France-Risques de coupures d'électricité en cas de grand froid

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 (Actualisé avec conférence et précisions) 
    PARIS, 8 novembre (Reuters) - La sécurité 
d'approvisionnement électrique de l'hiver 2016-2017 en France 
s'annonce "plus délicate" à assurer que lors des hivers 
précédents en raison de l'indisponibilité de plusieurs sites de 
production nucléaire, selon des prévisions présentées mardi par 
RTE. 
    Le gestionnaire des lignes à haute tension françaises, 
filiale à 100% d'EDF  EDF.PA , a précisé qu'il prévoyait en cas 
de vagues de froid importantes et durables des "solutions 
exceptionnelles" incluant en dernier recours des délestages, 
c'est-à-dire des arrêts volontaires d'approvisionnement de 
certains consommateurs. 
    Les mesures envisagées doivent permettre d'éviter des pannes 
de courant, notamment aux moments les plus tendus de la journée 
(le matin entre 8h et 13h et le soir entre 18h et 20h en jours 
ouvrés), l'importance du chauffage électrique en France rendant 
sa consommation très sensible aux vagues de froid. 
    Avant d'éventuels délestages, RTE prévoit dans un premier 
temps l'interruption de la consommation de 21 sites 
électro-intensifs volontaires et des baisses de tension, 
potentiellement décidées dès lors que les températures seraient 
inférieures de 3°C aux normales saisonnières.  
    RTE a souligné que la disponibilité du parc nucléaire 
français était "historiquement basse" et atteignait son niveau 
le plus faible depuis dix ans, avec l'équivalent de 9 réacteurs 
à l'arrêt en moyenne pendant l'hiver, dont 13 en décembre et 9 
début janvier 2017. 
    Pour le seul mois de décembre, le parc nucléaire accuse un 
recul de 10.000 mégawatts (MW) par rapport à décembre 2015. 
    Cette situation résulte de maintenances prolongées de façon 
exceptionnelle par EDF et des contrôles sur certains réacteurs 
exigés par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). 
    "L'analyse que mène RTE conduit à placer cet hiver sous 
forte vigilance", a déclaré lors d'une conférence de presse 
Jean-Paul Roubin, directeur de l'exploitation. 
     
    "DES MOMENTS DE TENSION" 
    "Si l'hiver qui vient est à conditions météorologiques 
normales, c'est-à-dire que (...) les températures sont conformes 
aux normales saisonnières, il n'y a pas de difficulté 
particulière à assurer l'alimentation en électricité de la 
France", a-t-il indiqué. 
    "Si nous sommes confrontés à une vague de froid (...), si 
nous sommes confrontés à une baisse de la disponibilité de la 
production installée en France par rapport au niveau annoncé 
aujourd'hui (...), si nous sommes confrontés à une limitation 
des importations d'électricité depuis l'étranger (...), nous 
pourrions rencontrer éventuellement des moments de tension."     
        
    Les périodes de tensions potentielles identifiées par RTE se 
situent mi-décembre, début et fin janvier, et début février. 
    Le développement des énergies renouvelables, des capacités 
d'importation et des économies d'énergie, va toutefois permettre 
de compenser en partie la baisse globale de production des sites 
nucléaires. 
    RTE estime ainsi que les capacités du parc éolien et 
photovoltaïque ont progressé de 12% en un an et que les lignes 
transfrontalières permettront d'importer jusqu'à 12.200 MW 
d'électricité produite à l'étranger, le niveau prévu étant 
plutôt de l'ordre de 7.000 à 9.000 MW en cas de vague de froid. 
    L'entreprise souligne également qu'elle a la possibilité de 
baisser le tension du réseau de 5%, ce qui réduirait la 
consommation de 4.000 MW, soit l'équivalent de la consommation 
du Grand Paris, sans interrompre l'alimentation électrique des 
Français.    
    Les prix sur les marchés européens de l'électricité ont 
atteint ces dernières semaines des niveaux inégalés en raison 
des incertitudes sur le niveau de production du parc nucléaire 
français pendant l'hiver. 
    Les contrôles exigés par l'ASN, liés à la teneur en carbone 
de certaines parties des générateurs de vapeur de douze 
réacteurs, ont contraint EDF à annoncer jeudi le report du 
redémarrage de cinq d'entre eux et à revoir à la baisse ses 
prévisions annuelles pour la deuxième fois en quelques semaines. 
  
    Selon les données fournies par EDF et RTE, 18.400 MW, soit 
29,09% de la capacité de production d'électricité nucléaire de 
la France, étaient indisponibles mardi matin contre 11.100 MW un 
an plus tôt. 
    Sur les 58 réacteurs exploités par EDF en France, 18 sont 
arrêtés (dont 8 pour des contrôles sur les générateurs de vapeur 
demandés par l'ASN), contre 11 il y a un an. 
    "La disponibilité du parc de production est structurante et 
donc la capacité d'EDF à remettre sur le réseau des groupes qui 
sont actuellement en maintenance (...) et à avoir l'autorisation 
de l'ASN est vraiment très importante", a souligné Clotilde 
Levillain, directrice générale adjointe de RTE.  
     
    La synthèse de l'étude de RTE : 
    http://bit.ly/2fODYS7 
 
 (Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot) 
 

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