France-Royal juge les négociations sur le climat "inadaptées"

le , mis à jour à 08:50
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* Critiques à six mois de la conférence climat à Paris * Session de négociations intermédiaires à Bonn ce lundi * Royal appelle à un changement de méthode PARIS, 1er juin (Reuters) - Les négociations menées sous l'égide des Nations unies en vue de la COP21 sont "totalement inadaptées" à l'urgence climatique, estime lundi la ministre française de l'Ecologie Ségolène Royal qui dénonce le "folklore" des négociateurs et réclame un changement de cadre avant le sommet de Paris en décembre. Les représentants de 195 pays sont engagés dans une course contre la montre pour conclure un accord politique sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour limiter à 2°C le réchauffement climatique par rapport à l'ère pré-industrielle ID:nL5N0YM0Q2 . A six mois de l'échéance, une session de négociations se tient ce lundi à Bonn, en Allemagne, pour affiner un texte de 89 pages dont la version finale sera soumise à la fin de l'année aux délégués réunis dans la capitale française. Pour Ségolène Royal, qui chapeaute la COP21 avec le chef de la diplomatie Laurent Fabius, la méthode appliquée actuellement n'est pas la bonne et fait courir le risque d'aboutir à un nouvel échec après celui de Copenhague en 2009. "Les négociations de l'Onu sont totalement inadaptées à l'urgence climatique", estime la numéro trois du gouvernement dans une interview publiée lundi sur le site du Monde. "En privé, tout le monde le dit, tout le monde en est parfaitement conscient, mais la lourdeur du processus est tel qu'il se poursuit comme si de rien n'était." "Pourtant, lorsqu'il y a une urgence dans une entreprise, on se met à négocier sans attendre un rendez-vous institutionnel un an plus tard ! Ce décalage entre la procédure onusienne et l'urgence climatique commence à poser un réel problème et à exaspérer les pays les plus fortement victimes du dérèglement climatique", ajoute-t-elle. CROCHETS ET MOTS CROISES En cause selon elle, la professionnalisation des négociateurs de l'Onu qui empêcherait toute avancée. "Il ne faut pas stopper les négociations onusiennes, mais il faut que Bonn obéisse à des instructions politiques des chefs d'Etat et de gouvernement", indique-t-elle. "Sinon, les négociateurs, qui sont là depuis 15, voire 20 ans, vont continuer leur folklore. Vous retrouvez des centaines de personnes devant leur ordinateur, en train de discuter un point du texte entre crochets ou de jouer aux mots croisés !" "Il faut changer de méthode : mettre sur la table un document rassemblant les engagements des pays les plus en avance, comme ceux de l'Union européenne, et demander aux Etats qui ne sont pas d'accord de s'exprimer", ajoute-t-elle. "Cela changerait les choses parce que les pays ne voudront pas apparaître comme ceux qui ont fait échouer le sommet de Paris." Dans une interview à Reuters en mai, Laurent Fabius a estimé que le monde n'avait jamais été aussi proche d'un accord universel sans précédent sur la lutte contre le réchauffement climatique tout en reconnaissant qu'il restait de nombreux obstacles à surmonter avant le sommet de Paris ID:nL5N0YF0HE . Les Etats-Unis et la Chine, qui font partie des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre du monde, restent notamment opposés à tout accord général juridiquement contraignant, comme le souhaitent de nombreux pays en voie de développement. (Marine Pennetier, édité par Tangi Salaün)

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