France-Sarkozy et Juppé affichent une unité de façade

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* Juppé résiste à la pression des partisans de Sarkozy * Les deux hommes divergent sur la primaire, l'alliance au centre par Claude Canellas BORDEAUX, 22 novembre (Reuters) - Nicolas Sarkozy et Alain Juppé se sont efforcés samedi de donner une image d'unité, rapidement démentie par les huées réservées au maire de Bordeaux par les partisans de l'ex-chef de l'Etat, en campagne pour l'élection à la présidence de l'UMP. Nicolas Sarkozy avait choisi, à une semaine du vote des militants, de tenir meeting au bord de la Garonne, sur les terres de son principal rival pour l'investiture de l'UMP dans la perspective de l'élection présidentielle de 2017. Soucieux de ne pas apparaître comme des diviseurs de leur propre camp, les deux hommes sont montés ensemble à la tribune devant environ 4.000 personnes, dont beaucoup étaient venues des départements voisins. Alain Juppé a pris la parole le premier sous les cris de "Nicolas ! Nicolas !" L'ancien Premier ministre a commencé par un "cher Nicolas" et très vite abordé les sujets qui fâchent, dont sa volonté de promouvoir un rassemblement le plus large possible de la droite et du centre. "L'UMP a été constituée sur la base de l'union de la droite et du centre et je continuerai à militer pour ce rassemblement de la droite et du centre", a-t-il lancé, ce qui a déclenché les huées et les sifflets des partisans de Nicolas Sarkozy. Puis il a réaffirmé son souhait que la prochaine présidence de l'UMP organise une primaire ouverte, suscitant un nouveau chahut dans une grande partie de la salle. "Vous me connaissez, je ne me laisse pas pour ma part impressionner par des mouvements de foule !" a-t-il répliqué, jetant au passage une pierre dans le jardin de Nicolas Sarkozy. L'ex-chef de l'Etat a concédé il y a une semaine, sous la pression d'une salle de militants anti-mariage gay virulents, que la réécriture de la loi Taubira sur le mariage pour tous, qu'il préconise, revenait à une abrogation. LE "OUI MAIS" DE SARKOZY À UNE PRIMAIRE "Nous ferons des primaires ouvertes et je ferai tout pour que nous les organisions de façon transparente et efficace", a insisté Alain Juppé, visage sévère malgré les huées, avant que l'assistance se calme et finisse même par applaudir le reste d'un discours à la tonalité très présidentielle. Nicolas Sarkozy a pour sa part rappelé qu'il connaissait Alain Juppé depuis 1975 et fait valoir qu'avoir dans son camp un "homme de la qualité" de son ancien chef de la diplomatie était "un atout et non un problème". Si l'ex-chef de l'Etat conserve la préférence d'une majorité de militants UMP, le maire de Bordeaux jouit désormais d'une plus grande popularité dès que les enquêtes d'opinion dépassent les frontières du principal parti de droite français. Grand favori pour la présidence de l'UMP, à laquelle l'ancien ministre n'est pas candidat, Nicolas Sarkozy a redit sa volonté de fonder un parti qui "regroupe tous les talents". "Alain aura besoin de moi et j'aurais besoin de lui", a-t-il déclaré, tout en marquant sa différence sur la question de l'ouverture au centre et de la primaire. "Bien sûr que les primaires auront lieu. Mais ceux qui y participeront auront choisi d'adhérer aux valeurs qui sont les nôtres", a-t-il déclaré. Une façon de dire "non" à la "primaire ouverte" souhaitée par Alain Juppé Quant à l'alliance avec les centristes, elle ne pourra se faire qu'avec "un centre qui a choisi d'être avec nous, matin, midi et soir", a-t-il ajouté. Il a ensuite répondu aux questions d'une salle entièrement acquise à sa cause. Alain Juppé, qui avait prévu de s'éclipser, est en fin de compte resté jusqu'à la Marseillaise finale, conclue par une dernière poignée de mains entre les deux hommes. (Edité par Emmanuel Jarry)

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