France-Sarkozy accorde un sursis à une Morano inflexible

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* L'élue maintient ses propos sur la "race blanche" * Confrontation tendue lors du bureau politique * L'investiture de Morano aux régionales retirée mercredi ? (Actualisé avec Sarkozy, bureau politique, contexte) PARIS, 6 octobre (Reuters) - Nadine Morano, condamnée par Nicolas Sarkozy pour avoir parlé de la France comme d'un pays "de race blanche", devrait selon toute vraisemblance être évincée mercredi de la campagne des Républicains pour les élections régionales, une sanction qui ne fait pas l'unanimité au sein de la formation d'opposition. L'élue européenne, qui dénonce "une cabale politique et médiatique" pour "une évidence de bon sens", a refusé mardi de présenter les excuses réclamées par le président de LR lors d'une réunion houleuse du bureau politique, où Jean-François Copé, ex-président de l'UMP, a pris sa défense, ont rapporté des participants. Nicolas Sarkozy a donné jusqu'à mercredi à l'élue pour retirer ses propos dans une lettre, a-t-on précisé. Mais l'inflexibilité de l'ancienne ministre, qui répète ne pas avoir commis de faute, risque de sceller son sort. Mercredi après-midi, la Commission nationale d'investiture (CNI) du parti devrait lui retirer la tête de liste en Meurthe-et-Moselle pour les élections régionales des 6 et 13 décembre. Nadine Morano, qui est vice-présidente de la CNI, a annoncé sur France 2 qu'elle serait mercredi à Strasbourg pour les interventions d'Angela Merkel et François Hollande devant le Parlement européen. "J'ai dit 'La France est un pays de race blanche', je n'ai pas dit 'Les Français sont de race blanche'. Je sais que la communauté nationale est composée de tous ses habitants, quelle que soit leur couleur de peau, leur origine, leur histoire, leur croyance ou leur non croyance d'ailleurs", a-t-elle plaidé. "L'affaire Morano", embarrassante pour Nicolas Sarkozy, qui se prévaut d'avoir ramené l'unité au sein du parti d'opposition, est loin d'être close : des élus dénoncent en privé un "acharnement" contre ce bon soldat de la Sarkozie et s'inquiètent des effets de sa mise à l'écart sur un électorat prompt à défendre "Nadine". "C'EST STUPIDE, FAUX ET GÊNANT" L'ancienne ministre assure avoir reçu des "milliers" de messages de soutien, messages qui parviendraient également au siège des Républicains. Outre l'ancien Premier ministre François Fillon, qui s'est refusé à participer à un "procès en sorcellerie", Jean-Pierre Raffarin, autre ancien Premier ministre, a affirmé mardi sur Europe 1 qu'il n'était pas "un coupeur de têtes". "La question pour les élections est de savoir si, oui ou non, Nadine Morano accepte la charte des Républicains, notre ligne politique", a-t-il ajouté. Lors de la réunion du groupe Les Républicains à l'Assemblée, mardi matin, Nicolas Sarkozy a de nouveau étrillé celle qui fut parmi les plus zélés de ses soutiens. "La France n'est pas une race. Le dire, ce n'est pas une opinion, c'est une bêtise", a-t-il dit aux députés, selon un participant. "C'est stupide, faux et gênant." Nadine Morano, qui juge avoir été traitée de façon "indigne" lors du retour en politique de Nicolas Sarkozy en septembre 2014, a réaffirmé mardi sa loyauté à l'ancien président, dont l'entourage convient qu'il "ne supporte plus" l'élue. "Je fais partie de ceux qui ne lui ont jamais manqué, dans les moments les plus durs où il était cloué au pilori. Après, il fera ce qu'il voudra", a-t-elle dit sur France 2, des propos réitérés en bureau politique. Un cadre du parti souligne que Nicolas Sarkozy n'avait guère le choix, les centristes de l'UDI et du MoDem ayant menacé de faire exploser la liste de rassemblement dans le Grand Est. (Sophie Louet avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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  • M7403983 le mardi 6 oct 2015 à 20:56

    C'est bien triste que dans une même famille de pensée, hommes et femmes ne parviennent pas à s'entendre ... Dans une entreprise, imaginez vous ce scénario ?