France-Procès demandé pour six personnes dans l'affaire Karachi

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    LYON, 5 novembre (Reuters) - Le parquet général de Lyon a 
requis vendredi la confirmation de l'ordonnance de renvoi devant 
le tribunal correctionnel de six personnes, dont l'ancien 
ministre Renaud Donnedieu de Vabres et l'homme d'affaires Ziad 
Takieddine, dans le volet financier de l'affaire Karachi, a-t-on 
appris auprès du ministère public.  
    Cette affaire d'abus de biens sociaux présumés porte sur des 
faits liés à des contrats d'armement et à la campagne 
présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. 
    Le parquet général a demandé que soient jugés Renaud 
Donnedieu de Vabres, conseiller spécial au cabinet du ministre 
de la Défense d'Edouard Balladur, François Léotard, entre 1993 
et 1995, deux proches d'Edouard Balladur, Nicolas Bazire et 
Thierry Gaubert, Dominique Castellan, ancien PDG de la Direction 
des Constructions Navales, Ziad Takieddine et un autre 
intermédiaire en armement.  
    Leurs avocats ont demandé un non-lieu.  
    La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon 
indiquera la date de son délibéré en début de semaine prochaine. 
    Au terme de leur enquête sur le volet financier de 
l'affaire, les juges d'instruction parisiens avaient décidé, en 
juin 2014, de renvoyer ces six personnes en correctionnelle. 
    Mais la Cour de cassation a ordonné, le 10 février 2016, un 
réexamen de cette affaire par la cour d'appel de Lyon, d'où ces 
nouvelles réquisitions.  
    Les juges semblent convaincus qu'une partie des commissions 
perçues par l'intermédiaire en armement Ziad Takieddine à la 
faveur de contrats signés avec l'Arabie saoudite et le Pakistan 
ont servi à financer la campagne d'Edouard Balladur via un 
système de rétrocommissions. 
    L'une des hypothèses envisagées est que la fin du versement 
des commissions est à l'origine de l'attentat de Karachi qui a 
coûté la vie à 15 personnes dont 11 ouvriers français de la 
Direction des Constructions Navales, en 2002.  
    La Cour de justice de la République (CJR), seule habilitée à 
juger des ministres pour des délits commis dans l'exercice de 
leur fonction, enquête de son côté sur le rôle présumé joué par 
l'ancien Premier ministre UMP Edouard Balladur et son ancien 
ministre de la Défense François Léotard. 
 
 (Catherine Lagrange, édité par Chine Labbé) 
 
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