France-Risque financier toujours élevé avec le référendum GB-BdF

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    * Un Brexit aurait des conséquences financières et 
macroéconomiques 
    * BoE et BCE armées contre un potentiel risque de liquidité 
    * Les banques françaises pourraient rapatrier des activités 
 
    PARIS, 20 juin (Reuters) - Les risques pesant sur le système 
financier français restent élevés, l'issue du référendum 
britannique de jeudi sur le maintien ou non dans l'Union 
européenne étant susceptible de générer des turbulences 
financières qui se répercuteront sur les banques françaises, 
prévient lundi la Banque de France. 
    Dans son rapport semestriel sur l'évaluation des risques du 
système financier français, la banque centrale française 
souligne toutefois que la Banque d'Angleterre (BoE) et la Banque 
centrale européenne (BCE) disposent des instruments nécessaires 
pour contenir des potentielles tensions sur la liquidité 
consécutives à un éventuel "Brexit".  
    "Une forte dévaluation de la livre (...) dégraderait 
sensiblement, du point de vue des contreparties en zone euro, la 
valeur des actifs libellés dans cette monnaie. Elle pourrait 
engendrer des doutes sur la solidité d'intermédiaires 
systémiques qui pourraient entraîner des tensions sur la 
liquidité" et par conséquent affecter négativement les banques 
françaises, lit-on dans le rapport. 
    "Étant donné l'importance de la place de Londres dans le 
système financier, une sortie du Royaume-Uni de l'UE pourrait 
affecter à terme les banques françaises mais une réallocation 
des activités financières en Europe pourrait se dessiner", 
ajoute la Banque de France. 
    Ainsi, en cas de Brexit, les banques françaises pourraient 
rapatrier dans l'Hexagone certaines activités spécialisées 
gérées à l'heure actuelle dans leur filiale londonienne (project 
finance, shipping finance et, dans une moindre mesure, les 
activités de marchés, notamment sur les dérivés). 
    Elles pourraient également rediriger vers des contreparties 
européennes une partie de leur exposition à des contreparties 
britanniques - y compris les filiales britanniques de banques 
françaises - qui représentait un total de 228 milliards de 
dollars (environ 200 milliards d'euros) fin 2015.      
     Même si la prééminence des infrastructures de marché 
situées sur le territoire britannique ne devrait pas être 
entamée significativement par un éventuel Brexit, les activités 
de compensation sur produits en euro pourraient être rapatriées 
au sein de la zone euro, ajoute la Banque de France.  
     
    IMPACT SUR LA REPRISE ? 
    Les répercussions du résultat du scrutin britannique de 
jeudi se feront également sentir sur le plan macroéconomique. 
    Le scénario de reprise modérée de l'activité en France "est 
conditionné à très court terme par l'issue du référendum 
britannique (...) et ses éventuelles conséquences économiques et 
financières", observe la banque centrale française. 
    En cas de Brexit, l'incertitude risque de régner pendant les 
deux années dont disposera le Royaume-Uni pour négocier un 
accord de sortie de l'UE, qui seront marquées par une forte 
volatilité sur les marchés financiers britannique et européens 
et une dépréciation de la livre sterling et de l'euro, 
poursuit-elle. 
    A ce choc financier s'ajoutera ensuite un choc négatif de 
demande en provenance du Royaume-Uni. "Toutefois, selon nos 
évaluations, la baisse de l'activité due au seul impact 
commercial du retrait britannique serait limitée pour la France 
à long terme, même si la dépréciation anticipée de la livre 
sterling dans un scénario de sortie aurait un effet négatif sur 
la compétitivité-prix des exportations de la zone euro", note la 
Banque de France.          
    Trois sondages publiés le week-end dernier en 
Grande-Bretagne donnent le camp du maintien dans l'Union en tête 
devant celui du Brexit, mais l'incertitude reste totale sur le 
résultat.   
    Outre les aléas liés à la situation britannique, la Banque 
de France souligne que le système financier français est exposé 
aux risques de ralentissement des économies émergentes, ceux 
liés à l'environnement de taux d'intérêt bas et à la poursuite 
de la hausse de l'endettement des ménages et des entreprises.   
    Pour autant, "les risques pesant sur la stabilité financière 
en France restent maîtrisés dans un environnement 
macroéconomique et financier globalement dégradé", écrit-elle. 
 
 (Myriam Rivet, édité par Jean-Baptiste Vey) 
 

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