France-Répit pour Lepaon, dont la démission est évoquée

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* La crédibilité de Lepaon mise en cause au sein de la CGT * Des dirigeants voudraient qu'il démissionne de lui-même * Seul le "parlement" de la CGT est habilité à le démettre (Avec détails sur la réunion, communiqué) PARIS, 5 décembre (Reuters) - De plus en plus contesté par ses troupes, le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a gagné un répit vendredi mais le mot démission a été prononcé lors de la réunion du bureau confédéral de l'organisation, a appris Reuters auprès d'un participant. Quatre des dix membres de l'instance dirigeante de la CGT ont demandé une réunion extraordinaire des secrétaires généraux des 33 fédérations et 96 unions départementales de la CGT -- son Parlement, seul habilité statutairement à démettre le numéro un. Cela leur a été refusé. Le bureau proposera bien de réunir les quelque 130 membres du Comité confédéral national (CCN) avant le 16 décembre "pour permettre le débat le plus large dans la CGT", annonce la centrale dans un communiqué. Mais "ça n'est pas un CCN extraordinaire. Ça sera juste un temps d'échange qui ne permettra pas de prendre des décisions", précise un membre de la direction confédérale. En revanche, un tiers des organisations représentées au sein du CCN peuvent demander une telle réunion extraordinaire et "il commence à y avoir des courriers en ce sens", a dit à Reuters un haut responsable cégétiste. Le communiqué précise que le bureau "a débattu de toutes les questions soulevées par la situation vécue par la CGT" mais assure qu'"aucun" de ses membres "n'a demandé la démission de Thierry Lepaon". Le mot "démission" a néanmoins été prononcé par plusieurs participants, a déclaré l'un d'eux à Reuters. "La question de la crédibilité du secrétaire général a été posée par plus de quatre membres", a précisé ce dirigeant. "Ils lui ont dit qu'il lui appartenait de prendre la décision dans l'intérêt de l'organisation." "Il a du mal à prendre la mesure de la situation, sinon il l'aurait déjà fait", a ajouté le même haut responsable. Mais à la fin des quatre heures de réunion, "il nous a dit : 'Aidez-moi à prendre la bonne décision'". "UNE FAUTE" Thierry Lepaon est apparu vendredi dans une vidéo diffusée sur le site internet de la CGT pour se féliciter que la centrale soit en tête des élections syndicales dans la fonction publique, alors que de plus en plus de voix s'élèvent dans la première organisation syndicale française pour demander son départ. Aux révélations sur les frais d'aménagement de son domicile et de son bureau s'est ajoutée l'indemnité de départ qu'il a touchée en 2013 quand il a quitté la tête du comité régional CGT de Normandie pour succéder à Bernard Thibault. "Il est clair que ça choque de plus en plus de monde", a confié à Reuters un dirigeant de fédération, pour qui la situation de Thierry Lepaon est "de plus en plus problématique". Jean-Pierre Mercier, délégué CGT de PSA, a publiquement souhaité sa démission : "Là, aujourd'hui, j'ai même pas envie de m'adresser à lui. Si j'étais vraiment obligé, je lui dirais que pour le bien de tous les militants d'entreprise, tous les syndiqués, qu'il laisse la place", a-t-il dit à RTL. Pour le secrétaire général de la Fédération de la construction, Serge Pléchot, interrogé par 20 minutes, "une faute sur (les) valeurs" de la CGT a été commise et "doit être corrigée (...) le plus rapidement possible". "Même s'il n'y a rien d'illégal, en terme d'éthique et de comportement, ce n'est pas admissible. Je pense qu'il n'a plus sa place dans l'organisation", a renchéri Rémy Picaud, de la fédération commerces et services de Paris, sur France Inter. "Beaucoup de militants le pensent aussi. Il vaudrait mieux qu'il démissionne (...) de lui-même. Il ne faut pas se cacher que l'organisation est en crise", a-t-il ajouté. La prochaine étape est la réunion, mardi, de la Commission exécutive confédérale (CEC) de la CGT, son "gouvernement", qui n'est pas non plus habilitée à démettre le secrétaire général. Elle entendra un rapport d'étape de la Commission financière de contrôle de la CGT, chargée début novembre par le CCN de faire la lumière sur d'éventuels "dysfonctionnements". Le Bureau confédéral fera alors des propositions "pour améliorer les procédures financières de la CGT", précise le communiqué de l'organisation. (Emmanuel Jarry, avec Gérard Bon, édité par Sophie Louet)


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  • ppetitj le vendredi 5 déc 2014 à 21:45

    Il aura prit l'argent a l'insu de son plein gré...Et le paon est débarqué...

  • dhote le vendredi 5 déc 2014 à 21:18

    Ils sont tous pareils et ils se permettent de juger les entreprises et les patrons...

  • janaliz le vendredi 5 déc 2014 à 14:48

    Je suppose qu'à Amiens on lui souhaitera bientôt : GOOD YEAR ! Enfin s'il part, on pourra enfin dire que le paon est le dindon de la farce !

  • M898407 le vendredi 5 déc 2014 à 14:14

    Lepaon talon est complètement décousu ! C'est la Chute Finale... pour ce ramassis de tricheurs et de fainéants qui détournent les subventions et cotisations au profit de quelques "représentants" privilégiés.

  • M8252219 le vendredi 5 déc 2014 à 13:41

    Première force syndicale pour couler les entreprises françaises comme la SNCM ou pour faire payer tous les français 1% de la facture EDF de chaque foyer va au comité d'entreprise d'EDF et pour prendre en otages tous les voyageurs par les grèves de la SNCF.La litanie de leurs nuisances est très longue ET LA CGT PRÉTEND DÉFENDRE LES FRANÇAIS.FAUX: ELLE ACCAPARE PAR LA NUISANCE des avantages pour quels que statuts spéciaux