France-Rupture de canalisation à l'usine Altéo de Gardanne

le , mis à jour à 19:18
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 (Répétition titre) 
    MARSEILLE, 10 mars (Reuters) - Une rupture de 
canalisation de soude et de bauxite s'est produite dans l'usine 
d'alumine Altéo de Gardanne (Bouches-du-Rhône), un incident jugé 
"sans gravité" par la direction du site qui est sous pression 
des défenseurs de l'environnement pour ses rejets de déchets au 
coeur du parc national des Calanques. 
    La rupture de la canalisation, qui s'est produite dans la 
nuit de mardi à mercredi, n'a fait aucun blessé, a annoncé la 
préfecture des Bouches-du-Rhône jeudi dans un communiqué. 
    Des relevés ont été réalisés jeudi pour "mesurer l'impact de 
la pollution" et une enquête de gendarmerie a été diligentée par 
le parquet d'Aix-en-Provence pour déterminer les causes. 
    "Un panache de projections de ces produits, d'abord 
circonscrit à l'usine, a été par la suite relevé sur une 
quinzaine d'hectares à proximité, se traduisant par des dépôts 
de cristaux blanchâtres", a souligné la préfecture. 
    Un arrêté préfectoral doit en urgence permettre la 
vérification de toutes les canalisations de l'usine.  
    Une cellule de suivi a été installée en mairie de Gardanne, 
notamment pour coordonner les opérations de nettoyage qui ont 
été engagées par la direction d'Altéo. 
    L'industriel a évoqué un "accident sans gravité" qui n'a pas 
eu "d'impact environnemental avéré". 
    "Néanmoins, des embruns pouvant contenir de la soude sont 
sortis du périmètre du site, provoquant localement un dépôt de 
couleur blanche", a-t-il indiqué dans un communiqué. 
    Le préfet a autorisé fin décembre Altéo à poursuivre 
l'exploitation du site de Gardanne et permis, pour six ans, le 
rejet dans la mer d'effluents aqueux dépassant les seuils 
réglementaires.  
    Cette décision a été désapprouvée par la ministre de 
l'Ecologie Ségolène Royal, mais a été confortée fin février par 
le tribunal administratif de Marseille.  
    Selon l'industriel, une nouvelle station de traitement des 
eaux a permis depuis novembre de cesser définitivement le rejet 
de boues rouges en mer.  
    L'usine d'alumine, qui représente 440 emplois directs et 300 
indirects, bénéficiait depuis 1966 du droit de rejeter les 
résidus solides du traitement de la bauxite à une profondeur de 
320 mètres dans un canyon marin au coeur du parc national.  
    Le groupe, propriété depuis 2012 du fonds d'investissement 
américain HIG, a déversé 20 millions de tonnes de boues rouges 
sur plus de 2.000 km2 de fonds marins.  
 
 (Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse) 
 
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