France-Réquisitoire d'Aubry contre Valls, Matignon tempère

le , mis à jour à 20:07
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    * "Trop, c'est trop", pour les signataires d'une tribune 
    * L'inventaire des "reculs" de l'exécutif 
    * Cette tribune "clarifie les camps", dit l'entourage de 
Valls 
 
 (Actualisé avec Aubry devant la presse) 
    PARIS, 24 février (Reuters) - Plusieurs personnalités de 
gauche, parmi lesquelles Martine Aubry, signent un réquisitoire 
contre la politique menée par François Hollande et Manuel Valls 
qui risque selon elles d'entraîner un "affaiblissement durable 
de la France". 
    "Trop, c'est trop", peut-on lire dans cette tribune parue 
mercredi dans Le Monde et signée entre autres par l'écologiste 
Daniel Cohn-Bendit, le socialiste Benoît Hamon, l'économiste 
Daniel Cohen et la maire de Lille. 
    Dans ce texte, les signataires dressent un inventaire des 
"reculs" imputés au gouvernement, du pacte de responsabilité au 
projet de réforme du Code du travail en passant par le "désolant 
débat sur la déchéance de nationalité".     
    En fin de journée devant la presse, Martine Aubry a enfoncé 
le clou contre le Premier ministre, dont elle a dénoncé les 
"vieilles recettes". "La gauche progressiste, la gauche moderne, 
c'est nous", a-t-elle dit. 
    A 14 mois de l'élection présidentielle où la candidature de 
François Hollande est incertaine, l'ancienne ministre a 
toutefois estimé que "le président de la République n'avait pas 
besoin d'aller dans une primaire."   
    Les signataires de la tribune du Monde évoquent des 
"désaccords mués en une grande inquiétude".  
    "Ce n'est plus simplement l'échec du quinquennat qui se 
profile, mais un affaiblissement durable de la France qui se 
prépare, et bien évidemment de la gauche, s'il n'est pas mis un 
coup d'arrêt à la chute dans laquelle nous sommes entraînés", 
peut-on aussi lire dans ce texte publié alors que François 
Hollande est absent de France toute la semaine pour cause de 
tournée en Polynésie et en Amérique de Sud. 
     
    "L'INDÉCENT DISCOURS DE MUNICH" 
    L'entourage de Manuel Valls a minimisé l'importance de la 
salve, qui a selon lui "le mérite de clarifier les camps, avec 
d'un côté une gauche aux responsabilités et de l'autre la 
tradition d'une gauche incantatoire, de l'indignation". 
    "Le texte rejette en bloc la politique de ce quinquennat", 
ajoute-t-on. "Il ne propose rien, ne fait qu'acter des 
désaccords et marquer une frontière jugée infranchissable par 
ses auteurs."  
    "Ceci n'apporte rien, je ne vois rien de positif", a déclaré 
le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie 
Le Guen, sur BFM TV. "Nous assumons ce que nous faisons au 
milieu des difficultés, on sait bien que tout n'est pas réussi, 
mais ce n'est pas en refusant de prendre ses responsabilités 
qu'on fait avancer la gauche." 
    Outre le pacte de responsabilité ou l'extension de la 
déchéance de nationalité contre lesquels une partie de la gauche 
s'était déjà dressée, les auteurs de la tribune reprochent à 
Manuel Valls d'avoir plaidé, lors d'un récent déplacement en 
Allemagne, pour une réduction du flux de réfugiés vers l'Europe. 
    "Par une regrettable accélération du temps, la semaine 
dernière, ce fut la meurtrissure de l'indécent discours de 
Munich, à propos des réfugiés. Se revendiquer d'une liberté de 
ton n'autorise pas tout", dénoncent-ils. 
    Le projet de loi de réforme du Code du travail, que doit 
présenter Myriam El Khomri en conseil des ministres du 9 mars, 
constitue à leurs yeux le dernier casus belli en date.     
    Ce texte "a provoqué non plus de la déception, mais de la 
colère !", fustigent les signataires. "C'est toute la 
construction des relations sociales de notre pays qui est mise à 
bas en renversant la hiérarchie des normes, et en privilégiant 
l'accord dans l'entreprise".   
    "Il n'y a ni vraie réforme ni social dans nombre de 
politiques qui sont menées depuis deux ans. On y trouve des 
propositions puisées dans le camp d'en face, qui n'ont rien de 
moderne, et qui sont inefficaces", ajoutent-ils. 
    L'avant-projet de loi de Myriam El Khomri, dont les grandes 
lignes ont été dévoilées la semaine dernière, a commencé à faire 
réagir les syndicats, réunis mardi soir pour réfléchir à une 
éventuelle riposte.    
 
 (Simon Carraud et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • bordo il y a 10 mois

    Si ceux-là sont contre, c'est plutôt bon signe.