France-Recours anti-LGV de la viticulture au sud de Bordeaux

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    BORDEAUX, 12 juillet (Reuters) - Des viticulteurs bordelais 
des appellations Sauternes, Barsac et Graves et leurs organismes 
professionnels vont saisir le Conseil d'État contre le projet de 
ligne à grande vitesse (LGV) au sud de Bordeaux, a-t-on appris 
mardi de source professionnelle. 
    La Fédération des grands vins de Bordeaux (FGVB), qui 
regroupe 60 appellations et près de 6.000 viticulteurs, 
l'Organisme de défense et de gestion (ODG) de Sauternes et 
Barsac, et celui des Graves, ainsi que des viticulteurs à titre 
personnels engageront ce recours collectivement. 
     Ils contestent la déclaration d'utilité publique (DUP) 
signée par le gouvernement le 2 juin malgré un avis négatif de 
la commission d'enquête. 
     Ils reprochent à ce projet de remettre en cause l'équilibre 
naturel des vignobles de Sauternes et Barsac, déplorent  
l'arrachage d'une vingtaine d'hectares de vignes dans les Graves 
et des dégâts sur une quarantaine d'autres hectares. 
     "La question est de savoir si le travail effectué par les 
viticulteurs (...) est quantité négligeable par rapport à une 
étude scientifique produite pour la SNCF qui ne tient en rien 
compte de nos observations", a dit à Reuters Xavier Planty, 
président de l'ODG Sauternes et Graves et co-propriétaire du 
Château Guiraud, premier grand cru classé en Sauternes. 
    Plus que contester la LGV en tant que telle, Xavier Planty 
déplore l'impact du tracé sur la vallée du Ciron, petit cours 
d'eau qui permet la formation de micro brouillards et participe 
au développement de la "pourriture noble", particularité qui 
permet la production des vins blancs liquoreux. 
    "C'est un équilibre fragile. Or, depuis le début, la SNCF 
fait des enquêtes sans jamais rien nous dire, sans jamais nous 
consulter", ajoute Xavier Planty. 
    En décembre, le Conseil interprofessionnel des vins de 
Bordeaux (CIVB) et la FGVB avaient déjà saisi le chef de mission 
du projet LGV pour demander que soit pris en compte les risques 
pour les vignobles prestigieux au sud de Bordeaux.  
    Déjà, début juin, la Sepanso (fédération des Sociétés pour 
l'étude, la protection et l'aménagement de la nature dans le 
Sud-Ouest) avait saisi le Conseil d'État, évoquant un "saccage 
écologique" et "une rentabilité socio-économique insuffisante". 
     La LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax devrait mettre 
Toulouse à un peu plus de trois heures de Paris contre 5h20 
aujourd'hui. Son coût estimé est de neuf milliards d'euros. 
     Selon les dernières prévisions, la LGV devrait être 
terminée en 2024 pour l'axe de Toulouse et 2027 pour Dax. 
 
 (Claude Canellas, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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