France-Recul des émissions corporate attendu en 2015-Moody's

le
0

PARIS, 10 septembre (Reuters) - Les entreprises non financières françaises émettent moins de dette obligataire et hybride dans un environnement de taux d'intérêt plus chahuté et de perspectives de croissance faible qui pèse sur leurs investissements, constate l'agence Moody's dans une note de recherche publiée jeudi. Ce moindre appétit des entreprises pour l'obligataire et des conditions bancaires attractives face à la remontée des rendements obligataires devrait se traduire par un ralentissement du mouvement de désintermédiation. "Les volumes d'émission des entreprises françaises vont régresser en 2015", a prévenu Guillaume Leglise, analyste chez Moody's. Il a rappelé que les montants émis de janvier à juillet ont totalisé 39 milliards d'euros, 40% de moins que sur la période correspondante de 2014. Ils avaient atteint 91 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année dernière, en incluant l'émission de 14,1 milliards de dollars d'Altice/Numericable ATCA.AS pour financer l'acquisition de SFR. "Les entreprises, qui ont réuni d'importantes réserves de liquidités suite à l'année record sur les marchés obligataires en 2014 feront, en effet, preuve d'une plus grande prudence dans leurs investissements face aux faibles perspectives de croissance de l'économie française." Moody's, qui s'attend à une progression de 1,0% du PIB de la France cette année et de 1,2% en 2016, estime que le volume des émissions devrait revenir dans une "honnête moyenne" des années 2010-2011 ou 2012-2013 d'une cinquantaine de milliards d'euros. "Les opérations de fusions-acquisitions sont néanmoins de nature à doper les volumes d'émission dans les 12 à 18 prochains mois", selon l'agence de notation. EFFET M&A Les M&A ont été l'une des principales explications du montant record de 27,6 milliards de dollars émis par des entreprises françaises notées en catégories spéculative l'année dernière au cours de laquelle la France a été le premier marché high yield en Europe. Les émissions de primo-émetteurs en catégorie spéculative devraient toutefois nettement ralentir cette année, les investisseurs se montrant plus sélectifs sur les signatures les moins bien notées. Seules quelques opérations d'émetteurs notés B ont été réalisés depuis le début de cette année et généralement par des émetteurs déjà présents sur le marché, à l'instar des 5,3 milliards de dollars levés en janvier par Altice pour financer l'acquisition de Portugal Telecom. "Nous avons noté seulement quatre primo-émissions cette année - Novartex, Paprec, Verallia, WFS Glogal - contre 11 sur l'ensemble de 2014." Moody's souligne aussi que les émissions de dette hybride continuent à susciter l'engouement des grands groupes français notés en catégorie d'investissement pour financier leurs acquisitions ou éviter les tensions induites par ces opérations sur leur notations, les titres hybrides n'étant que partiellement comptabilisés dans l'endettement. Les émissions de ce type de titres avaient bondi à plus de 10 milliards d'euros en 2013 et progressé de près de 40% en 2014 à près de 14 milliards avec notamment les opérations d'Orange ORAN.PA , EDF EDF.PA et GDF Suez ENGIE.PA . Elles s'établissent à 6,4 milliards sur les sept premiers mois de cette année contre 10,26 milliards sur la période correspondante de 2014. Moody's prévoit une poursuite de la croissance du marché des placements privés dans les douze prochains mois après la forte progression du nombre de primo-émetteurs sur ce compartiment l'année dernière après l'entrée en vigueur de la charte relative aux Euro Private Placements ou EuroPP. Selon les données de Dealogic, les émissions sur le marché des Euro PP ont totalisé 3,9 milliards d'euros en 69 opérations l'année dernière. (Marc Joanny, édité par Jean-Michel Bélot)


Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant