France-Sarkozy en examen pour ses comptes de campagne 2012

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 (Actualisé avec peine encourue §7) 
    PARIS, 16 février (Reuters) - Nicolas Sarkozy a été mis en 
examen mardi dans l'enquête sur le financement de sa campagne 
présidentielle de 2012, a annoncé le parquet de Paris dans un 
communiqué. 
    L'ancien président devra répondre du chef de financement 
illégal de campagne électorale pour avoir, en qualité de 
candidat, dépassé le plafond légal de dépenses électorales, ce 
qui risque de contrecarrer ses ambitions pour 2017.  
    Entendu pendant une dizaine d'heures, Nicolas Sarkozy a par 
ailleurs été placé sous le statut de témoin assisté pour les 
chefs d'usage de faux, escroquerie et abus de confiance, précise 
le parquet.  
    Peu après l'annonce de sa mise examen, l'avocat de l'ex-chef 
de l'Etat, Thierry Herzog, s'est présenté devant les 
journalistes pour expliquer qu'il allait déposer des recours et 
faire part de sa "satisfaction". 
    "Aucun fait lié au dossier dit Bygmalion n'est reproché au 
président Sarkozy", a-t-il dit. 
    "Le juge d'instruction a considéré que l'infraction formelle 
de dépassement du compte électoral qu'il avait signé était 
constituée et il n'a été mis en examen que de ce chef. C'est 
donc une satisfaction", a également déclaré Thierry Herzog. 
    Le chef de financement illégal de campagne électorale est 
passible d'une peine de 3.750 euros d'amende et d'un an de 
prison. 
    L'enquête portait à l'origine sur des fausses factures 
présumées émises pour un montant de 18 millions d'euros par la 
société Bygmalion pour couvrir des dépassements du budget de la 
campagne 2012. 
    Elle a été élargie en octobre à d'autres dépenses de 
l'ex-UMP, d'un montant de 13,5 millions d'euros. 
    Ce nouvel épisode judiciaire intervient au plus mauvais 
moment pour le président des Républicains, à la peine dans les 
sondages et contesté dans son camp comme a pu le confirmer le 
Conseil national du parti le week-end dernier.   
    "La chasse au Sarko est ouverte, il a déjà pris quelques 
plombs ce week-end", a lâché dans la journée un député LR. 
     
    "DONNÉE EXOGÈNE" 
    L'ancien président, qui a concédé que sa participation à la 
primaire de la droite et du centre de novembre n'était ni 
"obligatoire" ni "automatique", n'a toujours pas fait connaître 
ses intentions. 
    "Au fond, cela devrait être un parcours initiatique obligé 
pour toute personne aspirant à exercer les responsabilités du 
pouvoir de se retrouver, un jour, dans la peau du 'gibier', 
c'est-à-dire de celui qui, quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse, 
devient à un instant donné coupable, forcément coupable", 
écrit-il ans "La France pour la vie", le livre qu'il a publié 
fin janvier. 
    Un argumentaire sur "la présomption de culpabilité" 
qu'entendent encore ses partisans, la base militante de LR, mais 
qui ne porte guère au-delà. 
    Sur France 2, le 4 février dernier, Nicolas Sarkozy avait de 
nouveau protesté de son innocence en prenant à témoin les 
Français : "Quand on dit que ma campagne s'est emballée, c'est 
faux. (...) Je dis aux Français, 'Jamais je n'ai trahi votre 
confiance'". 
    "Si j'avais le moindre doute sur le sujet, je ne serais pas 
revenu", avait-il ajouté. 
    Dans l'entourage d'Alain Juppé, qui surclasse ses 
concurrents dans les sondages, on se refuse à tirer le moindre 
enseignement et le moindre profit de l'événement. 
    "C'est une donnée exogène. On n'en espère rien. On a envie 
de gagner à la loyale", assure-t-on. 
    Jean-François Copé, qui est entré dans la course après que 
les juges n'eurent retenu aucun élément à son encontre dans le 
dossier Bygmalion, avait déclaré dimanche soir : "Je n'aurais 
pas considéré pouvoir être candidat si j'avais été mis en 
examen." 
 
 (Gérard Bon, Simon Carraud et Sophie Louet, édité par Myriam 
Rivet) 
 
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