France-Royal menace de poursuites quatre élus du Sud-Ouest

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    BORDEAUX, 13 avril (Reuters) - Ségolène Royal menace de 
poursuites judiciaires quatre élus du Sud-Ouest qui l'ont, selon 
elle, mise en cause après la révélation d'un audit sur les 
comptes de l'ex-Région Poitou-Charentes qu'elle a présidée de 
2004 à 2014. 
    "Madame Ségolène Royal me remet un dossier faisant 
apparaître que vous avez tenu à son égard des propos 
susceptibles de donner lieu à des poursuites judiciaires", 
peut-on lire dans un courriel envoyé lundi par l'avocat de la 
ministre de l'Environnement et révélé par le journal Sud-Ouest. 
    Le président du Conseil départemental de Charente-Maritime 
et ancien ministre Dominique Bussereau (Les Républicains), a 
confirmé sur son compte Twitter avoir reçu ce courriel. 
    "J'ai reçu un mail d'intimidation de l'avocat de Ségolène 
Royal", a-t-il déclaré en utilisant un ton ironique. "Pris de 
panique je suis réfugié à Montréal." 
    Sont également visés Florent Boudié, député LR et 
porte-parole de la nouvelle région 
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC), Olivier Chartier 
(LR), président de la Commission des finances de la région, et 
Frédéric Neveu, premier adjoint au maire (LR) de Saintes 
(Charente-Maritime). 
    L'audit du cabinet Ernst&Young présenté la semaine dernière 
à la commission des finances de la Région ALPC a confirmé l'état 
dégradé des finances de l'ancienne région Poitou-Charentes 
présidée par le socialiste Jean-François Macaire depuis avril 
2014 qui avait succédé à Ségolène Royal devenue ministre. 
     
    "DIFFAMATOIRE" 
    Au mois de février, le président PS de la Région ALPC, Alain 
Rousset, avait révélé que Poitou-Charentes avaient laissé 132 
millions d'euros d'impayés. L'audit a confirmé "une forte 
dégradation des ratios financiers". 
    Ségolène Royal avait menacé vendredi dernier de poursuites 
judiciaires les personnes qui portent des accusations 
"diffamatoires" sur sa gestion passée des deniers publics à la 
tête de la région Poitou-Charentes et jugé qu'il s'agissait de 
méthodes dignes des "Etats totalitaires".   
    Frédéric Neveu avait écrit sur son compte Twitter : "Pour 
Ségolène Royal, ce n'est pas un Panama Papers mais un 'Poitou 
Papers' : moins exotique mais préjudiciable !".  
    "La menace de poursuites judiciaires est une forme 
d'intimidation assez déplorable qui ne doit freiner ni notre 
volonté de transparence, ni le travail de redressement des 
comptes", a déclaré Florent Boudié dans un communiqué où il 
continue à parler "gestion non maîtrisée". 
    "Il sera difficile, pour qui que ce soit, d'engager des 
poursuites judiciaires contre un taux d'épargne net proche de 0% 
et une capacité de désendettement de plus de 14 ans", a-t-il 
ajouté. "La Chambre régionale des comptes est saisie. Elle 
rendra ses premières conclusions dans les prochains mois. C'est 
aux magistrats des comptes, et à eux seuls, de procéder à toutes 
les auditions et à toutes les vérifications pour qualifier les 
faits et décider, le cas échéant, des conséquences 
juridictionnelles prévues par la loi." 
 
 (Claude Canellas, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M4993780 il y a 12 mois

    il y a plus de chance que ce type de probleme devienne public si l'audit est externe...

  • M7097610 il y a 12 mois

    au lieu de payer Ernst et Young, ils auraient pu saisir la chambre régionale des comptes qui fait ce même travail gratuitement

  • dotcom1 il y a 12 mois

    Pas de quoi fouetter un portique Eco-Mouv'

  • a.lauver il y a 12 mois

    L'avocat de Royal viendra t-il avec le dossier Heuliez sous le bras? :o)