France-Réduire les discriminations accroît le PIB-Rapport

le , mis à jour à 17:18
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 (Corrige "millions" en "milliards" au 9e para) 
    PARIS, 20 septembre (Reuters) - Réduire les différents types 
de discrimination sur le marché du travail permettrait à terme 
d'augmenter sensiblement le produit intérieur brut (PIB) 
français, selon un rapport remis mardi au gouvernement par le 
groupe de réflexion France Stratégie. 
    Il se concentre sur quatre des 21 motifs de discrimination 
sanctionnés par la loi française (sexe, origine géographique des 
parents, lieu de résidence et handicap).  
    Les catégories de population les plus touchées sont, sans 
surprise, d'une part les femmes, d'autre part les hommes 
originaires du continent africain. 
    "Les discriminations freinent, voire bloquent l'insertion 
sur le marché du travail d'une partie de la population en âge de 
travailler", écrivent les auteurs. 
    Selon eux, elles représentent donc un coût pour l'économie 
en général et les entreprises en particulier, du fait de la 
sous-utilisation de "potentiels humains élevés". 
    A contrario, réduire les discriminations sur le marché du 
travail revient à augmenter la population active et à réduire le 
coût du travail, tout en favorisant une "meilleure allocation 
des talents dans l'économie", poursuivent-ils. 
    Ils citent une étude réalisée sur des données américaines 
par des chercheurs selon lesquels la baisse des discriminations 
aux Etats-Unis, en favorisant une meilleure allocation des 
talents, est à l'origine de 20% de la croissance du PIB par 
habitant sur 50 ans (de 1960 à 2008). 
    Pour la France, ils proposent quatre scénarios de réduction 
des discriminations, selon les domaines retenus : accès aux 
postes à niveau de salaire élevé, taux d'emploi, durée 
hebdomadaire du travail et niveau d'éducation. 
    Selon le rapport, la réduction des seuls écarts de taux 
d'emploi et d'accès aux postes élevés selon les catégories de 
population permettrait à terme un gain de PIB de 6,9%, environ 
150 milliards d'euros, sur la base du PIB français de 2015. 
    Réduire en plus les écarts en matière de durée du travail et 
de niveau d'éducation porterait ce gain à 14,1%, soit près de 
310 milliards d'euros, ajoutent ses auteurs. 
    Selon eux, l'effet sur le redressement des finances 
publiques, entre recettes supplémentaires et moindres dépenses, 
pourrait aller de 1,3 point de PIB (28 milliards d'euros) à 5,1 
points (110 milliards) selon le scénario retenu. 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet) 
 
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