France-Rencontre "historique" entre Hollande et les Kurdes syriens

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* Une délégation reçue par Hollande dimanche à Paris * Le PYD demande des actes concrets à la France * Rencontre Hollande Barzani mardi par Marine Pennetier PARIS, 10 février (Reuters) - Une délégation du principal parti kurde de Syrie, dont la branche armée a repris Kobani à l'Etat islamique fin janvier, a été reçue dimanche par François Hollande, une première pour cette organisation classée terroriste par la Turquie. Lors de cette rencontre, qualifiée d'historique par les Kurdes, la co-présidente du parti de l'Union démocratique (PYD), Asiya Abdellah, et Nassrin Abdalla, commandante de la branche féminine des Unités de protection du peuple (YPG), ont demandé une aide logistique de la France pour contrer les djihadistes. "C'est une rencontre historique et c'est peut-être une première étape vers quelque chose de positif", a dit Asiya Abdellah à Reuters lundi soir, lors d'un passage à Paris. "La rencontre s'est bien passée mais maintenant on attend des gestes concrets, des actes de la part de la France. Pour vaincre Daesh (acronyme de l'EI, NDLR), qui dispose d'armes sophistiquées, nous avons besoin d'armes". "François Hollande a salué la victoire de Kobani, on lui a dit qu'on était prêt à combattre de manière plus forte encore et qu'on souhaitait qu'il y ait un bureau entre la France et les kurdes qui permette de coordonner ces actions." Le PYD, considéré par la Turquie comme une "organisation terroriste" en raison de ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), est sorti renforcé de la bataille de Kobani, ville syrienne kurde à la frontière turque. Sa branche armée, appuyée par les frappes aériennes de la coalition emmenée par les Etats-Unis, a infligé une des plus importantes défaites à l'EI en reprenant le contrôle de la ville le 26 janvier après des combats qui ont fait plus de 1.800 morts dont 1.000 dans les rangs des djihadistes, selon l'observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). PEUR DES FEMMES Lors de sa conférence de presse jeudi dernier, François Hollande a réaffirmé que la France soutenait depuis deux ans "les forces démocratiques en Syrie". "Dans la zone de Kobani, nous avons pris nos responsabilités et aidé les Kurdes de Syrie à pouvoir se défendre et nous continuerons à le faire", a-t-il déclaré. A l'Elysée, on fait état d'une "réunion plutôt de nature d'information privée" et on insiste sur les "très bonnes relations avec les Kurdes" sans donner plus de précisions sur l'aide apportée aux kurdes syriens. Après leur victoire à Kobané, les combattants du YPG s'emploient désormais à sécuriser les zones alentour. "La campagne de libération des environs de Kobani a déjà commencé, cette campagne continue avec succès, et nous avons à ce jour libéré 140 villages", a souligné la co-présidente du PYD à la presse. "Ce qui est stratégique pour nous c'est d'avoir un corridor, notamment entre les deux cantons de Kobani et de Cezire, mais entre les deux il y a les forces de Daesh, c'est pour cela qu'on a besoin d'aide." Face aux combattants djihadistes qui se sont emparés de vastes pans de l'Irak et de la Syrie à l'été 2014, prenant de cours les pays occidentaux, les combattantes kurdes ont toutefois un léger avantage sur l'EI. "Ils ont peur de combattre les femmes, ils préfèrent éviter dans la mesure du possible", a dit Nassrin Abdalla à des journalistes à Paris. "Ils sont persuadés que s'ils tuent une femme, cela signifie qu'ils n'iront pas au paradis." La rencontre entre François Hollande et le PYD intervient après les contacts directs survenus en octobre entre le parti kurde et des responsables américains à Paris, présentés comme sans précédent par Washington ( ID:nL6N0SB5ZY ). Une rencontre entre François Hollande et le président de la région autonome du Kurdistan irakien Massoud Barzani était prévue mardi à Paris. (avec Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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  • M3064430 le mardi 10 fév 2015 à 11:49

    Dans quelle misère va encore nous plonger le bon à rien ?Pour se rendre intéressant,il est prêt à tous (même contre les intérêts du pays.