France-Rallonge européenne de 5 millions d'euros pour Calais

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* La frontière franco-britannique est "pleinement contrôlée"-Valls * La Commission européenne estime que l'UE peut gérer le flux CALAIS, 31 août (Reuters) - Manuel Valls s'est rendu lundi à Calais, symbole de la crise migratoire en Europe, en compagnie de deux commissaires européens qui ont annoncé le déblocage de 5 millions d'euros supplémentaires pour améliorer l'accueil des réfugiés sur place. Le Premier ministre français, qui a appelé à une politique migratoire européenne durable en matière d'asile, a affirmé que l'Europe était en train de se mobiliser "pour apporter des solutions de manière méthodique, de manière intelligente". Frans Timmermans, le premier vice-président de la Commission, a affirmé que l'Union avait les moyens d'accueillir "ceux qui ont besoin de protection". "Nous pouvons le faire. Les chiffres restent tout à fait gérables pour un continent de 500 millions d'habitants", a-t-il dit à la presse, estimant que "Calais peut devenir un modèle". Frans Timmermans a précisé que la Commission allait accorder "jusqu'à 5 millions d'euros supplémentaires", pour la création d'un campement sanitaire pour environ 1.500 migrants en plus du centre de jour Jules Ferry déjà construit. Manuel Valls et les commissaires européens ont notamment visité ce centre proche de la "jungle" où vivent des milliers d'hommes et de femmes tentant de rejoindre l'Angleterre. Dans un message aux candidats au passage en Grande-Bretagne, le Premier ministre français a assuré que la frontière franco-britannique était aujourd'hui pleinement contrôlée. "Venir à Calais, c'est se jeter dans une impasse", a-t-il dit. SOMMET EUROPÉEN LE 14 SEPTEMBRE "Toute l'Europe est concernée par cette crise d'une exceptionnelle gravité, elle doit se mobiliser", a dit Manuel Valls, jugeant essentiel de distinguer le droit d'asile de l'immigration clandestine, qui doit être combattue. L'Allemagne et la France pressent l'UE d'agir plus vite et avec plus d'unité pour faire face à l'aggravation de la crise. L'Italie, qui est avec la Grèce et la Hongrie parmi les pays les plus exposés, a dit son intention de faire de la création d'un droit d'asile européen "la bataille des prochains mois". Le Luxembourg, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne, organisera le 14 septembre une réunion d'urgence des ministres de l'Intérieur des Vingt-Huit consacrée aux mesures à prendre pour faire face à l'afflux de migrants. Pour Frans Timmermans, la France et l'Allemagne ont pris la mesure de la gravité de la situation, contrairement à certains pays qui croient encore selon lui en une réponse nationale. Paris et Berlin demandent la mise en oeuvre rapide des décisions prises en juin dernier par les dirigeants européens : centres d'accueil dans les pays d'arrivée pour traiter les demandes d'asile sur place et raccompagnement dans leur pays des candidats dont la demande aura été refusée. La répartition de ceux qui ont été acceptés dans tous les pays européens est également approuvée en principe. Concernant la situation à Calais, la sénatrice-maire de la ville, Natacha Bouchart (Les Républicains), a espéré que la venue de Manuel Valls permettrait "une réaction", et notamment la création "de vrais centres de réfugiés". "Ce n'est pas la France qui accueille, c'est Calais. Il faut arrêter de dire que la France accueille dignement les migrants, elle n'accueille rien du tout", a-t-elle dit aux journalistes. Des responsables de l'opposition et du Front national ont reproché à Manuel Valls de créer un appel d'air après son discours de dimanche devant les militants du PS, dans lequel il a laissé entendre qu'il fallait accueillir tous les migrants qui fuient les persécutions et la guerre. "Quand il dit que la France pourra accueillir tous les migrants qui en font la demande, c'est un appel d'air d'irresponsable", a dit sur RTL le député LR Xavier Bertrand. Marine Le Pen s'est déclarée pour sa part "terrifié" par le "laxisme des gouvernants" et a réclamé le rétablissement d'urgence des frontières nationales. "Je suis extrêmement inquiète car d'après les échos que nous avons, et notamment des pays comme l'Egypte, ce sont près d'un million et demi de personnes qui souhaitent venir dans l'Union européenne", a-t-elle dit sur iTELE. (Pierre Savary, avec Gérard Bon à Paris)

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