Express. "Et Alain 
Juppé ne résiste pas à cette surenchère." 
 
 (Edité par Emmanuel Jarry) 
 
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  • dbourge4 il y a 3 mois

    Sarkozy se prend pour Napoléon revenant de sainte Hélène. Sauf que Napoléon avait conscience d'avoir vieilli