France-Rentrée sociale en demi-teinte avant campagne électorale

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    * Une journée d'action en forme de baroud d'honneur 
    * FO souhaite reprendre son autonomie d'action 
    * Elections syndicales importantes à la fin de l'année 
 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 14 septembre (Reuters) - Les sept organisations 
syndicales et de jeunesse qui ont mené la bataille contre la loi 
Travail battront de nouveau jeudi le pavé mais le front syndical 
ne devrait pas perdurer au-delà de ce baroud d'honneur contre un 
texte promulgué cet été. 
    Ce rendez-vous, le 14e depuis le 9 mars, intervient avant 
des échéances électorales, tant du côté syndicale que politique, 
sur fond de menace terroriste, qui vont mobiliser les énergies. 
    "On va arrêter les rencontres de l'intersyndicale sur la loi 
Travail après le 15 septembre", a dit à Reuters Didier Porte, 
secrétaire confédéral de Force ouvrière (FO). "On pourra se 
revoir en cas d'imprévu mais on estime maintenant, à Force 
ouvrière, que chacun doit reprendre ses positions. La CGT a ses 
revendications et nous avons les nôtres." 
    Les syndicats vont notamment être très occupés dans les 
semaines à venir par les élections professionnelles dans les 
entreprises de moins de 11 salariés - un corps électoral de près 
de cinq millions de personnes - qui commencent le 28 novembre. 
    De leur résultat dépend en partie le rang des organisations 
représentatives lorsque la compilation de toutes les élections 
syndicales sera faite au printemps 2017, la CFDT, qui a soutenu 
la loi Travail, menaçant de détrôner la CGT à la première place. 
    CGT, FO, FSU et Solidaires, les syndicats étudiant et 
lycéens Unef, Fidl et Unl, demandent toujours l'abrogation de la 
loi El Khomri, qui donne notamment la primauté aux accords 
d'entreprise pour l'organisation du travail. 
    Selon la CGT, plus de 100 manifestations, défilés et 
rassemblements sont prévus jeudi en France. 
    La dernière journée "d'action" avant les vacances, le 5 
juillet, n'a mobilisé que quelques dizaines de milliers de  
manifestants dans tout le pays, Paris compris. Et les 
initiatives annoncées pour l'été n'ont guère suivies. 
     
    RECOURS JURIDIQUES 
    Les sept organisations sont en quête d'un nouveau souffle. 
Leurs numéros un, dont Philippe Martinez (CGT) et Jean-Claude 
Mailly (FO), ont promis de maintenir la pression, lors d'un 
meeting commun à Nantes, le 7 septembre.  
    Mais Jean-Claude Mailly, qui a aussi fait une apparition 
inédite à la fête du quotidien communiste l'Humanité, a estimé 
qu'il serait "plus compliqué" dans les mois à venir d'organiser 
des manifestations et qu'il fallait d'autres moyens de pression. 
    "Il y aura moins de monde, on le sait", jeudi, confiait-il 
la semaine dernière à La Provence. "On ne va pas insister, mais 
se battre autrement, juridiquement et par des veilles." 
    "La motivation des militants peut être émoussée mais ils 
n'acceptent pas pour autant cette loi", souligne Didier Porte. 
    FO entend notamment multiplier les recours juridiques contre 
les décrets d'application de la loi El Khomri, auprès du Conseil 
d'Etat et du Conseil constitutionnel, au niveau européen et 
auprès de l'Organisation internationale du travail. 
    "On va accentuer les recours juridique", a également déclaré 
récemment Philippe Martinez à Europe 1. 
    Mais FO et la CGT "n'ont pas forcément la même stratégie" 
dans ce domaine, estime Didier Porte. 
    Si le gouvernement est confronté à des dossiers sociaux 
électoralement sensibles, comme le chômage ou le sort du site 
Alstom de Belfort ( ), il se montre assez serein. 
    "Je ne crois pas à des mobilisations de grande ampleur quand 
on entre dans une période de primaire à droite et à gauche, 
d'élections présidentielle et législatives", confiait mardi à 
des journalistes le secrétaire d'Etat aux Transports. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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