France-Sarkozy, épicentre de la droite et de la gauche

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* La gauche l'intronise opposant numéro un * Ses rivaux à l'UMP minimisent son retour * L'ancien président attendu sur les idées par Sophie Louet PARIS, 17 septembre (Reuters) - Nicolas Sarkozy n'est encore rentré sur le ring politique qu'il cristallise déjà le débat à gauche et dans son camp, où ses adversaires tentent de contenir le "tsunami" annoncé en imposant les termes de la confrontation. En convoquant mardi dans sa déclaration de politique générale la figure de l'ancien président, Manuel Valls a installé le très probable candidat à la présidence de l'UMP dans le rôle de l'opposant en chef. ID:nL6N0RH51A Une échappée tactique et salutaire pour le Premier ministre, qui cherche à s'abstraire du tête-à-tête idéologique avec sa majorité, dont les ténors voient dans le retour de Nicolas Sarkozy une occasion de détourner l'attention des bisbilles internes au Parti socialiste. ID:nnL5N0RD2FQ Mais il s'agit aussi du premier acte de la compétition pour la présidentielle de 2017 que la faiblesse de François Hollande semble précipiter. Les prétendants à droite apprécieront, qui s'emploient depuis des semaines à minimiser le retour de Nicolas Sarkozy. Sa déclaration de candidature à la présidence de l'UMP serait imminente, vraisemblablement en fin de semaine après la conférence de presse du chef de l'Etat, selon des proches. Dans un registre musclé qu'on ne lui connaissait guère, Bruno Le Maire se dit prêt à en découdre avec Nicolas Sarkozy, sur le terrain des idées. "Un rouleau compresseur ne m'a jamais fait peur", a-t-il répété mercredi sur France Info. Le député, qui affrontera avec son collègue Hervé Mariton l'ancien président lors de l'élection interne du 29 novembre, propose deux débats télévisés avec ses rivaux. L'argument gagne en vigueur chez les "anti-Sarkozy" à l'UMP : "Une fois le coup de com' passé, il faudra que Sarkozy convainque sur le fond, et ça, c'est loin d'être gagné", déclare un député "filloniste". "ON NE CHANGE JAMAIS" Selon un sondage OpinionWay/Clai/LCI publié mardi, 64% des Français déclarent ne pas s'intéresser au retour de Nicolas Sarkozy, qui reste toutefois l'homme providentiel pour la majorité des sympathisants UMP. Un élu UMP raconte que nombre de ses administrés se hérissent à l'idée de renouer avec "le cirque". "Il va revenir avec des idées nouvelles, avec des attitudes nouvelles", assure l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. "Oui, Nicolas Sarkozy a changé, il a tiré les leçons de l'expérience du pouvoir, de ses échecs", veut croire son ex-ennemi intime Dominique de Villepin. François Fillon, qui s'efforce d'imposer sa marque pour la primaire à droite de 2016 malgré l'omniprésence de Nicolas Sarkozy et la popularité d'Alain Juppé, a mis en doute mercredi les capacités de renouvellement de l'homme de "la rupture". "J'ai toujours entendu dire qu'on ne changeait jamais. Personne, ni vous ni moi", a-t-il commenté sur RTL, avant d'attaquer l'ancien président sur le fond. L'ex-Premier ministre, qui a gouverné cinq ans aux côtés de Nicolas Sarkozy, a dénoncé son "réformisme prudent", reproche formulé aussi à l'endroit d'Alain Juppé, tout en concédant avoir cédé dans le passé à "la réforme tranquille". LES ENNEMIS DE L'INTÉRIEUR Désormais promoteur d'un programme économique ultra-libéral, avec notamment la suppression des 35 heures dans le secteur privé, François Fillon met au défi Nicolas Sarkozy de proposer des solutions audacieuses pour le redressement du pays. "Ce que j'entends, c'est qu'il ne veut pas toucher aux 35 heures, à l'âge de la retraite, au Code du travail...", a-t-il glissé. "Il y a un débat de fond, un débat presque idéologique que nous devons mener au sein de notre famille politique", a-t-il ajouté, prenant soin de ravaler Nicolas Sarkozy à un statut de concurrent "comme les autres", qu'il rencontrera prochainement. "La démocratie c'est aussi la compétition, ce n'est pas l'alignement, ce n'est pas l'organisation en bande, ce n'est pas la discipline avant l'imagination", a-t-il lancé, critiquant à demi-mot les tentatives de débauchage des sarkozystes dans ses rangs. Alain Juppé, qui au contraire de François Fillon entretient des relations cordiales avec Nicolas Sarkozy, a prévenu la semaine dernière dans Valeurs actuelles qu'il mènerait la compétition "sur des questions de fond, sans animosité contre quiconque". Nicolas Sarkozy, disent ses partisans, reviendrait sur "une ligne populaire" et "rassembleuse" à même d'épouser les idées du centre, que la campagne "droitière" de 2012 a convaincu de suivre sa propre destinée. L'idée d'une fusion avec l'UMP, dans le "big bang" annoncé par les fidèles de Nicolas Sarkozy pour contrer le Front national, est pour l'heure fermement rejetée à l'UDI. "C'est à se demander si Sarkozy n'a pas plus d'ennemis à l'intérieur", constate un cadre de l'UMP. (Edité par Yves Clarisse)

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  • M5441845 le mercredi 17 sept 2014 à 19:35

    Si 2017 est un match Valls, Sarko, Marine, on va se demander ou est passé la gauche. Le candidat de gauche sera le plus a droite de la gauche, le candidat de droite, le plus a droite de la droite, et le FN. Les idées de gauche sont elles durablement mortes ou Mélenchon va t'il enfin dépasser les 10%? On a quand même l'impression que Hollande n'existe même plus...

  • M5441845 le mercredi 17 sept 2014 à 19:30

    M5579611, sauf que quand on voit ou en est la France a mi mandat de son successeur, le bilan de Sarkozy apparait moins catastrophique que ne le sera celui de Hollande.. Sous Sarkozy la France allait mal mais moins mal que ses voisins, maintenant la France est nettement en dessous de la moyenne en Europe...

  • M7361806 le mercredi 17 sept 2014 à 19:18

    COPPE : le fossoyeur de l'UMP ne doit pas participer au débat

  • M5579611 le mercredi 17 sept 2014 à 18:54

    L'astuce est ailleurs: Sarkosy veut des primaires ouvertes aux seuls membres de l'UMP, qui sont naturellement plus à droite et chassent les voix du FN. Les autres veulent des primaires démocratiquement ouvertes à tous, avec si possible un candidat représentant les centristes. Cette dernière configuration n'étant guère favorable à Sarkosy auquel on remémorera son catastrophique bilan.