France-Sarkozy entendu par les juges sur Bygmalion

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 (Actualisé avec motif convocation) 
    PARIS, 16 février (Reuters) - Nicolas Sarkozy a été convoqué 
mardi au pôle financier du parquet de Paris en vue de sa mise en 
examen par les juges en charge de l'affaire Bygmalion, a-t-on 
appris de source judiciaire. 
    Mais cela ne veut pas dire que l'ancien chef de l'Etat sera 
mis en examen car les juges peuvent se contenter de le placer 
sous le statut de témoin assisté, a-t-on ajouté. 
    Nicolas Sarkozy, qui est arrivé en début de matinée au pôle 
financier, est entendu sur le financement de sa campagne 
électorale pour la présidentielle de 2012. 
    L'enquête porte sur des fausses factures présumées émises 
pour un montant de 18 millions d'euros par la société Bygmalion 
pour couvrir des dépassements du budget de la campagne de 
Nicolas Sarkozy. 
    Le parquet de Paris a élargi le 26 octobre l'enquête à 
d'autres dépenses de l'ex-UMP, d'un montant de 13,5 millions 
d'euros. 
    Quatre acteurs de la campagne de l'ancien chef de l'Etat en 
2012 ont été mis en examen en janvier dans ce volet, dont le 
trésorier et le directeur de campagne Philippe Briand et 
Guillaume Lambert, déjà en examen dans le dossier Bygmalion. 
    Dans le dossier Bygmalion, outre Philippe Briand et 
Guillaume Lambert, les deux experts-comptables de la campagne de 
2012 ainsi que deux autres responsables de cette campagne ont 
été mis en examen : Jérôme Lavrilleux, ex-directeur adjoint de 
la campagne, et Philippe Blanchetier, conseiller juridique. 
    Trois ex-cadres de l'UMP --l'ancien directeur général Eric 
Cesari, l'ancien directeur de la communication Pierre Chassat et 
Fabienne Liadzé, ex-directrice des affaires financières--, et 
quatre anciens cadres de la société Bygmalion --Bastien Millot, 
Guy Alvès, Franck Attal et Sébastien Borivent--, ont également 
été mis en examen dans ce dossier. 
     
    SARKOZY DIT N'AVOIR PAS CONNU BYGMALION 
    Jérôme Lavrilleux, à l'origine des révélations sur cette 
affaire, a affirmé que la décision de mettre en place une double 
comptabilité avait été prise avec quatre autres responsables de 
l'UMP et de la société et dédouané Jean-François Copé et, dans 
un premier temps, Nicolas Sarkozy. 
    L'instruction, initialement ouverte pour faux, usage de 
faux, abus de confiance, tentative d'escroquerie et complicité 
et recel de ces délits, a été étendue fin novembre au délit de 
financement illégal de campagne électorale. 
    Dans son livre confession publié fin janvier, La France pour 
la vie, Nicolas Sarkozy assure avoir tout ignoré de Bygmalion et 
de ses pratiques. 
    "Là encore, on aura sans doute du mal à le croire, c'est 
pourtant, je le jure, la stricte vérité : je ne connaissais rien 
de cette société jusqu'à ce que le scandale éclate", écrit-il. 
    Les responsables de Bygmalion étaient des proches de 
l'ancien président de l'UMP Jean-François Copé, qui a été 
entendu la semaine passée comme témoin assisté dans cette 
affaire.   
    En octobre dernier, Jérôme Lavrilleux, a accusé l'ancien 
chef de l'Etat de "se défausser" et de ne pas "assumer" sa 
responsabilité dans le système de fausses factures mis au jour 
dans le financement de sa campagne. 
    Dans une interview à L'Obs, le député européen, ancien 
directeur de cabinet de Jean-François Copé, estimait que Nicolas 
Sarkozy, entendu en septembre dans l'enquête, a adopté "un 
système de défense voué à un échec total". 
   "Oui, les comptes ont débordé de tous les côtés. Il n'y a que 
Nicolas Sarkozy pour dire dans sa déposition que cette affaire 
ne concerne pas sa campagne. C'est un système de défense voué à 
un échec total. Il adopte le même dans toutes les affaires où il 
est entendu : c'est pas moi, c'est l'autre", déclarait Jérôme 
Lavrilleux. 
 
 (Yann Le Guernigou et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • vmcfb le mardi 16 fév 2016 à 11:02

    Que Justice passe, et rapidement (inutile d'en faire une affaire politique).

  • Xophe3 le mardi 16 fév 2016 à 11:00

    Le code électoral punit d’un an d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende tout candidat ayant «dépassé le plafond des dépenses électorales» ou déclaré des «éléments comptables sciemment minorés».