France-Sarkozy défend un projet "collectif" pour isoler ses rivaux

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    * Les militants des Républicains trancheront en avril 
    * Un projet à droite, centré sur la "Nation" 
    * Tensions et divisions persistent 
 
    par Sophie Louet 
    PARIS, 14 février (Reuters) - Nicolas Sarkozy, confronté à 
une adversité grandissante dans son camp, a présenté dimanche 
les lignes de force, très à droite, de son projet présidentiel 
dont il entend imposer la légitimité "démocratique" à ses rivaux 
pour la primaire de novembre. 
    Le président des Républicains a eu beau jeu de se poser en 
garant du "rassemblement" alors que ses principaux adversaires, 
Alain Juppé, François Fillon et Bruno Le Maire, avaient choisi 
de se manifester par leur absence au dernier jour du Conseil 
national du parti, après une apparition samedi. 
    L'unité de la "famille" était de tous les discours, mais les 
attaques cinglantes ou voilées ont de nouveau révélé l'état de 
tension du parti à l'approche de la primaire. Les rumeurs d'une 
entrée en lice de Jean-François Copé, dont les relations avec 
Nicolas Sarkozy se sont dégradées depuis les premiers remous de 
l'affaire Bygmalion, ajoutaient à la tiédeur de l'atmosphère. 
    L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a bien tenté 
de jouer les pacificateurs, comme à l'habitude, pour calmer les 
écuries concurrentes mais Nicolas Sarkozy l'a rabroué. 
    "Si on est déchirés au premier tour, comment on va arriver 
au quatrième? Faisons en sorte que les primaires ne soient pas 
un processus d'exclusion", a lancé le sénateur de la Vienne en 
liant les deux tours de la primaire à ceux de la présidentielle. 
    "J'ai compris, je m'étais aperçu qu'il y avait quatre 
tours", a répliqué Nicolas Sarkozy lors de son discours. 
    "Au premier tour tu rassembles tes amis, au deuxième tu 
rassembles ta famille, au troisième tu rassembles tous les 
Français de la droite et du centre, au quatrième tu rassembles 
tout le monde!», a-t-il ajouté. 
    "Ce n'est pas au moment où le Front national est au niveau 
électoral que l'on sait que la moindre division entre nous 
serait acceptable. () On peut tout me demander, mais pas d'être 
le président de la division", a souligné Nicolas Sarkozy. 
    Avant lui, Laurent Wauquiez, numéro deux du parti et tenant 
d'une ligne droitière, avait interpellé à mots couverts Alain 
Juppé, au zénith dans les sondages, sur son projet jugé par trop 
modéré. 
     
    "PARTI DE LA NATION" 
    Si la droite devient «une pâle copie de la gauche », a-t-il 
déclaré, «ce chemin n'amènera que de nouvelles trahisons ». "Il 
peut permettre de caracoler dans les sondages », mais « c'est un 
nouveau chemin d'indignité », a-t-il lancé. 
    Une virulence qui a fait dire à Jean-Pierre Raffarin, dans 
une allusion ironique au récent remaniement gouvernemental, que 
Laurent Wauquiez pourrait être « ministre de la Fraternité ». 
    Le nouveau président d'Auvergne-Rhône-Alpes avait auparavant 
prononcé un discours, très applaudi, aux accents nationalistes. 
    "Ce n'est pas à la République de s'adapter aux étrangers, 
c'est aux étrangers de s'adapter à la République", a-t-il lancé. 
    Les propositions de Nicolas Sarkozy empruntaient à un ton 
moins "clivant", selon l'expression de Jean-Pierre Raffarin, 
mais traçaient la même ligne, déjà esquissée par les conventions 
thématiques du parti et le livre de l'ancien président. 
    "Les Républicains veulent être le parti de la Nation 
française", a-t-il dit. 
    Retour de l'ordre républicain, refondation du modèle social, 
"baisse massive des charges" pour les entreprises, fin de la 
"fiscalité confiscatoire", "extinction des régimes spéciaux de 
retraite", rétablissement des peines planchers, "neutralité 
religieuse" dans les lieux publics et l'entreprise : Nicolas 
Sarkozy a exposé ses principaux credos, sans mesures nouvelles. 
    Réaffirmant son refus de tout accord avec le FN, il a plaidé 
pour le "respect de l'identité nationale" face à l'immigration. 
    "Les racines chrétiennes de la France ne sont pas un 
obstacle à l'assimilation" mais elles ne doivent pas être 
"victimes d'une immigration sans limite ou d'un communautarisme 
qui n'a pas sa place dans la République", a-t-il dit. 
    "Les Républicains ont vocation à définir et à porter un 
projet collectif et ambitieux", a dit Nicolas Sarkozy. 
    Ce texte sera transmis lundi aux fédérations, qui auront le 
loisir de l'amender. Le projet révisé sera ensuite soumis en 
mars au bureau politique, qui pourra à son tour le modifier. Il 
sera tranché in fine par un vote des militants en avril. 
    "C'est un choix sans retour pour nous", a martelé le 
président de LR, comme un défi à ses rivaux qui ont d'ores et 
déjà prévenu qu'ils ne s'estimaient pas liés par ce corpus. 
 
 
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