France-Royal prête à prolonger la vie des centrales nucléaires

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    * EDF souhaite faire passer cette durée de 40 à 50 ans 
    * Royal y est favorable, sous réserve de l'avis de l'ASN 
    * EELV dénonce "l'aveuglement" du gouvernement 
 
 (Actualisé avec réactions) 
    PARIS, 28 février (Reuters) - La ministre de l'Energie, 
Ségolène Royal, a déclaré dimanche qu'elle était prête à donner 
son feu vert au prolongement de dix ans de la vie des centrales 
nucléaires françaises, sous réserve d'un avis positif de 
l'autorité de sûreté nucléaire (ASN).  
    A la question de savoir si elle accéderait à la demande 
d'EDF  EDF.PA  de porter la durée de vie de ses réacteurs de 40 
à 50 ans, elle a répondu : "Oui, je suis prête à donner ce feu 
vert, sous réserve bien évidemment de l'avis de l'Autorité de 
sûreté nucléaire". 
    "Pourquoi ? Parce que les Français ont beaucoup investi 
pendant des années sur les réacteurs nucléaires", a-t-elle dit 
sur France 3.  
    "Si l'Autorité de sûreté nucléaire donne son feu vert, oui, 
je donnerai l'autorisation de prolongation de dix ans de 
centrales, qui sont déjà amorties donc qui produiront une 
électricité à meilleur marché".  
    Cette prolongation, a insisté Ségolène Royal, s'inscrirait 
dans le cadre de la loi sur la transition énergétique adoptée 
l'an dernier et qui prévoit de réduire la part du nucléaire de 
75% à 50% dans la production d'électricité à horizon 2025.  
    Le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, avait annoncé mi-février 
que l'État avait donné son accord pour que son groupe modernise 
"le parc actuel de façon à ce que la durée de vie qui a été 
conçue pour 40 ans, [soit montée] à 50 et 60 ans, sous réserve 
que la sécurité nucléaire soit garantie".  
    L'enjeu financier est considérable pour le groupe français 
dans la mesure où un amortissement de ses centrales françaises 
sur une durée plus longue que 40 ans aurait mécaniquement pour 
effet d'améliorer ses comptes.   
    Dans son rapport annuel publié début février, la Cour des 
comptes a estimé que la loi sur la transition énergétique 
risquait d'obliger EDF à fermer un tiers de ses 58 réacteurs 
nucléaires français à l'horizon 2025. 
     
    EELV DÉNONCE UNE "CONCESSION" AU LOBBY DU NUCLÉAIRE 
    "J'apprends que Ségolène Royal met à mort la loi de 
transition énergétique en prolongeant les centrales nucléaires 
de dix ans. L'écologie, c'est fini", a rapidement réagi sur son 
compte Twitter le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les 
Verts (EELV), David Cormand.  
    Dans un communiqué publié peu de temps après, le parti 
écologiste dénonce une "nouvelle concession au lobby du 
nucléaire". 
    "Le nucléaire est, rappelons le, une énergie dangereuse, 
elle est désormais de surcroît une énergie chère et périmée, 
dont la France est désormais otage faute d'avoir pris le 
tournant du solaire et de l'éolien", écrit EELV.  
    "L'aveuglement du gouvernement est patent : au vu de la 
vétusté des centrales nucléaires, leur prolongation et mise aux 
normes représenteraient une immense gabegie financière et 
menaceraient clairement la santé et la survie d'une entreprise 
comme EDF." 
    Contacté par Reuters, le directeur de l'Observatoire du 
nucléaire, Stéphane Lhomme, a exprimé ses doutes quant à la 
capacité d'EDF à financer la rénovation de ses réacteurs. 
    "La réalité c'est que l'état des réacteurs nucléaires est de 
plus en plus dégradé  et qu'EDF est au bord de la faillite dans 
le sillage d'Areva", a-t-il dit. "EDF ne va pas avoir les moyens 
de rénover les 58 réacteurs et les dirigeants vont devoir se 
résoudre à fermer un certain nombre de réacteurs pour ces 
raisons." 
 
 (Marine Pennetier, avec Claude Canellas à Bordeaux, édité par 
Marc Angrand) 
 

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