France-Sarkozy, dernier inventaire avant confrontation

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    * Il préside samedi le conseil national des Républicains 
    * Le "projet d'alternance" pour 2017 soumis au vote 
    * Une démonstration de force avant la primaire 
    * Juppé, dont la cote s'érode à droite, sera présent 
 
    par Sophie Louet 
    PARIS, 29 juin (Reuters) - Nicolas Sarkozy scelle samedi le 
dernier acte majeur de son mandat à la tête des Républicains 
avant la primaire en présidant à l'adoption du projet du parti 
pour 2017, une démonstration de force doublée d'une embellie 
dans les sondages. 
    C'est un "non-candidat" remonté à bloc qui se prépare au 
rassemblement de la Mutualité, là même où il avait annoncé le 
soir de sa défaite face à François Hollande, le 6 mai 2012, son 
retrait -- en pointillés -- de la vie politique. 
    A plus de quatre mois de la primaire, le scénario, décrié 
par ses adversaires qui s'irritent d'un mélange des genres, se 
déroule selon ses voeux. 
    "Il a remis sa famille politique en ordre de marche, ça a 
été long, mais il engrange les fruits petit à petit", résume un 
député "sarkozyste". 
    Il lui restera ensuite à quitter ses fonctions à la tête du 
parti, d'ici au 26 août, et de se lancer dans la campagne 
officielle pour l'investiture présidentielle à droite. 
    Le "Brexit" a redonné du tonus à Nicolas Sarkozy, témoignent 
des proches, même si ses prises de position sur la refondation 
du projet européen -- avec un ralliement tardif à l'hypothèse 
d'un référendum sur un nouveau traité qu'il rejetait il y a peu 
encore -- l'ont exposé à un tir de barrage de son camp. 
    "Girouette" pour François Fillon, "agitation" pour Bruno Le 
Maire, opportunisme pour les soutiens d'Alain Juppé qui 
avertissait récemment dans Le Monde : "Il y a des moments 
historiques où les hommes d'Etat ne sont pas faits pour suivre 
l'opinion. Ils sont là pour la guider". 
     
    JUPPÉ DÉCROCHE 
    Nicolas Sarkozy n'en a cure, "qui trace sa route avec 
constance", souligne son entourage. 
    "Quand vous préparez une compétition comme l'Euro ou les 
Jeux olympiques, ce qui est important c'est d'être en forme le 
jour de la finale. Nicolas Sarkozy est dans son couloir, c'est 
un sportif de haut niveau, et il se prépare pour la 
compétition", aime à répéter son conseiller Luc Chatel. 
    Le candidat en devenir amorce donc l'offensive contre son 
principal rival, Alain Juppé. 
    Il l'a précédé mercredi à Londres auprès des militants LR 
lors d'un déplacement éclair au cours duquel il s'est voulu "à 
la hauteur des géants qui ont su refonder l'Europe". Le maire de 
Bordeaux est attendu lundi dans la capitale britannique. 
    "Il n'y en a pas un qui parle fort et qui a raison et 
l'autre moins", commente-t-on dans l'entourage d'Alain Juppé. 
    L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, qui avait déjà 
boycotté le discours de clôture de Nicolas Sarkozy lors du 
précédent conseil national de février, sera présent samedi matin 
puis au déjeuner, a précisé son entourage. L'allocution du 
président de LR est prévue à 16h00. 
    Les sifflets du congrès fondateur des Républicains, le 30 
mai 2015, sont encore dans les mémoires des juppéistes mais une 
absence de leur champion constituerait une erreur tactique pour 
le candidat "rassembleur", qui plus est au moment où sa cote 
s'érode notablement auprès de la base militante.  
    Fin mai, deux enquêtes Ipsos et BVA montraient une remontée 
de sept et dix points de Nicolas Sarkozy auprès des électeurs de 
droite alors que la primaire, à en croire les sondages, reste 
promise à Alain Juppé, personnalité politique plébiscitée par 
les Français. Ce dernier décroche de 14 points auprès des 
sympathisants LR dans le baromètre TNS-Sofres de juin, alors que 
Nicolas Sarkozy, qui mise sur le noyau dur de ses partisans pour 
la primaire, en gagne 17.   
     
    "UNE BASE MILITANTE CHAUFFÉE À BLANC" 
    "Il y a une base militante chauffée à blanc, ils sont 
combien, 100.000? Ce n'est pas le comportement de 100.000 
personnes qui va déterminer le comportement de 12 millions 
d'autres", réplique un membre de l'équipe d'Alain Juppé. 
    Un autre membre relativise : "Il n'y a aucune raison de 
penser que les électeurs de droite se déplaceront moins que ceux 
de gauche à la primaire socialiste de 2011 (2,7 millions de 
votants au premier tour, 2,9 millions au second-NDLR) ou que 
ceux pour un candidat le feront plus que les autres." 
    "Celle qui dirigeait le PS n'a pas gagné, ni celui qui était 
plus à gauche, il y a peut-être des leçons à en tirer", 
ajoute-t-il en visant Nicolas Sarkozy et sa droite qui 
"s'assume". 
    "La différence se fera sur la personnalité et la 
crédibilité, et sur ces deux critères-là, pour l'instant, c'est 
nous qui avons l'avantage", souligne-t-il. 
    François Fillon, qui dispute la troisième place à Bruno Le 
Maire dans les sondages pour la primaire, sera également présent 
samedi, mais pas le député de l'Eure, qui a préféré s'exprimer 
aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence sur le thème : "La 
France dans le monde, avec ou sans l'Europe". 
    Les prétendants à l'investiture ont d'ores et déjà prévenu 
qu'ils se sentaient pas liés par le corpus de propositions qui 
sera soumis au vote et porte la marque de leur inspirateur. "Moi 
ça m'engage", souligne Nicolas Sarkozy qui entend ainsi parfaire 
son image de pacificateur. 
    "Le juge de paix, ce sera la primaire", affirme un élu 
proche de Bruno Le Maire. 
 
 (Emile Picy, édité par Yves Clarisse) 
 
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