France-Russie : quand l'arme de l'humiliation ne marche pas

le
1
Vladimir Poutine et François Hollande, lors des cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement, en juin 2014. 
Vladimir Poutine et François Hollande, lors des cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement, en juin 2014. 

D'interminables bruissements se sont fait entendre autour de la venue annoncée de Vladimir Poutine à Paris. Ils se sont intensifiés dès lors que le projet français de résolution sur la Syrie a été déposé devant le Conseil de sécurité de l'ONU pour essuyer finalement un veto russe. Ils ont trouvé leur aboutissement dans une nouvelle occasion manquée de dire et de faire, lorsque le maître du Kremlin a lui-même annoncé le report de sa visite.

Bien étrange agitation au demeurant, vaine tempête qui nous renseigne douloureusement sur les dérives ordinaires de la diplomatie post-bipolaire. L'art diplomatique a sa fonction dans un monde de conflits, ses règles et ses raisons. Il fut inventé au fil du temps, mais institutionnalisé au moment où l'Europe était régulièrement frappée de guerres intestines et d'une incessante compétition interétatique que l'ordre westphalien avait conçu sans la moindre retenue.

La diplomatie était là, non pas pour parader ni s'afficher, mais tout simplement pour réduire les conflits les plus intenses et gérer les tensions les plus graves. L'usage de la force ne disparaissait point, mais combinait habilement le travail du soldat et celui du diplomate. Il en fut ainsi jusqu'en 1989 : même dans les moments les plus durs de la Gguerre froide le jeu se perpétuait.

La punition ou la tasse de thé

Avec la fin de la bipolarité, on a assisté à une...

Lire la suite sur Le Point.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • mlcbnb il y a 8 mois

    faire une proposition à l'ONU en ne discutant même pas au préalable le projet avec la Russie n'est pas très diplomate. Ceci ressemble plus à vouloir se donner bonne conscience. Alep est un amas de pierres. Ne valait-il pas mieux évacuer sous escorte ceux qui ne voulaient pas rester à Alep, pour laisser ces quelques quartiers aux mains des russes. Une chose est certaine, soit l'arsenal dans la ville était énorme, soit des tunnels existent, si aucun ravitaillement n'a été opéré depuis août..