France-Relaxe requise dans le procès du drame de Clichy-sous-bois

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RENNES, 19 mars (Reuters) - La relaxe a été requise jeudi pour les deux policiers jugés à Rennes après la mort accidentelle de deux adolescents dans un transformateur électrique à Clichy-sous-bois en 2005, drame qui avait embrasé les banlieues françaises. "Ils n'avaient pas conscience de la réalité du péril, il ne peut donc leur être reproché de n'avoir pas agi pour y remédier", a déclaré la procureure de la République de Rennes, Delphine Dewailly. Accusés de non-assistance à personne en danger, il est reproché aux deux policiers de n'avoir pas tenté de porter secours ou de n'avoir pas prévenu les services d'assistance après que les deux adolescents s'étaient réfugiés dans un site EDF après une course-poursuite avec les forces de l'ordre. Le 27 octobre 2005, Bouna Traoré, 15 ans, et Zyed Benna, 17 ans, avaient trouvé la mort après s'être réfugiés dans un transformateur électrique. Un troisième jeune, Muhittin Altun, 17 ans, qui les accompagnait, avait été grièvement blessé. Pour la procureure, l'un des prévenus, alors gardien de la paix et aujourd'hui âgé de 41 ans, ne pouvait avoir connaissance de la présence des jeunes à l'intérieur du site EDF, même s'il est l'auteur d'un message radio pouvant laisser penser le contraire. "S'ils entrent sur le site, je ne donne pas cher de leur peau", avait-il dit à ses collègues. "Comme il l'a dit à l'audience, ce n'était qu'une hypothèse", a estimé Delphine Dewailly. "Il a fait tout ce qu'il pouvait utilement faire, croyant qu'ils s'étaient enfuis par un autre endroit." La magistrate a également jugé que l'autre prévenue, alors stagiaire au standard téléphonique du commissariat et aujourd'hui âgée de 38 ans, ne pouvait avoir conscience du danger sur le terrain. L'un des avocats des parties civiles, Jean-Pierre Mignard, a réagi à ce réquisitoire en évoquant un "dialogue de sourds qui dure depuis des années" entre les parties civiles et le parquet. Trois semaines de violences avaient suivi ce drame dans les banlieues, avec un bilan de 300 bâtiments et 10.000 véhicules incendiés, 130 policiers et émeutiers blessés, ce qui avait amené le gouvernement à instaurer l'état d'urgence pour la première fois depuis la guerre d'Algérie. Les prévenus, dont les avocats plaideront vendredi avant la mise en délibéré du jugement, encourent une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende. (Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse)

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