France-Rebsamen croit que le patronat jouera le jeu du pacte

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PARIS, 10 septembre (Reuters) - A quelques heures d'une réunion des 50 principales branches professionnelles, François Rebsamen s'est dit confiant mercredi dans la bonne volonté du patronat, accusé par les syndicats de traîner les pieds dans l'application du pacte de responsabilité. Le ministre du Travail fera le point avec les représentants de ces branches, qui représentent 12 millions de salariés, sur la mise en oeuvre d'un dispositif qui prévoit 41 milliards d'euros de réduction de baisses de charges pour les entreprises en échange d'engagements en termes d'investissement et d'emploi. "Je pense que le patronat va jouer le jeu", a déclaré François Rebsamen à RTL. "En tout cas, s'il y a des branches, des secteurs, qui ne jouent pas le jeu, moi je suis là pour leur dire que ça ne peut pas durer." "Il y a des accords qui sont en préparation", a-t-il ajouté. "Il faut que (les patrons) aillent plus vite mais, moi, je suis persuadé qu'ils en ont pris conscience." Les négociations dans les branches sur les contreparties aux baisses de charges n'ont abouti à l'heure actuelle qu'à un seul accord, dans la chimie, signé par les seules CFDT et CFTC du côté syndical, la CGT dénonçant pour sa part une "supercherie". Dans la métallurgie, patronat et syndicats se sont entendus sur un programme de travail mais tout reste à faire. Sur 50 branches suivies par la CFDT, "quasiment 50% n'ont rien engagé, soit par inertie, soit parce qu'elles sont peu outillées pour le faire, soit par choix délibéré pour des considérations économiques, comme la pharmacie, le pétrole ou l'hospitalisation privée", expliquait début août à Reuters Marylise Léon, membre de la direction nationale de ce syndicat. Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, a demandé dimanche au gouvernement d'être "virulent" et "exigeant" avec le patronat pour que celui-ci s'engage "vite" sur des contreparties aux aides accordées aux entreprises. Il a également demandé que ces aides ne soient inscrites dans les lois de finances pour 2016 et 2017 qu'en fonction de ces engagements, dont un bilan sera dressé au printemps. Le Medef, principale organisation patronale française, assure pour sa part que 47 branches représentant plus de 10 millions de salariés "ont intégré le pacte de responsabilité dans leur programme de travail" avec les syndicats. "Une vingtaine devraient avoir finalisé leurs discussions d'ici fin octobre, le reste avant la fin de l'année", déclarait jeudi dernier le Medef dans un communiqué. Le ministre du Travail a pour sa part de nouveau défendu le pacte, dénoncé par la CGT et Force ouvrière et contesté par la gauche du Parti socialiste au pouvoir. "La priorité des priorités c'est de permettre aux entreprises de reconstituer leur compétitivité", a dit François Rebsamen. "C'est l'emploi de demain." (Emmanuel Jarry)

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  • tropfort le mercredi 10 sept 2014 à 10:23

    Quand ils "croient", en principe, ça craint...