France-Sarkozy en orbite vers la primaire avec un projet pour 2017

le
0
    * Le président des Républicains en passe d'être candidat 
    * Le parti adopte un programme pour 2017 
    * Plusieurs candidats à la primaire aux abonnés absents 
    * Fillon, présent, plaide pour "une compétition loyale" 
    * Sarkozy fustige les mauvais joueurs 
 
    par Sophie Louet 
    PARIS, 2 juillet (Reuters) - Les Républicains ont mis samedi 
sur orbite présidentielle Nicolas Sarkozy en adoptant "un projet 
d'alternance" pour 2017 lors d'un ultime conseil national avant 
la primaire qui, sous couvert d'unité, a ravivé les hostilités 
internes. 
    C'est en l'absence de son principal rival pour 
l'investiture, Alain Juppé, que l'ancien chef de l'Etat a 
annoncé à mots couverts sa démission prochaine de la présidence 
du parti pour se lancer officiellement dans la compétition. 
    "Ce conseil national sera mon dernier en tant que président 
des Républicains", a-t-il lancé devant les cadres de LR. 
    "Cette primaire, ça sera le temps de la concurrence entre de 
fortes personnalités, entre des talents incontestables", a-t-il 
dit en présence de François Fillon, seul candidat à assister à 
son allocution avec Hervé Mariton et Nadine Morano. 
    Il a toutefois appelé au respect entre les concurrents :   
"Quand la droite va au combat, elle doit se battre sur le front 
de la gauche et le front de l'extrême droite, c'est pour cela 
qu'il est inacceptable que l'on s'attaque entre nous." 
    Le président des Républicains n'a eu de cesse de se poser en 
garant de l'union de sa famille politique alors qu'Alain Juppé, 
toujours favori des sondages malgré une érosion de sa cote de 
confiance à droite, a ostensiblement fait bande à part. 
    Le maire de Bordeaux, qui avait subi les sifflets de 
militants sarkozystes lors du congrès fondateur des Républicains 
le 30 mai 2015, a assisté en figurant à une petite partie du 
conseil samedi matin, comme décalé dans un rassemblement marqué 
de l'empreinte de son initiateur. Il ne s'est pas exprimé à la 
tribune et a quitté le conseil après le déjeuner sans attendre 
le vote du projet et l'allocution de Nicolas Sarkozy. 
     
    "C'EST PLUS FACILE D'ÊTRE SUR LE TROTTOIR" 
    Après un tête-à-tête d'une dizaine de minutes avec le 
président de LR, il s'était en outre éclipsé dans un bar voisin 
pour parler Europe avec une dizaine de jeunes militants. 
    Une manière de souligner son indépendance et de "garder  s a 
liberté d'action et de proposition" face à une "confusion 
regrettable", a-t-il dit, "entre Nicolas Sarkozy président des 
Républicains et Nicolas Sarkozy en campagne pour la primaire". 
    Nicolas Sarkozy n'a pas apprécié, qui a fustigé les absents 
dans son discours de clôture : "C'est plus facile d'être sur le 
trottoir et de parler à quelques journalistes, c'est moins 
facile d'être au milieu des siens." 
    Les "juppéistes" expliquaient avoir choisi l'abstention 
plutôt que l'absentéisme pour marquer leur différence. 
    "C'est plutôt le projet de Nicolas Sarkozy. Je ne vais pas 
demander à Nicolas Sarkozy ou à ses proches de voter le projet 
d'Alain Juppé. L'inverse est donc vrai", a justifié le député 
"juppéiste" Benoist Apparu auprès de journalistes. 
    Bruno Le Maire, désormais "troisième homme" des sondages, a 
lui boycotté la réunion du "parlement" de LR, préférant 
s'exprimer aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence.      
    Là encore, Nicolas Sarkozy s'est montré cinglant avec son 
ancien ministre : "Quand on était ensemble au gouvernement, il y 
en a assez peu qui m'ont dit : 'Je t'en supplie, je veux sortir 
tant je suis en désaccord!'" 
       
    360 PAGES DE PROPOSITIONS 
    Le projet du parti, plus de 360 pages d'un corpus de 
propositions prônant notamment "un contre-choc fiscal" dès 2017, 
100 milliards d'euros d'économies sur cinq ans, le 
rétablissement des peines planchers et leur extension aux 
récidivistes, ainsi qu'une politique d'immigration restrictive, 
a été adopté à une écrasante majorité par les membres du parti, 
qui ont levé un carton bleu pour exprimer leur accord. 
    Seuls 14 cartons rouges se sont levés dans la salle. Un élu 
juppéiste a ironisé sur des méthodes "nord-coréennes". 
    Nadine Morano a voté pour, Hervé Mariton, qui a regretté des 
"demi-mesures", a voté contre, Alain Juppé, François Fillon, 
Jean-François Copé n'ont pas pris part au vote. 
    "Toutes les contributions sont utiles dans la bataille des 
idées qui va s'engager. Maintenant chacun puisera ou non son 
inspiration dans ce document", a dit François Fillon qui a 
appelé à une primaire "franche et loyale" dans un discours 
applaudi. 
    La droite "qui s'assume" s'est donc fait entendre haut et 
fort, avec des nuances, en Laurent Wauquiez, Eric Ciotti, 
Jean-François Copé ou Nadine Morano, très applaudie et de 
nouveau en cour auprès de Nicolas Sarkozy après avoir été 
écartée pour avoir qualifié la France de pays de "race blanche". 
    "Nous ne voulons pas passer notre temps à nous excuser des 
valeurs de la droite", a lancé à la tribune le numéro deux du 
parti, Laurent Wauquiez, héraut de la ligne "droitière". 
    "Pourquoi vouloir séduire une gauche qui de toute façon ne 
votera jamais pour vous?", a répété Jean-François Copé, qui joue 
désormais, non sans égratignures, la coexistence pacifique avec 
Nicolas Sarkozy, alors qu'Alain Juppé expliquait lors de son 
aparté avec des jeunes vouloir "rassembler largement". 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant