France-Sarkozy défend sa vision économique contre les "comptables"

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    * Baisse des dépenses publiques et des impôts simultanée 
    * 100 milliards d'euros d'économies sur cinq ans 
    * Baisse de 10% de l'impôt sur le revenu 
    * L'entreprise, "alpha et omega" du programme 
 
    par Sophie Louet 
    PARIS, 30 mars (Reuters) - Nicolas Sarkozy a détaillé 
mercredi son programme économique pour 2017, un "contrat de 
redressement" pour rapprocher la part des dépenses publiques de 
la France autour de 50% du PIB via 100 milliards d'euros 
d'économies sur cinq ans et 25 milliards d'euros de baisses 
d'impôts. 
    Alain Juppé, favori de la primaire d'investiture de la 
droite des 20 et 27 novembre, présentant son programme le 11 mai 
dans un livre, le président des Républicains, dont la 
candidature est toujours en suspens, se positionne en champion 
de l'entreprise, "l'alpha et l'omega" de l'économie française 
face à "la bombe atomique des six millions de chômeurs". 
    L'ancien président a fait son entrée mercredi dans le cercle 
fermé des "influenceurs" du réseau social professionnel 
LinkedIn, aux côtés de Barack Obama ou Emmanuel Macron. Il s'y 
exprimera sur les sujets économiques et numériques en invitant 
les utilisateurs à formuler avis et suggestions. 
    "Nous ne sommes pas des comptables, nous sommes des 
responsables politiques qui devons imaginer une politique 
économique avec une vision", a-t-il plaidé lors d'une réunion 
des Républicains sur les dépenses publiques et la fiscalité. 
    "La vision comptable (...) consisterait à attendre que les 
économies produisent des effets pour gager des baisses d'impôts. 
Ça, c'est dans monde idéal, où la parole publique a encore du 
poids et que la croissance est naturellement chez nous", a-t-il 
poursuivi en visant ses rivaux Alain Juppé et François Fillon. 
    "Le but que nous avons, ce n'est pas de faire mourir la 
France guérie", a-t-il souligné en opposant son "orthodoxie 
optimiste" à l'orthodoxie sacrificielle en cour à droite. 
    Avec pour priorité l'allègement du poids de la dépense 
publique dans le PIB (56,8% en 2015), Nicolas Sarkozy veut 
entreprendre "ce qui n'a jamais été fait en France" : faire 
voter simultanément par le Parlement, dès juillet 2017, les 
mesures de baisse des prélèvements obligatoires, d'économies de 
dépenses publiques et "la vraie réforme du marché du travail". 
     
    DÉPART À LA RETRAITE À 63 ANS EN 2020 
    Avec son équipe, dont l'ancien ministre du Budget Eric 
Woerth, il table sur quelque 100 milliards d'euros d'économies 
entre 2017 et 2022 "jusqu'à ce que la France soit à un niveau de 
dépense publique proche de celui de ses partenaires européens". 
    La reprise du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux 
partant à la retraite permettrait, selon les calculs de LR, sept 
milliards d'économies avec la suppression de 300.000 postes en 
cinq ans; 12,7 milliards seraient économisés en portant de 35 
heures à 37 heures payées 37 le temps de travail dans la 
fonction publique d'Etat, qui seraient financées par la 
non-revalorisation du point d'indice et "la remise à plat des 
mesures catégorielles" décidées sous François Hollande. 
    La relance de la révision des politiques et structures 
publiques dégagerait 25 milliards d'euros d'économies. 
    Les Républicains ambitionnent en outre une refonte en 
profondeur de la protection sociale en maîtrisant notamment le 
taux de progression des dépenses d'assurance maladie à +1,75% 
par an (22 milliards d'économies estimées), un accroissement 
progressif de l'âge de départ à la retraite (63 ans en 2020, 64 
ans en 2025) pour une économie estimée de plus de 13 milliards. 
    "On décidera début juillet 2017 que les conditions pour 
partir à la retraite dans le public et le privé seront les 
mêmes", a encore dit Nicolas Sarkozy sous les applaudissements 
en promettant la suppression des régimes spéciaux.  
    Le "contre-choc fiscal" de plus de 25 milliards d'euros déjà 
annoncé par l'ancien président, qui concède l'échec du "bouclier 
fiscal", ciblerait les charges patronales, l'impôt de solidarité 
sur la fortune qui serait supprimé et l'impôt sur le revenu dont 
toutes les tranches baisseraient de 10%.  L5N172453  
    "Les classes moyennes sont le coeur de la cible économique 
pour nous", a dit le président de LR. 
    "Au sein de la droite, on a une convergence objective, très 
forte pour redresser le pays. On n'a pas de schisme 
programmatique. Le primaire se jouera sur la crédibilité", 
commente un membre de l'entourage d'Alain Juppé. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • M2266292 le jeudi 31 mar 2016 à 08:10

    Combien a t'il gaspillé quand il était au pouvoir?

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