France-Sarkozy entame la reconstruction de l'UMP

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* Avec 29% de votants, Le Maire a une clef de l'unité de l'UMP * Le Maire assure ne pas vouloir de poste pour lui-même * Juppé et Fillon restent sur la réserve * Sarkozy mardi devant le groupe UMP de l'Assemblée * Premier bureau politique avec Sarkozy mercredi (Avec informations supplémentaires, commentaires) PARIS, 1er décembre (Reuters) - Tout juste de retour à la tête de l'UMP, Nicolas Sarkozy a entamé lundi les travaux préparatoires à la reconstruction du principal parti de la droite française, ébranlé par deux ans et demi de guerres des chefs et d'affaires politico-judiciaires. L'ancien chef de l'Etat et son ex-challenger pour la présidence du parti, Bruno Le Maire, ont affiché leur volonté d'unité en faisant savoir qu'ils iraient ensemble le 9 décembre au congrès de la CDU allemande à Cologne. L'idée d'un "comité des anciens Premiers ministres" UMP, lancée dimanche par Nicolas Sarkozy sous couvert de l'aider dans sa tache, s'est en revanche heurtée à une fin de non recevoir des principaux intéressés, Alain Juppé et François Fillon. Elu ce week-end avec 64,5% de suffrages des militants, l'ex-chef de l'Etat retrouve la présidence d'un parti dont il avait fait entre 2004 et 2007 un instrument de conquête de l'Elysée. Nicolas Sarkozy, qui ira mardi matin devant le groupe UMP de l'Assemblée, a enchaîné lundi les rendez-vous avec les ténors du parti. Il a ainsi reçu en premier Bruno Le Maire, qui l'a privé du plébiscite espéré en ralliant plus de 29% des voix. "Merci Bruno !" a lancé Nicolas Sarkozy en raccompagnant son ancien ministre de l'Agriculture, qui est reparti au volant de sa voiture sans faire de déclaration mais souriant. L'entourage de Bruno Le Maire assure que l'entretien a été "très amical". "Il a confirmé que l'unité de leur famille politique était sa priorité absolue et qu'il mettrait ses 29% au service de cette unité", a dit à Reuters un de ses proches. "Il a également confirmé qu'il ne voulait aucune responsabilité pour lui-même." Et surtout pas de responsabilité dans l'organisation de l'UMP, ce qui reviendrait à accepter de mettre en oeuvre un programme qu'il a combattu, souligne-t-on dans son entourage. Bruno Le Maire a néanmoins accepté d'être le représentant de l'UMP au sommet du Parti populaire européen (PPE) en décembre. Les deux hommes sont aussi convenus que des parlementaires et des élus locaux qui ont soutenu l'ancien ministre auraient des responsabilités politiques, sans préciser combien ni à quel poste, ajoute-t-on de même source. PIÈGE POLITIQUE Une des conditions posées par Bruno Le Maire est que le parti ne fasse pas payer leur soutien à ses partisans. Bien qu'il ne soit pas à ce jour candidat à l'investiture de l'UMP pour la présidentielle de 2017, il demande par ailleurs un calendrier clair pour l'organisation d'une primaire ouverte - de préférence en octobre ou novembre 2016. Redevenu chef de l'opposition de droite deux ans et demi après sa défaite à la présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy est confronté au défi du rassemblement d'un parti sous le choc de l'affaire des fausses factures présumées de la société Bygmalion, dans laquelle sont impliqués d'ex-proches. Il veut faire de son retour à la tête de l'UMP un tremplin pour la présidentielle de 2017 mais a affaire cette fois à des rivaux déterminés à contester sa prééminence. Alain Juppé et François Fillon se sont ainsi efforcés de déjouer le piège politique qu'il leur a tendu en proposant la constitution d'un "comité des anciens premiers ministres UMP". "Je souhaite d'abord savoir ce qu'on me propose, avant de dire oui ou non", a déclaré à des journalistes le maire de Bordeaux, son principal rival pour l'investiture de l'UMP, que Nicolas Sarkozy recevra mercredi à déjeuner. "Ce que je souhaite c'est aider mais de façon réelle, pas dans un comité de chapeaux à plumes qui ne servirait à rien", a ajouté Alain Juppé. Ses proches et ceux de François Fillon rappellent que le bureau politique de l'UMP, dont les ex-Premiers ministres sont membres de droit, constitue "la seule instance de gouvernance légitime" du parti et qu'une nouvelle instance est inutile. François Fillon, dont les relations avec l'ex-chef de l'Etat sont devenues exécrables, sera reçu par ce dernier mardi après-midi et compte participer à une première réunion du bureau politique sous présidence de Nicolas Sarkozy mercredi. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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