France-Remise de peine pour Jacqueline Sauvage, désormais libérable

le , mis à jour à 22:19
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    * Une grâce partielle qui respecte l'institution judiciaire 
    * Une libération conditionnelle possible en avril prochain 
 
 (Avec réactions et précisions) 
    PARIS, 31 janvier (Reuters) - François Hollande a décidé 
d'accorder une remise de peine à Jacqueline Sauvage, condamnée à 
dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, et ouvert 
ainsi la voie à sa libération conditionnelle, a annoncé dimanche 
soir l'Elysée. 
    "Le président de la République, en application de l'article 
17 de la Constitution et après avis du ministre de la Justice, a 
décidé d'accorder à Mme Jacqueline Sauvage une remise gracieuse 
de sa peine d'emprisonnement de deux ans et quatre mois, ainsi 
que de l'ensemble de la période de sûreté qu'il lui reste à 
accomplir", a déclaré la présidence dans un communiqué. 
    "Cette grâce lui permet de présenter immédiatement une 
demande de libération conditionnelle", ajoute-t-elle . 
    Ce sera alors à l'autorité judiciaire de statuer. Cette 
démarche devrait prendre encore plusieurs semaines, précise-t-on 
de source proche du chef de l'Etat. 
    Les filles, les avocates de Jacqueline Sauvage et les 
personnalités qui lui ont apporté leur soutien ont exprimé 
dimanche soir leur soulagement. 
    "C'est une décision courageuse", a ainsi déclaré sur BFMTV 
l'une de ses avocates, Nathalie Tomasini. "Bien évidemment, il 
va nous falloir respecter une procédure. C'est en cela aussi que 
François Hollande a respecté l'institution judiciaire." 
    "Nous allons, devant le juge d'application des peines, 
solliciter cette libération conditionnelle, qui devrait 
intervenir concrètement mi-avril 2016", a-t-elle ajouté. 
     
    ÉMOTION  
    Selon le communiqué de l'Elysée, François Hollande "a voulu, 
face à une situation humaine exceptionnelle, rendre possible, 
dans les meilleurs délais, le retour de Mme Sauvage auprès de sa 
famille, dans le respect de l'autorité judiciaire." 
    Le chef de l'Etat, par principe peu favorable à la grâce 
présidentielle, prérogative héritée de l'ancien régime, avait 
reçu vendredi les trois filles de Jacqueline Sauvage, venues 
plaider la cause de leur mère. 
    Le mois dernier, elles lui avaient adressé une lettre 
demandant une grâce pour leur mère, qui a tiré en 2012 trois 
coups de fusil dans le dos de son mari, après avoir vécu un 
enfer avec lui pendant 47 ans. 
    Une pétition en ligne en sa faveur a recueilli plus de 
380.000 signatures et des personnalités des mondes artistique et 
politique, dont plusieurs dizaines de parlementaires, ont 
également plaidé en ce sens. 
    La vague d'émotion n'a cessé de prendre de l'ampleur depuis 
la décision rendue début décembre par la cour d'assises du 
Loir-et-Cher, qui a confirmé en appel la condamnation de 
Jacqueline Sauvage à dix ans de réclusion. 
    Sans la décision de François Hollande, qui n'efface pas sa 
condamnation, elle ne serait sortie de prison qu'en 2020. 
    Depuis son élection en 2012, le chef de l'Etat n'a appliqué 
cette prérogative qu'une fois, en annulant en mars 2013 la 
période de sûreté de trois ans que le plus vieux détenu de 
France, incarcéré après le braquage d'une banque, devait purger. 
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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  • p.remy14 le dimanche 31 jan 2016 à 20:10

    Merci Mr le Président de corriger une justice injuste.