France-Saisie d'une villa de la famille Sassou Nguesso

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PARIS, 29 septembre (Reuters) - Une villa appartenant à un membre de la famille de Denis Sassou Nguesso, chef de l'Etat congolais, a été saisie par la justice française au Vésinet (Yvelines), dans l'enquête sur les biens dits "mal acquis", a-t-on appris mardi de source judiciaire. Selon une source proche du dossier, qui confirmait une information d'iTELE, un appartement a également été saisi. Il s'agit des premières saisies immobilières visant la famille de ce chef d'Etat, indique Me William Bourdon, avocat de Transparency International France, à l'origine de l'enquête. "Ces hypothèques judiciaires, s'agissant de mesures très lourdes, n'ont été possibles que parce que les investigations financières approfondies des juges ont établi de façon certaine un lien direct avec différents membres de la famille Sassou Nguesso", a-t-il dit à Reuters. "Le chapitre Sassou Nguesso est en train de s'accélérer", a-t-il ajouté. Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, qui représente l'Etat congolais, n'était pas joignable dans l'immédiat. Denis Sassou Nguesso a annoncé la semaine dernière l'organisation d'un référendum sur une révision de la Constitution qui lui permettrait de briguer un troisième mandat l'an prochain. Agé de 71 ans, il a dirigé le Congo pendant 32, en deux périodes séparées. En visite à Paris en avril 2013, il avait appelé la justice française à ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures des autres pays. Fin 2008, l'association Transparency International France a déposé une plainte avec constitution de partie civile visant trois chefs d'Etats africains et certaines personnes de leur entourage. Une information judiciaire a été ouverte par la suite, après validation de la procédure en novembre 2010 par la Cour de cassation. Les juges chargés de ce dossier enquêtent sur les conditions dans lesquelles Denis Sassou Nguesso (Congo), Teodoro Obiang (Guinée équatoriale), et le défunt président gabonais Omar Bongo ont acquis un important patrimoine immobilier et mobilier en France. Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale, a été mis en examen en mars 2014 dans cette affaire. En juin 2013, la justice française a rejeté des recours de la Guinée équatoriale visant à faire annuler tout un pan de l'enquête sur l'affaire dite des "biens mal acquis". (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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