France-Recul du mouvement anti-loi Travail dans les transports

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    * 10,5% de grévistes à la SNCF selon la direction 
    * Pas de perturbations à la RATP 
    * Le traitement des déchets touché 
 
    PARIS, 3 juin (Reuters) - La mobilisation contre le projet 
de réforme du Code du travail a marqué le pas vendredi dans les 
transports, notamment à la SNCF où le taux de grévistes 
répondant à l'appel de la CGT et de Sud-Rail est tombé à 10,5%, 
selon la direction.  
    Le mouvement provoque toutefois sur le réseau ferroviaire 
des perturbations du même ordre que les deux jours précédents, 
avec six TGV sur dix en circulation, un tiers des Intercités et 
la moitié des TER. 
    Depuis le début de cette grève reconductible, le taux de 
grévistes a reflué - il s'élevait à 17% mercredi - et le 
syndicat réformiste Unsa, satisfait des "éclaircissements" 
obtenus de la direction, a "suspendu" jeudi son préavis. 
    Ce mouvement intervient en pleine négociation sur une 
nouvelle organisation du travail à la SNCF mais la CGT et 
Sud-Rail en ont aussi fait un élément du rapport de force avec 
le gouvernement contre le projet de loi sur le travail. 
    Il s'agit pour les syndicats hostiles au texte porté par la 
ministre du Travail, Myriam El Khomri, d'entretenir la 
contestation en attendant la prochaine journée de mobilisation 
nationale prévue le 14 juin, en plein Euro de football. 
    A la RATP, où a débuté jeudi une grève censée être illimitée 
à l'appel de la CGT, la direction n'a relevé aucune perturbation 
sur les réseaux de métro, de bus, de tramway ou de RER - lequel 
était en revanche affecté par les inondations sur un tronçon 
exploité par la SNCF. 
    Les contrôleurs aériens ont par ailleurs levé jeudi leur 
préavis pour ce week-end, mais l'intersyndicale des pilotes 
d'Air France a appelé le même jour à la grève du 11 au 14 juin 
pour défendre les rémunérations. 
     
    "IL PEUT Y AVOIR UNE MONTÉE EN PUISSANCE" 
    Dans les raffineries, la situation n'a pas évolué depuis 
jeudi: quatre sites opérés par Total (Normandie, Grandpuits, 
Donges et Feysin) étaient vendredi à l'arrêt et la plateforme de 
La Mède (Bouches-du-Rhône) tournait à 80% de ses capacités. 
    Selon la Fédération nationale des transporteurs routiers 
(FNTR), des "clous de fabrication artisanale" ont été répandus 
sur la route permettant d'accéder au dépôt de carburant de 
Donges (Loire-Atlantique).  
    "Au-delà du coût financier et de la perte de temps liés à la 
réparation, ces actes délibérés sont dangereux et inconscients", 
déplore l'organisation patronale, qui fait état d'une trentaine 
de crevaisons. 
    L'Union patronale des Bouches-du-Rhône a quant à elle 
demandé à l'Etat de mettre fin à un "abus caractérisé du droit 
de grève", qui entraîne le blocage des terminaux pétroliers de 
Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). 
    Le mouvement anti-loi Travail touche aussi le secteur du 
traitement des déchets et des ordures ménagères, en particulier 
en Ile-de-France où trois des quatre principaux centres sont 
bloqués - à Ivry-sur-Seine, Saint-Ouen et Issy-les-Moulineaux. 
    D'après la fédération CGT des services publics, la collecte 
et le traitement des déchets sont paralysés à Saint-Etienne, où 
quatre sites sont bloqués, de même qu'un dépôt de bennes à 
ordures à Toulouse.    
    "On est parti pour continuer la semaine prochaine et faire 
en sorte que ça s'étende", a dit à Reuters Baptiste Talbot, 
secrétaire général de la CGT-services publics. "Jusqu'au 14 
juin, il peut y avoir une montée en puissance, même s'il peut y 
avoir des variations d'intensité." 
    Une nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail 
aura lieu le 14 juin. 
 
 (Guillaume Fouin à nantes, Jean-François Rosnoblet à Marseille, 
avec Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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